lundi 11 mai 2009

Sur la santé... à propos de la loi Bachelot

Brèves de Mediscoop, par le Dr Marie-Elisabeth Sanselme-Cardenas
La presse médicale au scanner

La loi Bachelot fait parler d’elle plus que Madame la ministre ne s’y attendait. Bien sûr c’est pour la défense d’intérêts très différents que l’union contre cette loi s’est faite jusque dans la rue. Mais si les États Généraux de la Santé en 2008 n’ont mobilisé de manière visible ni les professionnels ni les usagers et bien il était temps que quelque événement parvienne à le faire et c’est le mérite de l’annonce de cette loi.

Il existe dans ce pays depuis une décennie et plus un processus de démolition de l’édifice de Santé que les générations précédentes avaient construit avec force travail à partir de l’observation de l’exclusion des soins pour les plus démunis qui était encore de mise à leur époque. Personne ne veut en prendre conscience car les intérêts des différentes parties, divergent. Même les malades ont peur qu’en s’insurgeant contre les injustices sociales en matière d’accès aux soins et de remboursement, ils ne fassent qu’aggraver leurs difficultés, heureusement que les associations qui les représentent font ce qu’elles peuvent.

Lorsqu’on a imposé la déclaration d’un médecin traitant ce qui en soi n’est pas un problème, sinon que c’est un fichage de plus, peu se sont posé la question de savoir si le libre choix du médecin, fondement de la relation de confiance, serait garanti ou si peu à peu cela glisserait comme dans d’autres pays vers un médecin imposé : celui de la rue où on habite, du quartier, du village. La préoccupation allait vers l’euro qui serait prélevé à chaque acte plutôt qu’à la vision d’ensemble et à long terme du projet.

Actuellement, la loi sur les hôpitaux cristallise enfin la crainte de voir le système de Santé se désagréger. Elle fait réfléchir et remettre en question les projets du gouvernement dans ce domaine.

Cette loi interroge sur le problème des déserts médicaux qui n’est pas réglé par le texte car le manque de médecins est réel « en moyenne », pas seulement géographiquement et comme le disent les brèves qui suivent, pour de nombreuses années encore, attendu que les études médicales durent de 10 à 15 ans. Le numerus clausus institué il y a 30 ans mais qui a été resserré dans les années 80 et 90 avant d’être légèrement assoupli dans les années 2000 en est la principale cause. Ceci alors qu’en l’instituant on connaissait déjà la pénurie que cela provoquerait et les années où elle commencerait à se faire sentir ainsi que les spécialités qui seraient les plus touchées. Mais l’administration osait dire « moins il y aura d’offre moins il y aura de demande » !! Certains médecins qui n’avaient pas idée de ce que cela donnerait se disaient qu’il valait mieux ne pas partager le gâteau en de trop nombreux morceaux ! Les patients quant à eux se plaignaient que les cotisations étaient lourdes et « qu’il y en a » toujours qui abusent ! Le résultat est là.

Cette loi suit la fermeture systématique et implacable depuis plusieurs années des petits hôpitaux et petites maternités sous prétexte de plateaux techniques insuffisants sauf qu’ils ne sont remplacés par rien ou par des maisons d’accouchement et des maisons médicales en projet et que dans certaines régions qui sont coupées des grands accès par la neige plusieurs mois par an, ces hôpitaux et ces maternités remplissaient fort bien leur rôle. Quand on interroge les pompiers un peu systématiquement de nos jours, il y en a bien peu qui n’ont eu à faire au moins un accouchement dans leur camion !

La logique du gouvernement est difficile à suivre qui veut supprimer les déserts médicaux mais qui ferme école, crèche, gare, bureau de poste, maternité, hôpital et qui exige par contre que les jeunes médecins aillent s’installer dans ces déserts qu’il a créés. Ces jeunes médecins ont plus que les autres besoin d’être à une relative proximité des seniors et d’une possibilité de prise en charge des patients, dans des lieux où leur conjoint et leurs enfants puissent sans parler de s’épanouir, du moins travailler et être scolarisés, ce d’autant que cette génération n’a plus l’intention de se sacrifier complètement comme la génération précédente ou de sacrifier la vie de sa famille et exige des conditions de travail normales.

Ainsi les médecins des hôpitaux s’opposent à la loi tout comme les médecins libéraux. Mais, les premiers sentent que la loi installe à l’hôpital un sur-pouvoir, celui de l’administration et de la maîtrise comptable. Les seconds pensent que la loi va entraîner des contraintes d’installation voire des contraintes de garde pour les plus âgés tout cela pour faire face à une situation créée de toute pièce par le numerus clausus jamais remis en cause peut-être pas même par eux !

Il paraît très grave que les décisions d’investissements et d’orientations d’un service puisse être prises en dernier recours par un administratif gestionnaire car c’est considérer l’hôpital comme n’importe quelle entreprise et oublier que c’est UN SERVICE PUBLIC de première importance que la République met à la disposition des citoyens et que la santé n’est pas une marchandise comme les autres. Il est vrai que la fonction de l’hôpital comme service public ne le met pas en valeur à l’heure où les fonctionnaires sont présentés comme des prédateurs plutôt que comme des piliers du système politique. Que restera-t-il de la République quand on aura fait passer du public au privé l’enseignement, la santé et la justice ? Par ailleurs ce sont des domaines politiques qui doivent être traités à l’échelle nationale et non régionale au risque d’une inéquité de traitement des français.

Les décisions médicales y compris pour l’achat du matériel doivent être prises par des médecins, ils savent par exemple avec quel appareil d’échographie ils se sentiront le plus à l’aise et le plus performants pour faire leur travail ; aux gestionnaires de commander les appareils au meilleur prix en entreprenant les négociations nécessaires. Certaines orientations d’un service ne peuvent être prises que par des médecins qui savent ce que cela implique pour les patients atteints de maladies graves, et qui se laisseront conduire par leur humanisme plutôt que par l’efficacité de la comptabilité. Certains choix cruciaux seront à faire dans les années à venir, pourvu que ce soient les médecins et non les gestionnaires qui les fassent ! Déjà le passage des services, de taille humaine, aux pôles beaucoup plus grands, est une perte de repères. S’il faut à un certain niveau raisonner avec une vue d’ensemble et sur du long terme, il faut en convenir, au quotidien la taille du service où chacun se connaît ne doit pas être dépassée.

Il faut repenser la médecine dans ce qu’elle est : curative, préventive, prédictive et chacune nécessite déjà des conditions spécifiques, repenser les spécialités et le lien qu’elles ont entre elles avec le travail inter et pluri disciplinaire de plus en plus indispensable. Le point qui a sans doute été amélioré ces dernières années est la remise du médecin généraliste au centre du système comme celui qui accompagne le patient dans son parcours de vie et l’aide à s’orienter dans les spécialités et les démarches médicales. En somme, le médecin de famille qui serait de retour. Encore faut-il que celui-ci joue le jeu et ne se croit pas capable de tenir tous les rôles à la fois : convenons que la plupart du temps le médecin traitant connaît ses limites et confie son patient à qui de droit quand c’est utile. Le problème reste de la tâche administrative trop lourde qui lui incombe et qui dépasse le cadre d’un suivi médical pour être un lieu où on répertorie voire où on fiche le malade au risque de rendre impossible cette relation unique et intime entre le médecin et le patient par la nécessité d’un interrogatoire qui n’est plus réellement médical et la tenue d’un dossier lui aussi plus administratif et social que médical. Tout cela n’entraîne pas la reconnaissance à laquelle le médecin comme tout un chacun aspire.

À l’heure où les médecins s’entourent de comités d’éthique parce que les problèmes que pose la médecine moderne s’étendent à des questions humaines essentielles et qu’ils veulent être le mieux éclairés possible, l’administration, elle, s’entoure de gestionnaires comptables pour faire de l’hôpital une entreprise, qui plus est, rentable ! L’intérêt du malade est placé loin derrière l’intérêt du compte de l’hôpital.

La logique privée de la loi Bachelot fragilise le service public déjà mis à mal depuis des années. L’hôpital se doit d’accueillir tous les malades y compris et surtout ceux dont la maladie grave coûte cher. La loi ne doit pas mettre l’hôpital en situation de risquer de choisir les malades qui ne le mettront pas dans le rouge ! Bien sûr la mutualisation des risques, pour que les institutions politiques et sociales compensent les injustices de la nature et les injustices sociales, exige que la gestion du système de santé soit faite dans la plus grande rigueur et compétence. La gestion est une profession qui a toute sa valeur et sa place mais dans le sujet que nous traitons elle doit être au service de la République et de ses malades pas des actionnaires. Les médecins doivent être conseillés et guidés par les gestionnaires, pas dirigés par eux. Les nominations doivent être laissées aux médecins et décidées sur la base de compétences médicales. L’argent et en particulier celui qui vient des impôts doit être utilisé de la manière la plus honnête et efficace, ça c’est le côté noble de la gestion, faire au mieux dans la juste mesure et l’efficacité. Cela rappelle aussi la notion de frugalité que chaque citoyen attaché à la République doit avoir à l’esprit pour que tous puissent bénéficier de ce dont ils ont besoin. Mais le budget de la santé ne pourra logiquement qu’augmenter attendu que la population vieillit, la médecine fait des progrès, l’espérance de vie s’allonge et que chacun accorde à la santé la plus grande importance.

La libéralisation des soins risque de mettre en danger la santé des français les plus modestes et ce sont des moyens supplémentaires pour l’hôpital dans ses fonctions spécifiques qu’il faut envisager. Cette gestion comptable semble de plus aller dans le sens d’accroître la différence des dotations entre les très grandes structures déjà favorisées et les petites qui ont du mal à parvenir à l’équilibre voire n’y parviennent pas. De même les spécialités chirurgicales ne sont pas assez valorisées et les étudiants en médecine risquent de les écarter de leur choix. Le service des urgences est saturé dans beaucoup d’hôpitaux et on a vu dans l’actualité que des accidents arrivent de plus en plus fréquemment par la surcharge de travail du personnel qui ne peut plus faire face. La médecine du travail est sinistrée et ne peut plus répondre à la demande croissante qui tient en partie aux conditions de stress des employés depuis quelques années.

Une médecine à deux vitesses commença de s’installer déjà quand on créa les secteurs 1 et 2 et les dépassements d’honoraires, catégories qu’il faudrait voir disparaître en revalorisant les actes médicaux en fonction de leur difficulté, de leur pénibilité, et de leurs risques et en tenant compte de l’amortissement du matériel performant qu’ils exigent, comme nous avons déjà eu l’occasion de le dire sur ce site. Une médecine à plusieurs vitesses telle qu’elle est insensiblement en train de s’installer en France est un échec de la fonction de la République qui sans égalitarisme borné doit cependant permettre à chacun de vivre dans des conditions correctes parmi lesquelles la santé a sans doute la première place. C’est un échec aussi quand certaines régions sont exclues des soins et que les campagnes et les zones urbaines sensibles sont abandonnées. Il y a de nos jours des oubliés du système de soins en France.

La permanence des soins est un point d’éthique mais il ne peut être exigé que si le nombre de gardes reste raisonnable et que le repos compensateur indispensable à chaque être humain est envisagé or le manque de médecins dans certaines spécialités devient criant.

Les prétendues réformes ne produiront d’éventuels effets que dans un temps trop lointain. De plus, les jeunes générations ne doivent pas payer seules la facture d’une inconscience dans les prévisions des besoins médicaux ou pire dans le refus de les considérer. L’aide intergénérationnelle est une autre approche humaniste de la médecine et du lien social. Les médecins installés doivent participer à l’organisation actuelle de la pénurie mais sur la base du volontariat et de la possibilité de chacun car l’âge moyen des médecins est élevé et les problèmes de santé ne les épargnent pas au plan personnel. Il n’est pas choquant que l’installation dans des régions surdotées soit soumise à une réflexion approfondie pour éviter la régulation imposée et que les praticiens de ces régions prêtent renfort sur la base du volontariat à des zones sans médecins mais cela doit être très ponctuel et à court terme. Il est honteux que certains médecins deviennent de véritables mercenaires devant la nécessité pour des petits hôpitaux de faire appel à eux pour la permanence des soins mais cela ne justifie pas la coercition pour l’ensemble des médecins et ne permet pas le travail dans de bonnes conditions. Les malades, quel que soit le lieu où ils habitent, méritent des médecins qui ont le désir de les aider et qui ont été formés à ce type de médecine. On peut, par contre, exiger que dès à présent le nombre des étudiants en médecine qui passent en deuxième année soit très augmenté sinon c’est vouloir que le problème s’éternise. Il est dommage qu’on ne pense à aider les étudiants par des bourses que lorsqu’on a quelque chose à exiger d’eux en échange mais ce peut être une façon de favoriser des installations dans des zones désertiques ou dans des zones difficiles socialement. Encore faut-il permettre aux médecins qui s’y installent, comme nous le disions, de vivre et d’exercer normalement car les agressions contre les généralistes, principalement, ne cessent de croître. Les maisons de santé peuvent être une solution complémentaire à toutes les autres mesures organisationnelles mais les subventions pour les réaliser doivent être attribuées de toute urgence.

Il est aussi choquant que des établissements prestigieux qui s’occupent d’oncologie trient certains de leurs patients étrangers sur le critère de leur possibilité d’améliorer leur situation financière ! « Ici on accueille les « cancéreux » étrangers qui peuvent payer le prix fort » !

Le conventionnement des médecins selon la qualité des soins est inadmissible car c’est supposer des personnes autres que leurs pairs capables de juger leurs compétences et leur travail. Une profession libérale reçoit son jugement du bouche à oreille qui fait la réputation du praticien et que celui-ci assume. Il engage sa responsabilité dans son exercice. Le conventionnement refusé par l’administration ne peut venir que d’actes qui contreviennent à la convention signée.

Enfin l'Hôpital et le libéral doivent travailler dans la concertation, le libéral faisant appel à l'hôpital quand un cas rare ou plus sérieux interroge le praticien, le plateau technique et le plateau de recherche étant ainsi mis à la disposition de chacun quand il en a besoin. Pour nous l'Hôpital doit rester le « haut lieu » des soins et de l'enseignement de la médecine et des professions paramédicales qu'il est devenu ces dernières décennies après les siècles de déconsidération qu'il a connus quand il était "l'hôpital de la soupe populaire" bien que ce rôle ait eu lieu d'être en son temps.

Ces réflexions sont un point de départ à une réflexion générale nécessaire de tous les français car tous sont consommateurs de médecine. La génération actuelle est de plus responsable de ce que seront l’hôpital, la médecine et la santé pour les générations suivantes vu le temps nécessaire à la mise en application des décisions et à l’apparition de leurs effets. Cela mérite que chacun se sente concerné.

BRÈVES sur l’HÔPITAL et la SANTÉ

« Les professionnels de la santé battent le rappel »
L’Humanité, Le Figaro économie, Le Parisien

L’Humanité rappelle qu’« aujourd’hui ont lieu, dans toute la France, des rassemblements contre la politique hospitalière du gouvernement, à l’appel de 9 syndicats de salariés des hôpitaux, mais aussi de comités d’usagers ».
Le journal observe que ceux-ci « accusent [le projet de loi Bachelot] de «fragiliser le service public de santé au profit d’une logique privée» ».
Le Figaro économie aborde également, en bref, ces « grèves et manifestations dans les hôpitaux ».
Le quotidien relève que ces professionnels « réclament aussi davantage de moyens ».
Le journal note que « selon la directrice de l’hospitalisation au ministère de la Santé, «en 2007, 55% des établissements étaient en excédent et 45% en déficit. Surtout, 7% des établissements concentraient 80% des déficits» ».
Le Figaro économie souligne que « d’après Annie Podeur, «une part» des difficultés s’explique par «l’inadaptation des tarifs» versés aux hôpitaux pour chaque cas. Ce défaut devrait être en partie corrigé en 2009 ».
« Mais il y a aussi «une raison profonde : le problème d’organisation interne à l’établissement et d’organisation territoriale» », poursuit le journal.

« La liberté d’installation des médecins mobilise les députés »
Le Figaro économie, La Croix, Le Monde, L’Humanité, Les Echos

Le Figaro économie indique qu’« un des amendements les plus cruciaux à la loi Bachelot a été voté, mardi soir, […] sur les déserts médicaux ».
Le journal explique que le texte « prévoit que les médecins des zones surdenses aillent régulièrement en renfort de leurs confrères des zones manquant de praticiens. Les récalcitrants seront passibles d'une «amende» égale au plafond mensuel de la Sécu (2 859 €) ».
Le quotidien précise que « la mesure entrera en vigueur si les dispositifs incitatifs prévus par la loi restent inefficaces 3 ans après leur mise en place ».
Le Figaro économie observe que les députés « partisans de mesures plus sévères, pour mieux répartir les médecins, ont retiré leurs amendements ».
Le journal ajoute que Roselyne Bachelot « a dit qu'elle n'accepterait que des mesures «intergénérationnelles» - concernant aussi les médecins installés -, estimant que des dispositifs frappant seulement les futurs médecins seraient à la fois injustes et inefficaces ».
Le Figaro économie relève qu’« au nom du PS, le député Christian Paul a regretté la création d'«intermittents de la médecine, alors qu'il faut des médecins à temps plein» dans les campagnes, et le délai de plusieurs années avant la mise en œuvre du dispositif ».
La Croix constate également que « la liberté d’installation des médecins mobilise les députés ».
Le quotidien remarque notamment que « le projet de loi prévoit l’instauration d’un numerus clausus régionalisé ».
La Croix explique que « l’idée est d’adapter la formation des médecins aux besoins locaux, en créant des postes d’internes en médecine générale ou en psychiatrie à Rouen ou à Amiens, qui en manquent, plutôt que des postes de radiologues ou de dermatologues à Nice et à Paris, villes déjà bien pourvues dans ce domaine ».
Le journal note ainsi que « la ministre de la Santé fait le pari qu’une fois formés, les jeunes médecins n’iront pas exercer ailleurs ».
Le Monde se penche aussi sur ces débats, observant que « le gouvernement veut éviter d’ouvrir un nouveau front avec les professions libérales ».
Les Echos indique de son côté que « les députés ont adopté une mesure qui prévoit des subventions pour les maisons de santé », à hauteur « d'au moins 20 millions d'euros », selon Roselyne Bachelot.
La ministre a déclaré que
« d'ici à une dizaine d'années, 30 % des professionnels de santé devraient être regroupés dans ce type de structures ».
Le journal relève cependant que « le député Jean-Marie Le Guen a souligné que la somme de 20 millions d'euros ne représentait pas plus d'un millième des dépenses de médecine ambulatoire ».

« Déserts médicaux : MG France propose des mesures immédiates »
Les Echos, La Tribune, Le Figaro économie

Les Echos note en effet que le syndicat « a fait des propositions hier pour répondre au problème de la pénurie de praticiens dans les campagnes et les banlieues défavorisées ».
Le journal indique que MG France « propose d'identifier avec les élus de chaque département les zones manquant de médecins afin d'y mettre rapidement sur pied des consultations assurées par des médecins ne résidant pas sur place ».
Le quotidien précise qu’« en attendant notamment la mise en place des Agences régionales de santé, […] MG suggère de prendre des mesures «dans les 2 mois» ».
Les Echos relève que le syndicat propose également « la mise en place de «consultations avancées dans les zones identifiées dans des locaux, avec du personnel et du matériel mis à disposition, rémunérées par des vacations forfaitaires» ».
La Tribune se penche aussi sur la « mobilisation pour éviter les déserts médicaux ».
Le journal revient sur le projet de loi Bachelot, qui « envisage des mesures contraignantes », observant entre autres que « si au terme d’une période de 3 à 5 ans aucun progrès n’était constaté, […] toute nouvelle installation d’un médecin dans une zone surdotée serait soumise à l’autorisation du directeur de l’ARS ».
Le quotidien note que « MG France a réaffirmé que les mesures coercitives étaient «inopérantes» ».
Le Figaro économie relaie pour sa part les propos de Roselyne Bachelot, qui a notamment déclaré hier, lors du « Talk Orange-Le Figaro » : « Nous gérons des fonds qui sortent des poches des Français, il faut donc que chaque sou dépensé soit justifié. Et comme mieux gérer sert aussi à mieux soigner, cette loi […] va faire avancer les choses

« Etat stationnaire sur les déserts médicaux »
Libération, Le Figaro économie, Les Echos

Libération aborde à son tour l’examen du projet de loi Bachelot à l’Assemblée nationale.
Le journal retient que
« finalement, Roselyne Bachelot a choisi… le statu quo. Pour tenter de répondre aux défis que posent les déserts médicaux, on ne touchera pas à la sacro-sainte liberté d’installation des médecins ».
« D’éventuelles mesures contraignantes ? Dans 3 ans, peut-être », remarque le quotidien.
Libération cite ainsi la ministre de la Santé, qui a déclaré hier
« devant des députés bien sceptiques » être « opposée à toutes mesures coercitives non structurantes ».
Roselyne Bachelot d’ajouter : « Il est inexact de dire que l’on ne fait rien. Nous partageons tous le même diagnostic. Mais on ne peut construire une politique sans l’accord des premiers concernés ».
Libération explique notamment que le numerus clausus « va être régionalisé, «pour permettre de mieux doter les régions en manque» ».
Le journal aborde en outre le « guichet unique : tout étudiant en médecine pourra s’adresser à un seul interlocuteur pour connaître les différentes mesures incitatives mises en place dans sa région ».
Le quotidien remarque que les bourses d’études « pourront aller jusqu’à 1 200 euros par mois pendant toutes les études, à charge ensuite pour le titulaire d’exercer dans des zones sous-dotées ».
Le Figaro économie retient également que « les bourses d’études [seront] généralisées pour les futurs médecins ruraux ».
Le journal note qu’« il s’agit de généraliser et d’amplifier un dispositif déjà mis en place par plusieurs conseils généraux ou régionaux ruraux ».
Les Echos relève à son tour que « les médecins qui refusent de prêter main-forte à leurs collègues dans les zones de pénurie devront payer une taxe de 2.800 euros par an, mais pas avant 2012 ».
« Les syndicats de médecins sont furieux », relève le journal.
Le quotidien livre notamment la réaction de Vincent Rébeillé-Borgella, vice-président de MG France, qui déclare :
« C'est une mesure qui donne bonne conscience aux députés, mais qui pénalise les médecins déjà installés et ne résoudra pas le problème de la démographie médicale ».

« Déserts médicaux : des prévisions alarmantes »
Les Echos, Le Figaro

Les Echos consacre un article aux « prévisions alarmantes, dévoilées par la Drees, [qui] vont nourrir le débat sur les déserts médicaux à l'Assemblée nationale ».
Le journal relève en effet que selon cette étude, « le nombre de médecins en exercice va chuter de manière continue jusqu'en 2019. On en compterait, dans 10 ans, 188.000, soit 10 % de moins qu'en 2006 ».
Le quotidien ajoute que cette baisse est « «inéluctable», car elle est le résultat de la baisse du numerus clausus, dans les années 1980 et 1990. La remontée du numerus clausus depuis le début des années 2000 «ne portera ses fruits qu'à l'horizon de 10 ou 15 ans», étant donné la longueur des études ».
Les Echos observe que « le nombre de praticiens n'augmenterait donc qu'à partir de 2020. En 2030, on retrouverait à peu de chose près le niveau actuel ».
Le journal remarque cependant que « comme, dans le même temps, la population française aura grossi de 10 %, la densité médicale reculerait nettement, passant de 327 professionnels pour 100.000 habitants actuellement à 292 en 2030 ».
Le quotidien souligne qu’« il y a plus inquiétant : l'aggravation des déserts médicaux dans les campagnes et les banlieues défavorisées ».
Les Echos cite cette étude, qui indique qu’« à l'horizon 2030, le nombre de médecins exerçant en zone rurale diminuerait de 25,1 % ».
Le journal précise que cette diminution « s'observerait même dans la plupart des villes, celles qui n'ont pas de centre hospitalier universitaire (- 6,2 %). Seuls les grands centres urbains avec CHU verraient le nombre de médecins progresser (+ 5,5 %) au cours des 20 prochaines années ».
Le Figaro remarque également que selon cette enquête, « la France comptera 206.000 médecins dans 20 ans, soit 2 000 de moins qu’au début de 2007 ».
Le quotidien rappelle que leur nombre s’élevait à 140.000 au « début des années 1980 ».
Le journal précise que d’ici à 20 ans, « le nombre de médecins du travail chutera de 62 %, celui des ophtalmologues de 35 %, des rhumatologues de 30 %, des gastro-entérologues de 13% ».
« A l’inverse, neurologues (+ 40 %), chirurgiens (+ 40 %), pédiatres (+ 20 %) et gynécologues (+ 13 %) seront les grands gagnants de la nouvelle donne médicale », poursuit Le Figaro.

L’hôpital, un « thème sensible » en politique
Le Figaro

Le Figaro constate en effet sous sa rubrique « politique » que « la réforme du système hospitalier promet d’être le gros dossier de la majorité à la reprise des travaux parlementaires, le 2 mars », vacances parlementaires obligent.
Le journal observe que le projet de loi hôpital, patients, santé et territoires
« réveille chez nombre de députés le médecin qui est en eux », puis note que viennent se joindre aux débats « élus de régions viticoles et défenseurs de l’industrie agroalimentaire ».
« Résultat, quelque 2 000 amendements ont été déposés », remarque le quotidien.
Le Figaro revient sur différentes «
passes d’armes », et note que le « plus fort de la bataille est attendu avec l’examen des articles et amendements concernant la prévention ».
Le quotidien revient par ailleurs sur les propos de Roselyne Bachelot, hier lors du « Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI ».
La ministre de la Santé a ainsi déclaré que « l'hôpital n'est pas une entreprise, c'est un service public de santé, c'est la vision que je veux défendre ».
Le Figaro relève que « face aux inquiétudes des médecins, la ministre a martelé que son texte «donne un véritable pouvoir au médecin» et ajouté que le directoire des hôpitaux prévu dans ce projet «est à dominante médicale» ».
« Plus largement, elle a écarté toute fermeture d'hôpital : «Il n'y a pas de carte hospitalière, nous ne fermons aucun hôpital» », poursuit le journal.
Le quotidien ajoute que
« concernant les déserts médicaux, elle a réaffirmé sa préférence pour la liberté d'installation des médecins ».

« Les Français restent très attachés à l’hôpital public »
Le Parisien

C’est ce que constate Le Parisien sur une double page.
Le journal indique que selon un sondage TNS Sofres, les Français
« montrent qu’ils sont très attachés à ce qu’ils considèrent comme un patrimoine : 86 % d’entre eux jugent que les CHU et autres établissements de l’Assistance publique remplissent bien leurs missions et 93 % estiment que le personnel y est compétent ».
« Quant à leur hôpital de proximité, presque sacré, il n’est pas question d’y toucher », ajoute le quotidien.
Le Parisien relève en effet que
« 76 % sont défavorables » à la « fermeture de petits hôpitaux au profit de grands centres plus éloignés mais mieux équipés », « une des grandes mesures » du projet de loi Hôpital, patients, santé et territoires.
Le journal précise que
« très lucides, les Français disent toutefois bien connaître le manque criant de moyens humains et financiers (89 %). Et leurs craintes sont nombreuses : 69 % des sondés pensent que demander aux hôpitaux d’être rentables financièrement risque de nuire à la qualité des soins… ».
Le quotidien résume ainsi sur sa Une : « L’hôpital dont rêvent les Français » aurait « davantage de moyens financiers et humains », avec « des établissements et des soins plus près de chez eux ».
Le Parisien en profite pour décrire la « folle journée » d’une infirmière à l’hôpital Bichat à Paris, puis livre les propos du Pr André Grimaldi, « grand patron à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, chef du service de diabétologie, [qui] demande, au nom de la sauvegarde de l’hôpital public, le retrait de la partie hôpital du projet de loi Bachelot qu’il n’hésite pas à qualifier de «très mauvaise» ».
Le praticien déclare ainsi que l’hôpital public « reste toujours en pointe du progrès, mais en même temps, on y vit dans une tension permanente avec le sentiment que cela va s’aggraver. […] On est toujours au bord de la catastrophe ».
Le Pr Grimaldi craint qu’on « veuille faire de l’hôpital public quelque chose de rentable à tout prix ».

« L’hôpital échauffé par la loi Bachelot »
La Tribune, L’Humanité

La Tribune observe que « le mécontentement grandit à l’hôpital. Tous les syndicats ont déposé un préavis de grève [aujourd’hui] dans la fonction publique hospitalière, mais également dans le privé ».
Le quotidien cite ainsi Nadine Prigent, secrétaire générale de la Fédération CGT Santé et Action sociale, qui déclare que « la forte dégradation des conditions de travail des personnels hospitaliers, liée à la renégociation des protocoles sur le temps de travail, ou à l’appel à des départs volontaires à la retraite, se cumule avec le projet de loi Bachelot qui n’apporte pas de solutions à la situation actuelle. On nous propose toujours la même logique d’économies ».
L’Humanité retient de son côté que « les députés de droite ont adopté, hier, le projet de loi sur la santé, en dépit de l’opposition quasi unanime des professionnels et des usagers et de réticences dans la majorité ».
Le journal aborde en outre des mouvements de grève dans plusieurs établissements, notamment au CHU de Caen, où « faute de trouver des infirmières en nombre suffisant, la direction a imposé un tirage au sort. A gagner : un mois de service de nuit ! Et une révolte assurée des personnels ».

« Loi Bachelot : des amendements pour un meilleur accès à l'IVG »
Le Figaro

Le Figaro revient sur l’examen du projet de loi Hôpital, patients, santé, territoires à l’Assemblée nationale, notant que la députée Bérengère Poletti « vient de déposer un ensemble d'amendements » pour assurer « une meilleure information sur la contraception et une meilleure formation des médecins ».
Le quotidien remarque ainsi que selon la députée, « l'accès à l'IVG serait menacé. […] Les restructurations hospitalières, qui se traduisent par la fermeture de cliniques qui effectuaient des avortements, l'effectif décroissant des gynécologues qui réalisent l'avortement et le désengagement des établissements de santé privés au sujet de cette pratique expliqueraient le phénomène ».
Le Figaro ajoute qu’« il y aurait dans certaines régions de tels «embouteillages» que le délai légal d'intervention de 12 semaines serait souvent dépassé, laissant un nombre non négligeable de femmes dans une situation délicate ».
Le journal constate que « malgré la consommation de contraception la plus importante d'Europe, la France compte plus de 200 000 avortements par an, soit le double de l'Allemagne. Et il augmente ces dernières années chez les adolescentes ».
Le quotidien indique que « pour le Dr Marc-Alain Rozan, président du Syndicat des gynécologues obstétriciens de France, c'est le manque d'information qui est la principale cause de cet échec ».
Le Figaro explique que « prévoyant notamment que le deuxième cycle des études médicales comprenne un enseignement portant spécifiquement sur la contraception et l'interruption volontaire de grossesse, mais aussi que les moyens d'accès à l'IVG soient fixés «de façon obligatoire et coordonnée par le schéma régional d'organisation des soins», les amendements seront étudiés en séance publique la semaine prochaine ».
Le journal relève sur la même page que « les gynécologues-obstétriciens constatent une augmentation du nombre d’avortements de «confort» ».
Le quotidien cite le Dr Grégoire Moutel, responsable du laboratoire d’éthique médicale de l’université Paris-Descartes, qui note que « beaucoup de professionnels qui ne sont pas du tout des militants pro vie changent aujourd’hui de regard après avoir trop vu de glissements ».
Le Figaro souligne notamment « le nombre de «récidives» : alors qu’une femme sur dix avait subi 2 ou 3 avortements il y a 10 ans, elles sont aujourd’hui deux sur dix », selon une étude du praticien.

« Les parlementaires donnent naissance aux agences régionales de santé »
Les Echos

Les Echos note que « les députés devaient entériner hier soir la création des agences régionales de santé que le gouvernement présente comme la «clef de voûte» de la loi Bachelot réformant le système de soins ».
« Pourtant, de nombreux acteurs restent sceptiques », remarque le journal.
Le quotidien rappelle que
« les ARS réuniront «les forces de l'Etat et de l'assurance-maladie» au niveau de la région, afin de «mieux adapter les politiques de santé aux besoins et aux spécificités de chaque territoire». […] L'objectif est de mettre fin aux «cloisonnements sectoriels» entre les soins dispensés en ville, les hôpitaux et les maisons de retraite ».
Les Echos cite cependant Philippe Duprat, président de la société de conseil en management Metis Partners, qui déclare que « les ARS sont une vraie bonne idée, mais leur mise en place sera un véritable défi. Il faudra rapprocher la culture de l'Etat et celle de l'assurance-maladie dans des champs d'application qui n'ont jamais été juxtaposés jusqu'à présent ».
Le journal souligne de plus que « les médecins-conseils de l'assurance-maladie sont très sceptiques ».
Jean-François Gomez, secrétaire national du Syndicat général des praticiens-conseils, observe : « On nous parle de la fin du bicéphalisme, mais, en réalité, nous fonctionnerons avec deux donneurs d'ordre, l'ARS et la direction de l'assurance-maladie, au lieu d'un aujourd'hui ».
Le responsable estime en outre que la régionalisation de la gestion des dépenses « est un non-sens économique et une source d'inéquité de traitement des assurés, des établissements et des professionnels ».

« Pourquoi la loi Bachelot fâche »
Le Parisien, L’Humanité

C’est ce que titre Le Parisien, qui rappelle que cette semaine à l’Assemblée nationale, « les députés s’attaquent aux chapitres les plus polémiques de la loi Hôpital, patients santé et territoires ».
Le journal prédit des « séances houleuses » et des « polémiques autour de l’accès aux soins et de la lutte contre l’alcoolisme ».
Le Parisien remarque notamment que « certains députés […] ne sont pas satisfaits par la façon dont la future loi propose d’assurer la «permanence des soins» ».
Le quotidien rappelle que « celle-ci propose la prise en charge du problème par des autorités administratives régionales, des amendes de 7 500 € à l’encontre des médecins qui refusent d’assurer des tours de garde […] ».
« Il reste que de multiples amendements ont été déposés pour durcir le ton. […] Un «casus belli» pour les généralistes », note le journal, qui estime que des « passes d’armes [sont] à prévoir entre élus locaux et députés médecins libéraux ».
Le Parisien publie un entretien avec Jean-Marie Rolland, rapporteur de la loi.
Ce médecin généraliste de formation déclare que
« dans les pays européens où elles ont été appliquées, les mesures coercitives ne fonctionnent pas bien ».
Jean-Marie Rolland indique que « pour améliorer la répartition des généralistes, nous allons favoriser la médecine générale au sein de la formation. Les étudiants qui s’engageront à rester sur un territoire pourront recevoir une bourse de 5 ou 10 ans. Nous voulons aussi améliorer les conditions d’exercice de la médecine générale, notamment en favorisant les évolutions de carrière ».
Un autre médecin député, Jean-Marie Le Guen, estime quant à lui que « cette loi va faire des dégâts en donnant tous les pouvoirs aux directeurs d’hôpitaux, avec un objectif : la maîtrise comptable ».
Le député indique qu’il a « déposé un amendement d’alerte qui vise à durcir les conditions d’installation des médecins dans les zones où ils sont surreprésentés. […] Car, renvoyer la question […] aux agences régionales de santé, sans pour autant leur donner les outils pour agir, n’est pas la solution ».
De son côté, L’Humanité titre sur sa Une : « Une France sans toubibs ? ».
Le journal remarque que « les médecins généralistes dénoncent des mesures coercitives et à courte vue », et note sur une double page qu’en maniant « la carotte et le bâton », le projet de loi Bachelot « soulève la fronde des soignants ».

« Ripostes tous azimuts contre la loi Bachelot »
L’Humanité, La Croix

C’est ce que titre L’Humanité, qui note dans un article que « le projet de loi est aujourd’hui contesté de toutes parts ».
Le quotidien indique qu’« une dizaine de syndicats appellent à une journée d’action le 5 mars prochain ».
« Absence de moyens supplémentaires pour l’hôpital, dégradation des conditions de travail, pénurie de personnel, désertification médicale… Tous ont dénoncé les conséquences de la libéralisation du système de santé », remarque le journal.
L’Humanité observe qu’«
alerter les usagers, c’est aussi l’angle d’attaque choisi par les médecins libéraux qui ont, à leur tour, sorti la grosse artillerie face à la loi Bachelot ».
Le quotidien indique en effet que « depuis hier, le Centre national des professions libérales de santé a lancé une campagne de communication contre le projet de loi à destination du grand public ».
Le journal cite le CNPS, qui explique que l’objectif est d’« inciter les Français à réagir et à saisir leurs élus (…) pendant l’examen du projet de loi pour qu’ils pèsent bien les conséquences directes de cette réforme ».
L’Humanité note que ces professionnels « accusent le gouvernement de «mettre en danger la santé des Français» ».
La Croix relaie également cet « appel à la grève contre la réforme de la santé », relevant que ces syndicats « s’opposent à la plus grande implication des cliniques dans des missions de service public hospitalier et regrettent l’absence de moyens supplémentaires pour l’hôpital ».

« Hôpital : les nouveaux tarifs favorisent les gros établissements »
Les Echos

Les Echos constate qu’« alors que les nouveaux tarifs des actes facturés par les hôpitaux et les cliniques à la Sécurité sociale doivent entrer en vigueur ce dimanche, les établissements n'avaient pas encore reçu, hier, la grille de tarifs à appliquer ».
« Seule la nouvelle classification des actes a été publiée au Journal officiel hier », remarque le journal.
Le quotidien note que
« l'enjeu est particulièrement lourd cette année, car la grille a été revue de fond en comble. On passe de moins de 800 tarifs à plus de 2.200 ».
Les Echos relève toutefois que « bien que tous les tarifs ne soient pas encore disponibles, des simulations permettent de connaître les gagnants et les perdants de la nouvelle classification ».
La Fédération hospitalière de France remarque ainsi que « la prise en compte de la gravité de la situation du patient sera favorable à l'hôpital public, notamment aux très gros établissements et aux CHU, et singulièrement l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris ».
Le journal souligne en outre que « les nouveaux tarifs vont revaloriser les actes de médecine - par opposition à la chirurgie et à l'obstétrique ».
« Or le public réalise, en proportion, plus d'actes de médecine que les cliniques », note Philippe Burnel, délégué général de la Fédération de l'hospitalisation privée.
Les Echos relève enfin que
« bien disposés à l'égard de cette classification plus précise, le public comme le privé sont en revanche franchement mécontents de la hausse globale des tarifs prévue pour cette année : + 0,47 % pour les cliniques, + 0,45 % pour les hôpitaux ».
La FHF estime que « cette progression très inférieure à l'inflation ne peut qu'aggraver les déficits ».

« Sécurité sociale : le déficit frôlera 15 milliards d'euros cette année »
Les Echos

Les Echos indique en bref que « le ministre du Budget a reconnu, hier, que le déficit de la Sécurité sociale serait nettement plus élevé que prévu en raison de «la dégradation de la conjoncture» ».
Le journal cite ainsi Eric Woerth, qui a déclaré sur Capital.fr que ce déficit « frôlera les 15 milliards d'euros en 2009 ».
Le quotidien rappelle que « les dernières prévisions pour le régime général tablaient, il y a moins d'un mois, sur 12,6 milliards », et note qu’« il s'agit, dans les deux cas, d'un record ».

« Le livre noir des hôpitaux »
Le Point, numéro 1906

C’est ce que titre Le Point sur sa Une.
Le magazine consacre un dossier aux
« révélations » d’un livre homonyme qui « dévoile les coulisses de l’hôpital et déclenche le scandale ».
L’hebdomadaire indique que les auteurs, trois journalistes au Point, « n’ont pas hésité à forcer les portes qui se refermaient devant eux : plus de 135 recours à la Cada (Commission d’accès aux documents administratifs) ont été formés pour obtenir des informations souvent embarrassantes pour les établissements ».
Le Point remarque qu’« une fois ces portes poussées, la visite tient du musée des horreurs. On y côtoie des médecins mercenaires, […] des chirurgiens alcooliques, dépressifs ou drogués, des infirmières démoralisées et des gestionnaires qui se prennent parfois pour des traders ».
« L’hôpital a de quoi faire peur. Moins qu’ailleurs, répliquent toutefois les défenseurs du «meilleur système de santé au monde» », continue le magazine, qui rappelle en outre que « tout cela n’est pas gratuit. La facture est même monstrueuse ».
L’hebdomadaire publie des extraits du livre, se penchant sur des « bavures à l’hôpital », sur « ces grands malades qui nous soignent », et sur « le drame des petits hôpitaux ».
Le Point livre par ailleurs les propos du Pr Henri Giudicelli, chargé de mission au ministère de la Santé, qui note qu’« il y a une dégradation du système. Surtout en chirurgie. […] Ce qui me rend fou de rage, c’est que, pour être bien soigné aujourd’hui, il faut être initié, savoir où aller. […] L’accès aux soins de qualité partout et pour tous n’est plus garanti ».Le Livre noir des hôpitaux », Philippe Houdart, François Malye, Jérôme Vincent, éd. Calmann-Lévy).

« Hospitalisée à Nice, elle dort par terre pendant un mois »
Le Figaro

Le Figaro relève qu’une anorexique de 14 ans, hospitalisée au service de psychiatrie infanto-juvénile de la Fondation Lenval, à Nice (Alpes-Maritimes), « a dû, faute de place, dormir sur un matelas posé au sol » pendant un mois.
Le journal note que
« la Fondation Lenval a déclaré qu’elle préférait offrir des conditions hôtelières dégradées plutôt que de refuser les soins ».
Son président, Bernard Lecat, a par ailleurs déclaré : « Ce n’est pas une situation normale mais elle n’est pas exceptionnelle ».
De son côté, la mère de l’adolescente, mise au courant une semaine après le début de l’hospitalisation, remarque que pour cette dernière, « c’était difficile à vivre. Elle était déjà mal dans sa peau et elle avait l’impression d’être rejetée, traitée comme un chien. Nous aurions préféré que l’hôpital nous tienne au courant plutôt que nous mettre devant le fait accompli ».
Le Figaro observe que le département des Alpes-Maritimes « ne serait pas le plus dépourvu » en lits en psychiatrie juvénile, et note que « les besoins de prise en charge d’adolescents en situation de crise seraient en hausse constante ».

Un scandale dans un hôpital « ébranle le système de santé britannique »
La Croix

La Croix consacre un article au « scandale de l’hôpital de Stafford » en Grande-Bretagne, après la publication d’un rapport « accablant » de la Commission des soins médicaux, « faisant état de conditions de soins déplorables ».
Le journal note ainsi : « Le rapport affirme qu’il y a eu en moyenne 400 à 1 200 décès de plus dans cet hôpital que dans les autres du pays, entre 2005 et 2008. La fille d’une ancienne patiente évoque même des conditions dignes d’un «hôpital de campagne du tiers-monde» ».
La Croix indique notamment qu’« à leur arrivée, certains patients étaient laissés sans soins des heures durant, dans des lits souillés, voire dans d’atroces souffrances. On les cachait même pour que personne ne se rende compte qu’ils attendaient trop longtemps ».
Le journal relève de plus que « durant les soins, des moniteurs cardiaques étaient éteints car les infirmières ne savaient pas les utiliser. […] Les retards dans les opérations étaient monnaie courante ».
Le quotidien s’interroge : « Comment de tels dysfonctionnements ont-ils pu se produire dans un hôpital public ? Pression financière et bureaucratie défaillante semblent en être les causes principales », remarque La Croix.
L
e journal explique que l’établissement
« devait réaliser 10,6 millions d’euros d’économies dans son budget annuel pour acquérir le statut de fondation. Il semble que les dirigeants aient été plus concernés par la réalisation de cet objectif […] que par les soins aux patients ».
La Croix observe qu’« au-delà de cet établissement, c’est tout le système de santé public qui est ébranlé. À commencer par l’institution qui octroie le statut de fondation aux hôpitaux et qui prétend ne pas avoir été informée des plaintes déposées contre celui de Stafford ».
« Les systèmes de contrôle sanitaire sont également visés, bien qu’ils aient été les seuls à alerter le public de ces dysfonctionnements », ajoute le quotidien.

« Hôpital : fronde inédite des grands médecins »
Libération, L’Humanité

Eric Favereau rappelle dans Libération que « c’est aujourd’hui que devrait être votée par les députés la loi Hôpital, patients, santé et territoires ».
Le journaliste note que « la longueur des débats ayant assoupi la plupart des observateurs, on pensait que pour la ministre de la Santé le plus dur était fait ».
« Or voilà qu’hier les présidents des commissions médicales d’établissements des CHU ont sonné le tocsin », indique Eric Favereau.
Le journaliste remarque en effet que
« la loi priverait des présidents des CME de leur cogérance. Ils menacent de démissionner ».
Eric Favereau indique que « jusqu’à présent, il y avait une sorte de partage des rôles entre le directeur [de l’établissement] et le président de la CME ».
Le Pr Pierre Coriat, président de la CME des hôpitaux de Paris, déclare qu’« avec ce texte de loi, […] c’en est fini de cet équilibre. Tous les amendements proposés pour médicaliser un peu les prises de décisions à l’hôpital ont été refusés. Le résultat fait froid dans le dos. Nous allons vers un système déficient, inopérant, et à terme dangereux ».
Eric Favereau note que « la poussée de fièvre des présidents de CME est d’autant plus troublante qu’ils avaient, ces derniers temps, appuyé le ministère dans ses précédentes réformes ».
Le journaliste s’interroge : « Simple coup de colère ? Ou risque d’embrasement généralisé à l’hôpital public ? […] Tout est possible tant l’ambiance à l’hôpital public est incertaine ».
L’Humanité observe de son côté qu’« après les personnels hospitaliers, c’est au tour des médecins de l’AP-HP de se prononcer contre la mise sous tutelle de la future Agence régionale de santé sur l’AP-HP et de demander le retrait de cet amendement ».

« La France améliore sa maîtrise de la croissance des dépenses de santé »
La Tribune

La Tribune note en effet que « l’Objectif de dépenses d’assurance-maladie (Ondam), créé en 1997, fait l’objet d’un bilan relativement positif », établi par la Commission des comptes de la Sécurité sociale.
Le journal revient sur cet outil,
« véritablement efficace qu’après la loi de 2004 sur l’assurance-maladie », et retient que « désormais, si les dépenses de l’assurance-maladie dépassent l’Ondam de 0,75 %, une procédure d’alerte est déclenchée ».
Le quotidien relève en outre que « l’évolution des dépenses a été inférieure au PIB en valeur en 2005, 2006 et 2007 », mais ajoute que « le brusque ralentissement de la croissance va à nouveau inverser la tendance en 2008 ».
La Tribune souligne que « sur le plan international, la France s’en sort plutôt bien. Entre 1996 et 2006, les dépenses de santé ont augmenté 1,4 fois plus vite que le PIB. Ce qui place le pays dans le peloton de tête des pays de l’OCDE ».
Le journal remarque toutefois que « la Commission des comptes évoque des «marges importantes dans le système français» », telles que « le niveau des dépenses de médicaments record après l’Amérique du Nord », puis rappelle que « malgré la volonté de l’assurance-maladie de réaliser des économies, l’Ondam a toujours été dépassé ».
« Les dépassements ont été essentiellement imputables aux soins de ville jusqu’en 2001 et depuis 2006, et aux hôpitaux et cliniques entre 2003 et 2005 », conclut le quotidien.

« La charte anti-obésité à la télévision fait débat »
La Croix, Le Parisien, Le Figaro

C’est ce que note La Croix, qui observe que le député Yves Bur « ne décolère pas après la signature, hier, d’une charte entre les ministères de la Santé et de la Culture et les professionnels de la publicité et de l’audiovisuel ».
Le journal indique en effet qu’« au nom de la lutte contre l’obésité, les annonceurs et les chaînes de télévision s’engagent à promouvoir des programmes sur une «alimentation et une activité physique favorables à la santé» auprès des jeunes ».
« Les chaînes devront accorder aussi des tarifs publicitaires préférentiels pour les campagnes sanitaires ou celles visant à développer la consommation de fruits et de légumes »
, remarque le quotidien.
La Croix ajoute que « pour Roselyne Bachelot, cette charte va permettre de «responsabiliser la publicité à l’attention des plus jeunes et développer la visibilité des messages» nutritionnels ».
Le journal note cependant que « cette charte est considérée comme insuffisante par un certain nombre de médecins, d’associations de consommateurs et de députés ».
« Plutôt que des mesures «incitatives et pédagogiques», ils prônent une interdiction pure et simple de la publicité pour les produits gras et sucrés dans les programmes pour les enfants et les adolescents »,
relève La Croix.
Le Figaro observe également qu’« une charte vient d’être signée par les industriels de l’agroalimentaire et les producteurs et chaînes de télévision pour faire la promotion d’un mode de vie sain lors des émissions enfantines ».
Le journal remarque que « cette charte devait être signée il y a plusieurs mois déjà. Mais les différents partenaires traînaient un peu des pieds ».
Le Parisien note aussi que « la télé s’attaque à l’obésité ».
Le quotidien s’interroge : « Les programmes incitant les enfants à bien manger sont-ils suffisants pour lutter contre l’obésité ? Pour le gouvernement et les chaînes, oui. Pour les associations, les télés ne vont pas assez loin ».

« Les Français contre la pub pour l’alcool sur Internet »
Le Figaro

Le Figaro indique en effet que « 78 % des Français sont opposés à une autorisation de la publicité pour l’alcool sur Internet, selon un sondage Ifop rendu public hier, au moment où l’Assemblée nationale s’apprête à examiner plusieurs amendements visant à moderniser la loi Evin sur ce point ».
Le journal ajoute que « dans leur ensemble, les Français se déclarent favorables aux mesures contenues dans le projet de loi : 85 % approuvent l’interdiction de vente d’alcool aux mineurs, 76 % sont favorables à l’interdiction des «open bars» et 79 % à l’interdiction de vente d’alcool dans les stations service ».
Le quotidien cite le Dr Alain Rigaud, président de l’Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie, « commanditaire du sondage », qui précise : « Nous ne sommes pas opposés à la publicité sur Internet, à condition qu’elle soit limitée aux sites des producteurs et des distributeurs ».

« La pénurie de médecins au centre des négociations sur la médecine du travail »
Les Echos

C’est ce que constate Les Echos.
Le journal note ainsi que « les partenaires sociaux ont examiné, hier, une proposition de texte du Medef qui souligne «une situation préoccupante : les trois quarts des médecins du travail sont âgés de plus de 50 ans et 1.700 départs à la retraite sont prévus dans les années à venir» ».
Le quotidien indique que « pour y remédier, l'organisation patronale fait plusieurs propositions. D'abord, permettre aux services de santé au travail de confier les visites d'embauche à des médecins de ville lorsqu'ils ne «sont pas en mesure de satisfaire le volume de la demande des entreprises» ».
« Autre mesure envisagée : que la visite périodique soit «fixée réglementairement tous les 4 ans» pour les salariés qui ne sont pas exposés à des risques spécifiques, au lieu de 2 ans actuellement »,
poursuit Les Echos.
Le journal livre la réaction des syndicats, citant notamment Pascale Coton, de la CFTC, qui déclare qu’« il n'est pas question de déléguer des missions aux médecins de ville. Seuls les médecins du travail ont suivi la formation spécifique nécessaire ».
De son côté, Daniel Prada, de la CGT, observe : « Cette proposition ne résoudra pas le problème de la pénurie, qui touche aussi la médecine de ville, et généralement dans les mêmes régions. Le risque, c'est qu'on tire la médecine du travail vers le bas en l'adaptant au manque de moyens ».

« Les médecins de l’Assemblée bataillent sur l’hôpital »
Libération, Le Canard enchaîné

Eric Favereau observe dans Libération que « les députés ont presque achevé, hier soir, le débat sur le volet hôpital du projet de loi Hôpital, patients, santé et territoires ».
Le journaliste rend compte des débats, et constate que « la petite cinquantaine de députés qui suivent avec assiduité les débats ont une particularité : ils sont presque tous médecins ».
Eric Favereau cite notamment Roselyne Bachelot, qui a déclaré : « C’est aujourd’hui que le pouvoir médical est émietté, insuffisamment consacré, désacralisé. L’organisation que nous préconisons nous donne les moyens, les structures pour mettre en œuvre un vrai projet médical ».
Le journaliste conclut toutefois que « ces députés de droite comme de gauche paraissent en douter. Il est vrai que le gouvernement repousse la quasi-totalité des amendements qui cherchent simplement à rendre plus effective la place des médecins dans l’organigramme ».
Le Canard enchaîné se penche de son côté sur la « cascade d’amendements, les pressions des lobbies viticoles et alimentaires », et livre les propos de députés qui « racontent les coulisses de cette petite guerre ».

Les généralistes, « principales victimes des actes de violence contre les médecins »
Le Monde

Le Monde remarque que « les médecins sont aussi victimes de petites agressions au quotidien, qui reflètent une banalisation de la violence contre la communauté médicale ».
Le quotidien indique ainsi qu’« en 2008, 535 incidents de ce type ont été recensés par l'Observatoire de la sécurité des médecins, créé en 2004 par le Conseil national de l'Ordre des médecins ».
Le journal note que « c'est moins que le pic atteint en 2007 : 837 incidents déclarés », mais cite le Dr Jean-François Guyonnard, coordonnateur de l'Observatoire, qui déclare que « ces incidents à répétition nous préoccupent beaucoup. Ils créent un climat de suspicion et d'insécurité permanent pour nos confrères, qui nuit à la qualité des soins, alors que notre métier est basé sur une relation de confiance avec les patients ».
Le Monde précise que « dans près de la moitié des cas (46%), il s'agit d'agressions verbales. Viennent ensuite les vols (25%) et les agressions physiques (11%) ».
Le quotidien ajoute que « les raisons de cette violence sont variées : temps d'attente jugé excessif par les patients (9% des cas), refus de prescrire le médicament voulu (8%), reproche relatif à un traitement (6%), décision médicale contestée, refus de certificat médical ou d'arrêt de travail, refus de payer une consultation... ».
Le journal observe par ailleurs que « le phénomène touche en majorité les médecins généralistes, qui sont à 62% à l'origine des fiches de déclaration d'incident, loin devant les ophtalmologistes et les psychiatres, en tête des spécialistes les plus concernés par les incidents ».
Le Monde remarque que le CNOM « pousse les médecins à davantage déclarer les incidents qu'ils subissent auprès de l'Observatoire, et à porter plainte devant la justice », notant qu’« actuellement, 4 incidents sur 10 ne donnent lieu à aucune action judiciaire ».
Le quotidien ajoute que « l'Observatoire envisage également de créer une formation spéciale pour les médecins et souhaite renforcer sa coopération avec les autorités locales concernées (police, justice et collectivités locales) ».

« Réforme de l’hôpital : les médecins font bloc »
Libération

Libération indique en effet que « mercredi soir, dans un amphi de la fac de médecine à Paris, une bonne partie des grands noms de la médecine hospitalière parisienne se sont retrouvés pour dénoncer la nouvelle loi sur l’hôpital, en particulier le volet sur la gouvernance », soit « plus de 200 médecins au total ».
« Les professeurs s’unissent contre la loi qui les écarte de la gouvernance des établissements »,
remarque le journal.
Le quotidien note que « leur malaise est inédit. Et massif devant cette réforme qui donne «tout pouvoir au directeur» ».
Libération cite notamment « l’organisateur en chef », Bernard Granger, psychiatre à l’hôpital Cochin, qui a déclaré : « Nous ne sommes plus à l’époque de la négociation, mais de la confrontation. C’est un système dictatorial ».
Le journal cite en outre le Pr André Grimaldi, qui a indiqué : « Il faut se préparer à un rapport de forces difficile. […] Nous devons choisir nos mots… Le pouvoir du directeur est légitime, le nôtre aussi. On ne va pas passer de l’époque du mandarin à celui du PDG, voilà ce qu’il nous faut combattre. Pour cela, il faut que l’on soit capable de manifester, médecins et non-médecins ».

« Le butin des médecins volants »
Libération

C’est avec ce titre que Libération aborde à son tour le livre des journalistes du Point (« Le Livre noir des hôpitaux », F. Malye, P. Houdart, J. Vincent, éd. Calmann-Lévy), retenant que l’ouvrage « dénonce les abus de l’intérim médical ».
Le quotidien observe que l’avenir de ces « médecins volants » est « florissant, car ces mercenaires prospèrent sur le déficit de médecins dans certains petits hôpitaux qui n’arrivent pas à recruter. […] Mais il exercent aussi dans des hôpitaux généraux de taille importante ».
Libération note que ces praticiens, « souvent des anesthésistes et des chirurgiens », « sont en tout cas largement payés, autour de 1 000 € par jour, avec souvent en plus l’hébergement ».
Le journal cite un directeur d’un « petit hôpital du centre de la France », qui déclare : « On n’a pas le choix. On n’est pas très regardants sur leur situation, on prend ainsi des anesthésistes du public qui vont faire des extras, alors que leur statut ne le leur permet pas. Tout le monde est au courant, mais nous n’avons pas les moyens de dire non ».
Le Dr Michel Levy, président du Syndicat national des anesthésistes réanimateurs, estime quant à lui que « ce sont des voyous. Ils profitent des défaillances du système, surtout dans les petits hôpitaux qui sont exsangues. Mais que voulez-vous faire ? […] A la sortie des études de médecine, 20 % des anesthésistes entrent dans cette nébuleuse ».
Le responsable remarque en outre qu’« il y a des bons, mais il y a aussi des branquignols… Et puis il y a énormément de fraude ! ».
Libération revient sur le « Livre noir des hôpitaux », où « les exemples de situations limites sont impressionnants ».
Le quotidien relève notamment que « parfois, ces mercenaires ont une compétence incertaine. […] On découvre des histoires où des médecins sont embauchés sous de faux noms. Plus grave, les directeurs de ces hôpitaux ne sont pas très regardants, pourvu que le médecin ait le droit d’exercer ».
Le journal note ainsi que « la présence de ces mercenaires est comme un reflet des difficultés actuelles de l’hospitalisation. Cela existe, et on laisse faire ».

« Les investissements massifs font exploser la dette des hôpitaux »
Les Echos, La Tribune, Le Figaro économie

Les Echos indique que selon la note de conjoncture annuelle de la banque Dexia, « premier financeur des hôpitaux français », « malgré une situation financière qui se dégrade, les hôpitaux continuent à investir massivement, ce qui se traduit par un recours de plus en plus important à l'endettement ».
Le journal souligne ainsi que « les hôpitaux ont investi 6,8 milliards d'euros l'an dernier, deux fois plus qu'en 2002. Mais leurs capacités d'autofinancement chutent et la dette a passé la barre des 20 milliards d'euros ».
Le quotidien remarque que « c’est d'abord le fait du plan «Hôpital 2007», lancé en 2003 par Jean-François Mattei pour moderniser les établissements, et qui arrive à échéance cette année ».
Les Echos explique ainsi que « ces fonds, alloués par l'Etat, ont eu un effet d'entraînement, les hôpitaux ayant également investi sur leurs ressources propres pour accompagner ce plan ».
Le journal précise que « les dépenses devraient repasser sous la barre des 6 milliards cette année. Elles resteraient ensuite à peu près à ce niveau au cours des 4 prochaines années. Car un nouveau programme, «Hôpital 2012», lancé par Nicolas Sarkozy, est en train de démarrer ».
Le quotidien estime que « c'est une bonne nouvelle pour les patients et le personnel des hôpitaux », car « le taux de vétusté des établissements, qui montait en flèche, «est redescendu à son niveau de 2000» ».
Les Echos observe que « cette forte progression des investissements coïncide aussi avec une nette dégradation des comptes des établissements de santé. […] Faute de ressources suffisantes dégagées par leur activité, les hôpitaux ont eu massivement recours à l'endettement pour financer leurs investissements ».
Le journal remarque néanmoins que « Dexia veut rassurer sur la capacité des hôpitaux à payer leurs frais financiers, […] car leur dette est garantie par l'Etat ».
La Tribune aborde également la « dette de 20 milliards » des hôpitaux, qui « ont beaucoup investi ».
Le quotidien précise que « tous les établissements ne sont pas concernés au même titre, les plus petits ayant davantage recours à l’autofinancement ».
Le Figaro économie relève de son côté que « Dexia, qui finance les établissements publics, s’inquiète de la baisse continue des capacités d’autofinancement », notant que « les CHU sont les plus concernés ». (Note de conjoncture disponible sur le site des
Echos)

« Une circulaire met le feu aux poudres à l’Institut Gustave-Roussy »
Le Parisien

Le Parisien fait savoir que « depuis le début du mois, une circulaire, en ligne sur l’Intranet [de l’Institut Gustave-Roussy, à Villejuif (Val-de-Marne)], évoque la prise en charge des patients payants étrangers par le prestigieux institut de cancérologie ».
« Cette note fait état d’une grille tarifaire spéciale appliquée à ces patients «directement adressés par les autorités de leur pays ou de leur employeur» de «quelques pays du Moyen-Orient» »,
remarque le quotidien, qui ajoute que « l’objectif est de prendre en charge davantage de malades à raison de «100 à 150 patients par an» ».
Le Parisien cite ainsi cette note : « Grâce aux tarifs pratiqués, ce petit nombre de patients devrait apporter chaque année une recette d’environ 3 millions d’euros. […] Cette activité contribuera de manière significative au retour à l’équilibre financier de l’établissement ».
Le quotidien constate que cette circulaire « a mis le feu aux poudres à l’Institut », et note que plusieurs syndicats « ont demandé [son] retrait ».
Le journal remarque que « ce qui a le plus provoqué leur colère, c’est «le système d’intéressement collectif» pour les équipes encadrant ces patients », la circulaire précisant que « 10 % de la recette générée dans ce cadre leur seront redistribués ».
Le Parisien cite un syndicaliste FO, qui déclare : « Le pôle de cancérologie n’est pas un établissement à but lucratif. Pour équilibrer un budget, on choisit les patients en fonction de leur richesse ».
Le quotidien cite le directeur général adjoint de l’Institut, Bertrand Martin, qui indique quant à lui qu’« il n’est pas question qu’il y ait une prise en charge médicale différente avec une politique d’accueil VIP ».
Quant à « l’intéressement », le responsable précise : « Il ne s’agit pas d’une rémunération personnelle, mais d’une gratification collective affectée par exemple à l’achat d’équipement pour l’hôpital ou encore le financement de formations ».

« N’hésitez plus à négocier avec les médecins »
Le Parisien

C’est ce que conseille Le Parisien à ses lecteurs.
Le journal observe ainsi sur une page et demie que « les patients sont de plus en plus nombreux à obtenir des ristournes auprès de leur médecin. Ils disposent désormais des informations permettant de faire jouer la concurrence ».
Le quotidien poursuit : « Il n’est pas rare qu’un patient obtienne auprès de son médecin ou de professions paramédicales des ristournes pouvant aller jusqu’à 25 % sur une couronne, 50 % sur une opération, 40 % sur des lunettes… ».
Le Parisien remarque que « si le secteur de la santé est désormais gagné par cette pratique, c’est que les pouvoirs publics et l’assurance maladie et surtout les complémentaires maladie y ont intérêt. Moins les tarifs des médecins seront élevés, moins ces dernières auront à rembourser… ».
Le journal rappelle notamment que depuis le 1er février dernier, « le patient dispose d’un devis que le médecin devra obligatoirement lui remettre dès lors que le montant des honoraires ou d’un acte va dépasser 70 €. Un écrit, détaillé, que le patient peut même faire analyser. Et il ne s’en prive pas : la Maaf traite ainsi chaque mois près de 400 devis ».
Le quotidien livre les propos de Philippe Pencalet, neurochirurgien au centre de consultation Nollet, à Paris, qui remarque : « Ça arrive environ deux fois par mois : des patients mal remboursés par leur complémentaire me disent qu’ils ne peuvent pas payer, ou que ce sera dur. […] Il peut y avoir des ajustements conséquents. On n’est pas là pour rançonner les patients ».
Le neurochirurgien déclare en outre que ces négociations de tarifs sont « la conséquence du déremboursement massif des actes par la Sécu et par les complémentaires santé. Pourtant, les chirurgiens n’ont pas été augmentés depuis 20 ans ! ».
« A trop vouloir négocier, il ne faudra pas s’étonner de la qualité des actes. On finira par ne plus trouver de chirurgiens »,
estime cependant Philippe Pencalet, qui ajoute, à propos des dépassements d’honoraires : « Au début, je le faisais rarement, mais quand j’ai pris connaissance du montant de mes premières charges, j’ai dû m’adapter car elles représentent 65 % de ce que je perçois ».

« Financement de la Sécu : ce que l’Etat prépare »
La Tribune

La Tribune observe que « face à un déficit de l’assurance-maladie qui pourrait atteindre 7,7 milliards d’euros en 2009, le gouvernement envisage de nouvelles réformes ».
« Il réfléchit à plusieurs pistes de financement. […] Outre une hausse des taxes sur le tabac, sont évoqués la mise en place d’un bouclier sanitaire (gratuité des soins au-dessus d’un certain seuil) et le renforcement du rôle des mutuelles dans le remboursement des soins »,
note le journal.
Le quotidien observe toutefois que « ces pistes devraient faire l’objet d’un vaste débat, […] car elles sont loin de faire l’unanimité au sein du gouvernement ».
La Tribune livre les propos d’un mutualiste, qui remarque que « les mutuelles ont un avantage sur l’assurance-maladie, en situation de monopole : elles pourraient conventionner les médecins en fonction de la qualité des soins. De même, face aux différences de prix de médicaments à l’efficacité identique, les complémentaires pourraient ne rembourser qu’au prix du médicament le moins cher ».
Le journal relève cependant que « basculer une partie des remboursements vers les complémentaires passera mal dans l’opinion publique ».
Le quotidien souligne en outre que « le paiement au forfait des médecins chargés de patients atteints de maladies chroniques est à l’étude ».
La Tribune aborde sur la même page le « blocage » des négociations conventionnelles entre médecins et assurance-maladie.
Le journal note en effet que « les relations entre les différents acteurs du jeu conventionnel se sont crispées », observant que « la rupture entre le principal syndicat de médecins libéraux [CSMF] et le ministère de la Santé pèse sur les négociations ».

« L’arrivée d’un «super-patron» à l’hôpital inquiète des médecins »
La Croix

La Croix revient sur ce « mouvement de protestation, essentiellement mené par des chefs de service parisiens, [qui] est en train de monter depuis le vote du projet de loi Hôpital, patients, santé, territoires ».
La journal rappelle que « ce texte renforce les pouvoirs du directeur [d’hôpital], et, au passage les inquiétudes de certains praticiens ».
Le quotidien cite ainsi François Aubart, président de la CMH, qui note qu’« au cours des dernières années, on avait réussi à instaurer de vrais binômes dans les hôpitaux pour faire travailler ensemble les administratifs et les médecins. C’est cet équilibre qui risque d’être fragilisé avec cette volonté d’y installer des super-PDG ».
De son côté, le Pr Bernard Granger, responsable de l’unité fonctionnelle de psychiatrie de l’hôpital Cochin à Paris, estime que « cette loi risque d’entraîner l’hôpital dans une dérive technocratique autoritaire et purement comptable ».
La Croix livre cependant les propos du président de la FHF, Claude Evin, qui observe quant à lui : « Il arrive parfois que des hôpitaux se retrouvent dans des situations de blocage. Il est normal de donner au directeur les moyens d’arbitrer et de sortir de ces situations ».
« Et il est absurde de penser qu’un directeur irait prendre des décisions médicales qui ne seraient approuvées par les praticiens de son établissement »,
poursuit l’ancien ministre de la Santé.
La Croix remarque qu’« au final, il est difficile d’apprécier l’ampleur exacte de la mobilisation ».

« Médicaments en libre accès : les prix baissent peu »
Le Parisien

C’est ce que constate Le Parisien, qui rend compte de chiffres dévoilés lors du salon Pharmagora, à Paris.
Le journal rappelle que « depuis 9 mois, les officines volontaires peuvent vendre des médicaments non remboursés à prix libre. Objectif de cette réforme : faire jouer la concurrence pour alléger la note ».
« Mais les résultats se font attendre »,
observe le journal.
Le Parisien indique ainsi qu’« environ 40 % des officines font désormais du médicament en libre accès. Pourtant, aucun tsunami tarifaire n’est en vue ».
Daphné Lecomte-Somaggio, déléguée générale de l’Afipa, regroupement de laboratoires pharmaceutiques, déclare que « les prix de vente aux patients ont diminué de 2 à 3 % sur ces produits l’année dernière ».
Catherine Morel, secrétaire générale de l’Union nationale des pharmacies de France, observe de son côté que « les prix aux consommateurs n’ont quasiment pas évolué. En revanche, les prix catalogues, ceux auxquels les pharmaciens se fournissent, ont augmenté de 8,7 % ! Pour garantir la stabilité des prix de vente, les pharmaciens ont diminué leurs marges ».
Le Parisien aborde en outre une « subtilité de la réglementation », notant que « pour une même molécule, le prix d’un médicament peut fortement varier s’il est devant ou derrière le comptoir ».
Joël Saiget, pharmacien à Ploemel (Morbihan), rappelle en effet qu’« un grand nombre de médicaments en libre accès ont leur pendant remboursable. […] Au final, on achète beaucoup plus cher le comprimé lorsqu’il est en libre accès ».
Le journal relève par ailleurs que « le vol a progressé de 13 % dans les officines en 2008 », et publie un entretien avec Jean-Luc Audhoui, du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens, qui observe que « les patients ne sont pas très demandeurs. Les malades ne viennent pas en pharmacie avec un panier comme s’ils faisaient leur marché ».

« Réforme de l'hôpital : la contestation monte chez les médecins »
Les Echos, Libération, L’Humanité

Les Echos indique en effet que « les médecins des Hôpitaux de Paris appellent à faire grève et à manifester le 28 avril pour protester contre la loi Bachelot, trop favorable aux directeurs des établissements selon eux ».
« Ils sont rejoints par des syndicats de médecins nationaux »,
continue le journal.
Le quotidien relève que « le «mouvement de défense de l'hôpital public» a aussi appelé les blouses blanches à «arrêter toute participation aux activités de gestion hospitalière» ».
Les Echos explique que « leur inquiétude concerne la nomination des médecins membres du directoire par le directeur, ce qui ôtera «toute indépendance» à cette structure selon eux. La loi ouvre aussi la porte à la suppression des services, disent-ils, au profit des pôles, plus larges ».
Le journal cite notamment le Pr Bernard Granger, qui déclare que « le texte donne tous les pouvoirs au directeur. Il faut maintenir un copilotage avec les médecins, sinon c'est la guérilla assurée ».
Le quotidien remarque qu’Alain Milon, rapporteur du projet de loi au Sénat, « se dit conciliant » : « Certaines de ces revendications me paraissent extrêmement logiques. Je suis certain que nous pourrons trouver un terrain d'entente ».
Les Echos s’interroge : « Le mouvement peut-il gagner d'autres catégories professionnelles ? L'intersyndicale de l'AP-HP, qui représente les infirmiers, les aides-soignants, les administratifs, participera à la manifestation. Mais pas les fédérations santé des grandes centrales ».
Libération se penche également sur ces « médecins contaminés par une fièvre rebelle ».
« Ce n’est pas la grève du bistouri, mais celle du stylo »,
note le journal, qui constate que le « mouvement de grogne des médecins est monté, certes à la vitesse d’un train de sénateur et avec parfois beaucoup d’incohérence. Mais à force, il commence à prendre beaucoup d’ampleur ».
Le quotidien livre les propos du Pr André Grimaldi, qui remarque que la loi Bachelot « fait éclater la communauté hospitalière car c’est le directeur qui choisira, un par un, les médecins avec qui il veut travailler ».
Libération remarque toutefois que « le mouvement est encore disparate », et note : « Nul ne doute du malaise ambiant. Pour autant, la suite est incertaine. […] En province, la contestation est plus timide ».
L’Humanité relève aussi que « les uns après les autres, les médecins de tous les hôpitaux de Paris et de l’Ile-de-France sont en train de prendre position contre la loi réformant l’hôpital ».
« Généralement peu enclins à la contestation sociale, les médecins sont particulièrement remontés »,
remarque le journal.

« La Sécu va accumuler une dette incroyable »
La Tribune

La Tribune indique en effet que selon le directeur de la Cnam, Frédéric Van Roekeghem, auditionné par la commission des Affaires sociales du Sénat, « l’assurance-maladie verrait son déficit s’accroître encore en 2010, à 10 milliards d’euros ».
Le journal explique cependant que « les marges de manœuvre sont faibles. […] Le mois dernier, le ministre du Budget, Eric Woerth, a prévenu qu’il n’était pas question d’augmenter la CSG ou la taxe CRDS ».
Le quotidien relève par ailleurs que « la Cnam se montre critique » sur la création des Agences régionales de santé.
La Tribune cite Frédéric Van Roekeghem, qui a déclaré que « le projet de loi peut être amélioré dans ses dispositions relatives au pilotage national ».
Le journal note en outre que « la Cnam accepte d’apporter sa contribution aux nouvelles ARS, mais pose des conditions, notamment sur la répartition des rôles entre l’Etat et l’assurance-maladie ».
« Les relations entre la Cnam et le ministère de la Santé ne semblent pas au beau fixe »,
observe La Tribune.

« La loi Bachelot ? Sans nous ! »
Le Nouvel Observateur numéro 2319, Libération, La Croix

Le Nouvel Observateur publie « L’appel des 25 contre la mort de l’hôpital public », un texte rédigé par des chefs de services de l’AP-HP qui « dénoncent la «médecine mercantile» prônée par le gouvernement et souhaitent l’organisation d’états généraux ».
Les praticiens écrivent ainsi que « le maître mot [de la loi Bachelot] n’est plus la santé, mais la rentabilité. La préoccupation centrale n’est plus le malade, mais le compte d’exploitation de l’hôpital. Et les premières victimes en seront les patients et les soignants ».
Ces médecins ajoutent : « Bien sûr, l’hôpital public doit être réformé. Mais certainement pas de cette manière. Il faut repenser l’organisation hospitalière pour répartir de manière harmonieuse sur le territoire les structures de soins et les spécialités en prenant en compte aussi leur niveau de technicité et l’accueil des urgences […] Il faut réfléchir aux nouveaux métiers de la médecine ; prendre en compte la nécessaire pluridisciplinarité […] ».
Les signataires indiquent enfin que « si cette loi n’est pas amendée, elle s’appliquera sans nous », et remarquent que « demain, côte à côte, et pour la première fois, infirmières, agents hospitaliers et administratifs, médecins seront dans la rue. Preuve que les mentalités ont changé ».
En préambule de ce texte, Le Nouvel Observateur publie un reportage rendant compte d’une semaine aux urgences de la Pitié-Salpêtrière, à Paris.
Le magazine retient ainsi : « Usagers nombreux et insatisfaits, personnels débordés, manque de lits… Les urgences concentrent tous les maux de l’hôpital ».
De son côté, La Croix livre un entretien avec le Pr Michel Aubier, chef de service à l’hôpital Bichat (Paris), qui estime que « la qualité des soins à l’hôpital est menacée. […] Parfois, nous avons le sentiment que tout est fait pour diminuer l’activité des hôpitaux publics et obtenir le départ des patients vers le privé ».
Le pneumologue observe qu’« on sent clairement une volonté de renforcer l’emprise administrative dans les hôpitaux », puis aborde la tarification à l’activité : « Le risque est que le public se mette à faire comme le privé : à «sélectionner» ses patients en fonction de ce qu’ils vont rapporter. Ce n’est pas la mission de l’hôpital public, qui doit continuer à accueillir tout le monde ».

« Un nouveau système d'amendes va s'appliquer pour les fraudes à l'assurance-maladie »
Les Echos

Les Echos explique ainsi qu’« un décret soumis à la concertation vise à renforcer le système de sanctions actuel, jugé inefficace. Il prévoit des peines planchers pour les fraudes les plus graves : les fausses factures, le trafic de médicaments ou la fraude en bande organisée ».
Le quotidien souligne qu’« en ce qui concerne les assurés, le texte veut renforcer la lutte contre ceux qui produisent de faux documents ou font de fausses déclarations, fraudent à la carte Vitale, ou encore bénéficient indûment de la CMU. Le montant des pénalités est fixé entre 5% et 50% des remboursements indus, à la discrétion des caisses primaires en fonction de la gravité des faits, et ce dans la limite du plafond mensuel de la Sécurité sociale (2.859 €) ».
« Des pénalités du même ordre sont prévues pour les employeurs, par exemple lorsqu'ils ne déclarent pas les accidents du travail, ou pour des professionnels de santé, qui feraient rembourser des actes fictifs »,
continue Les Echos.
Le journal précise que « le texte instaure également des peines planchers pour les fautes les plus graves : falsification de documents, trafic de médicaments et fraude en bande organisée. Les pénalités atteindront alors 25% à 300% des sommes en cause ».
Le quotidien remarque que « les syndicats de médecins critiquent les pouvoirs étendus attribués aux directeurs de caisses », relevant notamment que « pour Martial Olivier-Koehret (MG France), l'assurance-maladie «ferait mieux de se concentrer sur ses missions de liquidation des prestations et de vérification des droits. Pour les sanctions, il y a déjà la justice et l'Ordre des médecins» ».

« Quels soins demain à l’hôpital public ? »
Le Parisien, Les Echos, Le Figaro, La Croix, Le Monde, L’Humanité

C’est ce que titre Le Parisien sur sa Une.
Le journal note à son tour que « 25 médecins français, parmi les plus réputés, ont lancé un appel solennel «contre la mort de l’hôpital public» », et observe sur deux pages que « la grande réforme de l’hôpital passe mal ».
Le quotidien relève ainsi que le projet de loi Bachelot « a déclenché l’ire du gratin de la médecine ».
Le Parisien rappelle qu’« en mars, d’autres élites médicales avaient protesté avant eux. Les présidents des commissions médicales d’établissements des CHU avaient menacé de démissionner en bloc ».
« Tous ont dans le collimateur la nomination dans chaque hôpital d’un directeur qui aura les pleins pouvoirs »,
remarque le journal.
Le quotidien souligne que « la ministre de la Santé n’a rien lâché aux contestataires ».
Roselyne Bachelot a ainsi indiqué hier : « Ils dénoncent une médecine mercantile. Ignorent-ils que la mauvaise gestion est la pire ennemie d’une médecine de qualité ? ».
Le Parisien ajoute que « dans l’entourage de la ministre, on est moins diplomate : «On agite l’idée fausse d’un l’hôpital à l’américaine, c’est de la mauvaise foi calculée» ».
Le journal publie un entretien avec Alain Fischer, chef de service à l’hôpital Necker, qui déclare : « Ce texte transforme l’hôpital en une entreprise, en imposant la logique comptable. [La qualité des soins] se dégrade, et cela va être de pire en pire. […] Avec cette loi, on désavantage l’hôpital, en faisant des cadeaux au secteur privé ».
De son côté, Claude Evin, président de la FHF, remarque que « personne n’a le monopole de l’intérêt des malades. […] Il n’y a rien de pire pour un hôpital qu’une non-décision. […] Au final, quelqu’un doit trancher et c’est le directeur de l’hôpital, y compris si c’est un médecin ».
Le Figaro publie pour sa part sur son site Internet un texte de Roselyne Bachelot, qui « défend sa réforme de l’hôpital ».
Le quotidien retient que la ministre « déclare avoir «lu avec intérêt et étonnement» cette tribune. […] Elle y réfute point par point tous les arguments développés ».
Le journal cite ainsi Roselyne Bachelot, qui écrit : « Que les médecins signataires lisent la loi au lieu de la caricaturer. Ils verront alors que le pouvoir médical est désormais organisé et protégé ».
Le Figaro précise que la ministre « se dit néanmoins prête à faire «encore évoluer» ce texte ».
Les Echos note également que « Roselyne Bachelot défend sa loi face aux critiques des médecins », tandis que L’Humanité relève que le Pr Bernard Debré « a estimé hier que le projet Bachelot sur l’hôpital était «une mauvaise loi» ».

Vaccination : « La ministre de la Santé tire le signal d’alarme »
Le Parisien

Le Parisien relève qu’« à la veille de la Semaine européenne de la vaccination, la ministre de la Santé a tiré hier le signal d’alarme, inquiète de l’augmentation alarmante des cas de rougeole en France ».
Le journal remarque en effet qu’« alors qu’en 2006-2007 une quarantaine de cas annuels étaient déclarés, il y en a eu 600 l’an dernier ! Un chiffre sans doute minoré du fait du non-respect de la déclaration obligatoire ».
Le quotidien souligne que « contrairement aux idées reçues, cette maladie infectieuse peut être mortelle et touche aussi beaucoup d’adultes ».
« 98 % des personnes infectées [l’an dernier] n’étaient pas vaccinées ou n’avaient reçu qu’une seule dose de vaccin »
, poursuit Le Parisien, qui constate que « le pourcentage de Français immunisés n’est pas assez élevé pour protéger l’ensemble de la population ».
Roselyne Bachelot a ainsi déclaré : « Il faut remobiliser à la fois les parents et les médecins, car il y a malheureusement un fond de méfiance vis-à-vis de la vaccination, alimenté notamment par certaines ligues ou associations qui s’abritent derrière des postures idéologiques ou religieuses pour justifier leur opposition aux vaccins ».
Le journal en profite pour rappeler le « calendrier à respecter » en matière de vaccinations.

« Médecins de campagne antirides »
Le Monde

Le Monde constate ainsi sur une page qu’« ils sont plusieurs centaines en France, généralistes de formation, à s'être engouffrés dans le créneau très porteur de la médecine esthétique ».
Le journal remarque que « la reconnaissance, en 2007, par le Conseil national de l'Ordre des médecins du diplôme interuniversitaire de "médecine morphologique et anti-âge" n'a fait qu'accélérer le mouvement ».
Le quotidien relève en effet qu’« alors que les promotions sont de 80 places, quelque 400 médecins - essentiellement des généralistes - tentent chaque année d'intégrer le DIU. Résultat : la guerre est ouverte entre les chirurgiens, les dermatologues et les médecins esthétiques ».
Le Monde indique que « la bataille se joue désormais au Parlement, qui devra définir "qui peut faire quoi" dans le cadre du projet de loi santé, territoire ».
Le journal livre les propos du Dr Stanislas Potocki, généraliste à Vannes (Morbihan), qui déclare : « J'avais choisi la médecine générale pour le relationnel ; maintenant, grâce à cette nouvelle activité, j'ai le sentiment de ne plus être obligé de courir, de profiter des gens, de les chouchouter, d'avoir une relation plus intime avec eux, c'est un bonheur ».
« Le but de mes patients est de se sentir bien dans leur peau, d'estomper et non de faire disparaître les marques du temps ; je fais du raisonnable »,
poursuit le praticien.

« Pas de loi sur les dépassements d’honoraires »
Les Echos

Les Echos note en effet sur sa Une que « le gouvernement va renoncer à légiférer pour limiter les dépassements d'honoraires des médecins dans les hôpitaux et les cliniques. Une disposition de la loi Bachelot, qui visait à obliger certains établissements à garantir un quota d'actes au tarif de la Sécurité sociale, devrait être supprimée lors de l'examen du texte au Sénat ».
Le journal observe qu’« après la levée de boucliers des médecins, […] l'exécutif préfère laisser le problème des dépassements d'honoraires, à l'hôpital comme en ville, à la négociation entre syndicats de praticiens ».
Le quotidien remarque que « pour les médecins qui s'opposent à la loi Bachelot, c'est «un recul à grands pas» de la part du gouvernement ».
Les Echos constate que « le député à l'origine de l'amendement regrette la décision du gouvernement ».
Jean-Luc Préel déclare ainsi : « La négociation conventionnelle, pourquoi pas, mais elle n'a toujours pas abouti. Il ne me paraissait pas anormal de légiférer sur ce point. On a de plus en plus de mal à être soigné au tarif de la Sécurité sociale dans les grandes villes et dans le sud de la France ».
Le journal en profite pour relever que « les dépassements pénalisent les plus modestes ».
Le quotidien souligne ainsi que, selon un rapport à paraître du Haut Conseil pour l'avenir de l'assurance-maladie, « les dépassements d'honoraires dans les établissements de santé «sont désormais relativement fréquents et parfois d'un montant important». […] Dans «certains territoires de santé» et pour «certaines spécialités», la «diminution de l'offre» au tarif de la Sécurité sociale «s'accroît» ».
Les Echos indique que « certains assurés n'en souffrent pas vraiment, car leur complémentaire santé prend correctement en charge ces dépassements. Mais ceux-ci peuvent «peser sensiblement sur le budget des ménages modestes» ».
Le journal précise que « certains actes sont particulièrement concernés, notamment la chirurgie du cristallin, la pose des prothèses de la hanche ou les coloscopies. Les dépassements sont constatés dans plus de la moitié ou même les trois quarts des cas ».
« L'essentiel concerne le secteur privé. Les dépassements représentent 16% des revenus des médecins libéraux concernés. […] Le Haut Conseil prône donc un «cantonnement des dépassements en établissement», par la loi ou par la négociation conventionnelle »,
conclut le quotidien.

« Bras de fer sur la réforme de l’hôpital »
La Tribune, Les Echos, Libération

La Tribune s’interroge : « La grogne à l’hôpital va-t-elle faire boule de neige et s’installer durablement ? ».
Le journal remarque qu’« outre la journée de mobilisation générale le 28 avril, les présidents de CME menacent d’appeler les médecins, à partir du 1er mai, à une «grève du codage» et à ne plus siéger dans les différentes instances de leurs établissements et des ARH ».
Le quotidien relève que « l’originalité de ce mouvement est de fédérer des mécontentements très disparates », se penchant sur ces « médecins opposés «à la médecine mercantile», aux concepts de «productivité» et de «rentabilité» », ou ces « médecins inquiets de perdre du pouvoir au profit des directeurs d’hôpitaux ».
La Tribune indique que les présidents de CME « demandent un rééquilibrage des pouvoirs entre les médecins et les directeurs », note que « le ministère de la Santé est prêt à des concessions », mais ajoute que « le gouvernement veut croire que la mobilisation des personnels hospitaliers ne sera «pas si forte que ça» ».
Le quotidien livre les propos Guy Vallancien, de l’Institut mutualiste Montsouris et « favorable à la réforme », qui déclare que « la manifestation sera importante, car elle va servir d’exutoire. Mais sans cette loi, l’hôpital va imploser. Et nous, les médecins, sommes responsables à 50% du désastre actuel, car nous sommes de piètres managers ».
La Tribune aborde également le projet d’avis du Haut Conseil pour l'avenir de l'assurance-maladie, qui pointe « des défauts dans l’organisation des soins » et « affirme que «l’hôpital est aussi une entreprise», ce qui impose «la recherche de la performance […] médicale et économique» ».
Le journal relève que « le Haut Conseil juge «nécessaire» l’amélioration du système de gouvernance des hôpitaux publics, afin que «des décisions opérationnelles puissent être effectivement prises, même lorsqu’elles engagent des choix difficiles» ».
Le quotidien explique notamment que « des marges importantes pourraient être trouvées dans l’externalisation de certaines activités », telles que la restauration et le traitement du linge.
« Le document souligne toutefois que l’amélioration de la gestion «ne peut être ni radicale ni très rapide dans une communauté de travail complexe» », poursuit La Tribune.
De son côté, Libération brosse le portrait d’André Grimaldi, chef du service diabétologie à la Pitié-Salpêtrière (Paris), qui « mène la contestation montante des médecins hospitaliers contre la loi Bachelot », et qui a le « coup de blouse ».
Le journal remarque que le praticien « n’a pas envie de quitter le navire en laissant derrière lui un hôpital qui vendrait des soins comme d’autres des savonnettes ».

« Journée morte dans les cabinets de radiologie »
Les Echos

Les Echos note en effet que « les syndicats de radiologues appellent à une «journée radiologie morte» pour protester contre les baisses de tarifs entrées en vigueur le mois dernier ».
Le quotidien rappelle que selon cette nouvelle grille tarifaire, « lorsque plusieurs actes de radiologie sont réalisés pour le même patient, le premier est tarifé normalement, mais les suivants à 50% seulement. Même mécanisme lorsqu'une mammographie est associée à une échographie ».
Les Echos précise que « cette mesure doit rapporter une centaine de millions d'euros par an d'économies à la Sécurité sociale », mais constate que « les radiologues protestent ».
Jacques Niney, président de la Fédération nationale des médecins radiologues, déclare ainsi : « Nous avions proposé que le deuxième acte soit moins bien rémunéré lorsque l'appareil utilisé est le même, mais cette mesure va beaucoup plus loin. Lorsque deux appareils différents sont utilisés, les frais sont plus élevés ».
Le journal indique que selon le président de la FNMR, « ces nouveaux tarifs risquent de faire disparaître «250 à 300» petites structures, soit la moitié des cabinets de proximité, qui n'ont pas de scanner ou d'IRM pour compenser le manque à gagner sur les radios ».
Le quotidien ajoute que « l'assurance-maladie souligne de son côté que la baisse de tarifs ne représente que 4,3% des honoraires de la profession, et que ceux-ci progressent rapidement. Elle pointe aussi les revenus élevés des radiologues libéraux ».

« Hôpital : risque de fracture ouverte »
Libération, Le Monde, L’Humanité

Libération revient sur la « mobilisation des médecins [qui] monte en intensité contre la loi Bachelot ».
Le journal remarque ainsi qu’« après quelques semaines d’hésitation et de confusion, la contestation des médecins hospitaliers est bel et bien lancée », et estime que « la fracture [entre ces derniers et le gouvernement] est importante ».
Le quotidien publie un « nouvel appel de grands noms de la médecine », qui « s’élèvent contre un projet qui transforme l’hôpital en entreprise ».
Libération livre en outre les propos de directeurs d’hôpitaux, qui « se sentent mis en accusation » et « défendent la loi ».
L’Humanité aborde également cette « fronde inédite de l’hôpital », retenant que « la protestation enfle. Elle gagne la province et toutes les catégories professionnelles ».
Le Monde estime pour sa part que « le syndrome des universités gagne l’hôpital ».

« Au chevet des oubliés de la Sécu »
Le Monde

Le Monde publie sur une page le témoignage de deux médecins, Marie Chevillard et Mady Denantes, généralistes à Paris.
Le journal livre ainsi ces « Histoires de consultations », qui « en disent long sur les difficultés d'accès aux soins que rencontrent un nombre croissant de patients en France. Malades chroniques qui renoncent à des examens complémentaires, patients qui ne peuvent payer leurs consultations […] ».
Le quotidien relève notamment qu’« environ un tiers des patients des Drs Chevillard et Denantes ont des problèmes d'accès aux soins. Bien que ce ne soit plus officiellement permis pour les généralistes, les deux médecins appliquent souvent le tiers payant à ces patients ».
Mady Denantes ajoute : « Nous faisons aussi des consultations gratuites. […] On perd notre système solidaire, on casse peu à peu cet extraordinaire outil qu'est la Sécu ».

Ces médecins qui « travaillent avec un sentiment d’insécurité »
La Croix

Pierre Bienvault observe en effet dans La Croix qu’« en 2008, le conseil de l’Ordre a recueilli 535 déclarations d’incidents plus ou moins graves contre des médecins qui vivent mal d’être pris pour cibles dans leur mission de soignant ».
« Un chiffre relativement stable : 638 incidents avaient été déclarés en 2003, 439 en 2004, 639 en 2005, 518 en 2006, 837 en 2007 »,
remarque le journaliste.
Pierre Bienvault précise que « l’an passé, près de la moitié (48 %) des incidents rapportés concernait des agressions verbales. Dans un quart des cas, il s’agissait de vol ou de tentative de vol et une fois sur dix d’agressions physiques. Les causes de ces incidents sont diverses : un temps d’attente jugé excessif par le patient (9% des cas), un refus de prescription (8%), un reproche relatif à un traitement (6%), une décision médicale contestée (3%)… ».
Le journaliste cite notamment le Dr Gérard Aoustin, vice-président du conseil de l’Ordre en Seine-Saint-Denis, qui note que « parfois, il ne faut pas grand-chose pour que cela dégénère. Il suffit que le médecin refuse un arrêt de travail ou de délivrer tel ou tel médicament pour qu’il se fasse insulter ou qu’on mette son bureau en l’air ».
Pierre Bienvault relève en outre que selon le Dr Martial Olivier-Koehret, président de MG-France, « les chiffres de l’Ordre ne reflètent qu’une partie de la réalité ».
« Beaucoup ne portent pas plainte estimant que cela ne sert à rien »,
remarque le praticien.
Le journaliste souligne que « pour ces médecins, le plus difficile à vivre est surtout ce sentiment de perte de respect vis-à-vis de leur fonction de soignant. Cette incompréhension, également exprimée par les sapeurs-pompiers, qu’on puisse s’en prendre à un professionnel dont la mission est d’aider et de soulager ».
Pierre Bienvault retient que « face à ce problème, beaucoup estiment que l’avenir est à un exercice regroupé ».

« Réforme de l'hôpital : l'exécutif tente de calmer la révolte »
Les Echos, La Tribune, L’Humanité

Les Echos indique que « le président de la République a reçu mercredi soir une vingtaine de médecins hospitaliers ».
Le journal note ainsi que Nicolas Sarkozy « a réaffirmé son credo : il faut un seul patron à l'hôpital, le directeur. […] Mais il a aussi tendu la main aux médecins, et affirmé que le texte serait amendé lors de son passage au Sénat en mai ».
Les Echos remarque que « l'objectif est de rassurer le corps médical, qui craint de ne plus avoir son mot à dire sur le projet médical de l'établissement ou sur la nomination des chefs de pôle ».
Le journal ajoute que « Roselyne Bachelot a elle aussi cherché à calmer le jeu », la ministre ayant déclaré jeudi : « Bien sûr, le texte est perfectible, bien sûr nous allons encore l'améliorer au Sénat. Nous clarifierons les choses pour garantir que le projet d'un établissement hospitalier est bien un projet médical ».
Les Echos relève toutefois qu’« il n'est pas certain que cela suffise à contenter les médecins en colère », indiquant que « la manifestation du 28 avril est maintenue ».
Bernard Granger, professeur de psychiatrie à Cochin et membre du bureau du Mouvement de défense de l'hôpital public, estime ainsi que « cette réunion à l'Elysée, avec des médecins qui ne sont pas représentatifs, est une manoeuvre pour essayer de désamorcer la mobilisation. […] Ce système de gouvernance autoritaire ne peut pas marcher, il provoquera un climat de révolte permanente du corps médical ».
La Tribune retient également que « l’Elysée tend la main aux médecins ».
Le journal note que « le chef de l’Etat a proposé une mission de concertation pilotée par l’Elysée, afin de trouver dans les 10 prochains jours des formulations consensuelles sur l’implication de la communauté médicale dans le processus de décision à l’hôpital ».
L’Humanité parle pour sa part d’« opération séduction », relevant que Roselyne Bachelot « tente d’enrayer la contestation contre le projet de loi ».

« Réforme des hôpitaux : les médecins se mobilisent »
Le Figaro économie, La Tribune, Le Journal du Dimanche

Le Figaro économie rappelle que « la communauté hospitalière tout entière appelle à manifester mardi, et à faire grève contre la loi Hôpital, patients, santé et territoires de Roselyne Bachelot. Ils lui reprochent de mettre les hôpitaux en concurrence et d'ouvrir la porte à une médecine «mercantile» ».
Le journal parle de « front uni contre la loi », mais note que « les médecins ne lui adressent pas les mêmes griefs, qu'ils soient libéraux ou hospitaliers. À l'hôpital, les praticiens craignent avant tout une perte du pouvoir médical au bénéfice des directeurs. […] Du côté des médecins libéraux, la grogne se cristallise sur la liberté d'installation ».
La Tribune remarque également que les personnels des hôpitaux seront « demain dans la rue », précisant que les manifestations « rassembleront des mouvements hétéroclites ».
Le quotidien relaie en outre les « propositions de la commission Marescaux sur les CHU ».
Le journal indique qu’en matière de gouvernance, la commission « devrait proposer une médicalisation accrue, avec la mise en place de directoires très resserrés, par exemple de 4 personnes, comprenant le président de la CME, le doyen de l’université et un représentant de la recherche nommé par l’université autour du directeur de l’hôpital qui sera également le président du directoire ».
Le Journal du Dimanche titre pour sa part un article : « Quand la CGT enseigne la manif aux mandarins ».
Le journal constate ainsi que « des professeurs vont défiler contre la loi Bachelot. Main dans la main avec les syndicats ! ».

« La fièvre de la contestation se propage à l’hôpital »
Libération, Le Figaro économie , La Croix, Le Monde, L’Humanité, La Tribune, Les Echos

C’est ce que constate La Croix, qui « fait le point sur les attentes et les inquiétudes autour de la loi Bachelot », alors qu’« une manifestation pour la défense de l’hôpital public est prévue aujourd’hui ».
Le journal cite notamment le Pr Israël Nisand, responsable du pôle de gynécologie-obstétrique du CHU de Strasbourg, qui déclare qu’« on risque d’avoir quelques directeurs qui, pour être bien notés, vont faire des dégâts. Il faut laisser un vrai contre-pouvoir aux médecins qui sont les meilleurs avocats des patients ».
De son côté, Gérard Vincent, délégué général de la FHF, indique qu’« il arrive, parfois, que la vie d’un hôpital soit empoisonnée par des blocages. Le président de la CME est élu par ses pairs, il a donc des comptes à leur rendre. Et dans certains cas, cela l’empêche de trancher dans un sens ou l’autre. Il faut qu’à un moment, le directeur puisse décider dans l’intérêt général ».
La Croix retient ainsi que « médecins, personnels hospitaliers et pouvoirs publics n’ont pas la même analyse sur la nécessité de réformer l’hôpital », puis observe qu’« attaqués par certains médecins, les chefs d’établissement se défendent en affirmant qu’il faut une «éthique du service public» pour diriger un hôpital ».
Le journal livre les propos de Philippe Vigouroux, directeur du CHU de Nancy, qui note qu’« un hôpital, c’est d’abord un lieu de soins, mais aussi une collectivité qui n’échappe pas à des règles de bonne gestion. Le but n’est pas de faire des bénéfices. Avoir des comptes équilibrés, c’est surtout un moyen d’être capable d’acheter des scanners, des robots, des échographes, tout ce qui va permettre de mieux soigner ».
Philippe El Saïr, directeur de l’hôpital de Villefranche-sur-Saône, remarque quant à lui que « dans leur très grande majorité, les médecins agissent pour le bien de tous. Mais il arrive, parfois, que certains s’y refusent au nom d’intérêts particuliers ».
Les Echos titre en Une sur le « front du refus des médecins », et relève que Roselyne Bachelot « est prête à accepter des aménagements au texte lors de son passage au Sénat. Mais elle reste ferme sur un point clef : le représentant du corps médical ne pourra pas bloquer les décisions prises par le directeur sur le projet de l'établissement ou les nominations ».
Le journal retient ainsi que « le gouvernement ne cède pas face à la mobilisation des médecins ».
Le Figaro économie remarque que « Roselyne Bachelot relativise la grogne » et « souligne qu’une infime partie du monde hospitalier est mobilisée », tandis que La Tribune note que « les mandarins défient Sarkozy ».
De son côté, L’Humanité relève sur sa Une que « la marchandisation ne passe pas », et souligne que « pour la première fois, la communauté hospitalière se mobilise dans son ensemble ».

Ces médecins « au chevet des quartiers populaires »
L’Humanité

L’Humanité brosse le portrait de médecins qui « choisissent de s’établir dans des quartiers populaires pour soigner ceux qui, souvent, en ont le plus besoin ».
Le journal publie ainsi un reportage réalisé dans une cité d’Angers, en Maine-et-Loire, observant que « la relation de confiance, c’est lorsqu’un patient dévoile à son médecin sa situation de sans-papiers. Ce sont aussi les visites à domicile qui permettent de voir le milieu de vie. Bref, un observatoire complet d’une société de plus en plus précaire ».
L’Humanité livre en outre un entretien avec Pierre Chauvin, directeur d’équipe de recherche à l’Inserm-Paris VI, qui observe qu’« il existe de fortes inégalités sociales, à symptômes identiques, sur le décryptage d’un symptôme, puis l’orientation dans le système de soins, parfois complexe ».

Hôpital : la majorité contrainte à amender le projet de loi »
Libération, Le Figaro, Le Parisien, La Croix, Le Monde, L’Humanité, La Tribune, Les Echos

Les Echos relève que « la mobilisation des médecins de l'hôpital public contre la loi Bachelot a été très forte hier à Paris. Plus de la moitié des praticiens des Hôpitaux de Paris ont fait grève, […] ce qui ne s'était jamais vu ».
« La mobilisation était beaucoup plus faible en province - moins de 13% de médecins grévistes au niveau national - ainsi que parmi les autres catégories de personnel de l'hôpital »,
ajoute le journal.
Les Echos note que « contraint à réagir, le Premier ministre, François Fillon, a convoqué hier les sénateurs de la majorité, qui examinent le texte en commission à partir d'aujourd'hui. Des amendements seront proposés pour renforcer le rôle des médecins dans la gouvernance de l'hôpital ».
Le quotidien indique que cette « réunion de crise » a pour objectif de « calmer la colère des blouses blanches », mais remarque que « les sénateurs vont «confirmer le rôle prépondérant du directeur de l'hôpital», ce qui risque de ne pas satisfaire de nombreux médecins ».
Les Echos précise que les sénateurs « se préparent à «renforcer le rôle du directoire», un organe qui sera composé majoritairement de médecins. […] Le Sénat veut aussi donner «plus de responsabilités au président de la CME». Les chefs de pôles seraient toujours nommés par le directeur, mais sur une liste proposée par le président de la CME ».
Le Figaro constate également que « le gouvernement et la majorité sénatoriale ont trouvé des «terrains d’entente» sur la loi Bachelot. François Fillon a fait un geste pour tenter de désamorcer la grogne des médecins ».
Le journal retient ainsi que « la droite fait un geste envers les médecins », et remarque : « Forts de leur image positive auprès des Français, les médecins qui votent en majorité à droite font preuve d'une grande pugnacité lorsque les intérêts du corps médical leur semblent en cause ».
« Les autres professions libérales ne disposent guère d'une influence comparable auprès des pouvoirs publics »,
poursuit Le Figaro.
Libération remarque pour sa part que « l’hôpital fait bloc contre la loi Bachelot. […] Les blouses blanches n’en reviennent pas de leur audace ».
L’Humanité parle de « mobilisation exemplaire », tandis que Le Parisien note que « le milieu hospitalier dans son ensemble – du mandarin aux infirmières – a manifesté son opposition au projet de loi ».

« Les médecins invités à prescrire plus de génériques »
Les Echos, La Croix

Les Echos indique ainsi que selon des chiffres dévoilés hier par la CNAM, « en janvier, les pharmaciens ont délivré une copie bon marché à la place du produit de marque dans 82,5% des cas lorsque c'est possible ».
« Il y a 3 ans, ce taux de substitution était encore inférieur à 50% »,
rappelle le journal.
Les Echos note que « la Sécurité sociale a économisé quelque 905 millions d'euros l'an dernier grâce aux génériques, soit environ 5% des dépenses de médicaments. Une belle progression donc, mais qui atteint désormais un plafond ».
Le quotidien observe en effet que « pour 2009, l'assurance-maladie ne vise qu'un «maintien» du taux de substitution. L'effort portera sur certaines zones en dessous de la moyenne, comme l'Ile-de-France ».
Après le dispositif « tiers payant contre génériques », Les Echos relève que « l'assurance-maladie adopte maintenant un deuxième angle d'attaque, en s'appuyant sur les médecins ».
Le journal cite Pascal Brière, du Gemme, l'association des laboratoires de génériques, qui a déclaré qu’en France, « les prescriptions de médicaments pour lesquels il existe un générique ne représentent que 28% de l'ensemble des prescriptions. Non seulement cette proportion est faible par rapport à d'autres pays d'Europe, mais elle recule légèrement ».
Les Echos note que « pour inverser la tendance, la CNAM attribuera désormais une prime aux médecins qui accepteront de prescrire une proportion élevée de médicaments pour lesquels un générique existe ».
Le quotidien précise que ce système « concerne les produits massivement prescrits comme les antidépresseurs, les anti-ulcéreux ou les anticholestérols ».

« Le gouvernement renonce à aligner les tarifs des hôpitaux et des cliniques »
Les Echos, Le Figaro économie, Le Monde

Les Echos aborde un « nouveau geste de l'exécutif en faveur de l'hôpital ».
Le quotidien indique en effet que « le gouvernement a décidé de reporter de plusieurs années le processus d'harmonisation des tarifs facturés à la Sécurité sociale par les cliniques privées et les établissements publics ».
« Initialement prévu en 2012, le rapprochement est reporté à... 2018. Roselyne Bachelot l'a annoncé hier dans une lettre à Claude Evin, président de la FHF »,
note Les Echos.
Le journal remarque que « même si le projet de loi [Bachelot] ne traite absolument pas de cette question, la FHF a clairement profité de la grogne ambiante pour arracher cette victoire ».
Les Echos constate cependant que les cliniques parlent de « trahison », Philippe Burnel, délégué général de la FHP, déclarant : « Nous faisons les frais d'un amalgame entre les problèmes de gouvernance à l'hôpital et la question des tarifs ».
Le quotidien revient sur le « principe de convergence », qui « devait permettre de faire tomber les tarifs pratiqués par l'hôpital public au niveau de ceux des cliniques privées ».
« Mais le processus de convergence n'a jamais vraiment démarré. Faute d'études fiables, la polémique fait toujours rage sur la réalité des écarts de coûts entre hôpitaux et cliniques »,
observe le journal.
Le Figaro économie constate également que « la ministre de la Santé s’est engagée à repousser de 2012 à 2018 l’alignement des sommes versées par l’assurance-maladie aux hôpitaux et cliniques, pour des actes identiques ».
Le quotidien relève que « ce délai doit permettre un rythme «soutenable» de convergence et des «études robustes» pour chiffrer le coût des missions propres au public, dont les tarifs sont actuellement plus élevés que ceux du privé ».

« Vive les infirmières ! »
Le Monde

Sandrine Blanchard estime dans Le Monde qu’« il y a vraiment quelque chose qui cloche dans notre système libéral de santé. Dès qu'un gouvernement tente de mieux organiser l'accès aux soins, il est accusé d'être un ennemi de la liberté. Comprenez liberté d'installation et liberté de pratiquer des dépassements d'honoraires ».
La journaliste rappelle que « tandis que les médecins libéraux bataillent, avec succès, pour que l'on ne touche pas à ces "deux piliers", les infirmières libérales sont, depuis ce week-end, les premiers professionnels de santé à ne plus pouvoir s'installer librement ».
Sandrine Blanchard note ainsi que les infirmières « ont accepté, en contrepartie de revalorisations tarifaires légitimes au regard de leurs honoraires (qui ne subissent jamais de "dépassements"), de corriger leur mauvaise répartition sur le territoire. […] L'information n'a pas fait la "une" des journaux ».
« Elles ne pourront s'installer dans les zones "surdotées" qu'à condition de compenser le départ d'une de leurs collègues et, à l'inverse, bénéficieront d'aide pour aller dans les zones "sous-dotées". Cela paraît simple et de bon sens, mais apparemment impossible à réaliser pour les médecins libéraux »,
remarque la journaliste.
Sandrine Blanchard observe en outre qu’en matière de dépassements d’honoraires des médecins, « dont la hausse continue est montrée du doigt dans des rapports de la Cour des comptes et de l'Inspection générale des affaires sociales, il n'est plus question d'y toucher ».
« Pendant ce temps, ce sont les patients qui trinquent »,
estime la journaliste, ajoutant que « tant que le système ne sera pas régulé en termes de tarifs et de répartition géographique des professionnels, le coût de la santé augmentera et les inégalités territoriales d'accès aux soins continueront à s'aggraver ».

mardi 9 décembre 2008

Les brèves du 9 décembre

Brèves de Mediscoop, par le Dr Marie-Elisabeth Sanselme-Cardenas
La presse médicale au scanner

ÉTHIQUE

SÉCURITÉ SOCIALE,

BIOÉTHIQUE, fin de vie, IVG, lois de bioéthique, embryon et PMA,

RECHERCHE,

FLICAGE ou LUTTE CONTRE L'ATTEINTE à LA POSSIBILITÉ des JEUNES à SE CONSTRUIRE sans les effets du LIBÉRALISME ÉCONOMIQUE OUTRANCIER ? FLOU des LIMITES, médicaments, tabac, alcool, obésité, etc.

SÉCURITÉ SOCIALE

Un bouclier sanitaire proportionnel aux revenus c'est remettre en cause le pacte fondateur de la sécurité sociale!

Remettre en cause le 100 % dans les maladies à longue durée, c'est rejeter le but même de la sécurité sociale qui est quand même et surtout faite pour les vrais malades! Faut-il revenir à Zola ? Adapter sans cesse les soins aux progrès en fonction de ce qui est bon pour chaque malade de façon singulière doit-être la seule variante de ce qui est institué.

Il s'agit d'une véritable corruption légalisée quand on lit "négociations entre l'assurance-maladie et les médecins" qui devraient être des problèmes sociaux et syndicaux comme elles le sont dans les autres branches du monde du travail et ne devraient en rien dépendre de contreparties de la pratique médicale! Peut-on considérer qu' "atteindre des objectifs destinés à maîtriser les prescriptions" soit synonyme de " améliorer la prévention " et " les pratiques individuelles "?

Peut-on considérer que la conscience professionnelle (mais a-t-elle encore droit de cité?) peut encore s'exercer quand les buts affichés sont " 220 millions d'euros d'économies sur les médicaments, dont 62 millions sur les statines contre le cholestérol et 33 millions sur les antibiotiques" et " économiser 60 millions sur les dépenses liées aux ALD et près de 70 millions sur les indemnités journalières » avec à la clé une récompense pour services rendus : "les médecins bénéficieront bientôt d’une prime aux résultats".

Pour atteindre les buts on n'hésite pas à mettre en avant en les faisant passer pour positifs :"les objectifs en matière de prescription et de prévention » : « prescription de génériques, vaccinations contre la grippe, dépistage du cancer du sein, etc. » alors même qu'on a vu ce qu'il faut penser des génériques et au sujet desquels nous rapportons encore une brève dans cette série.

« Maladies graves : le cri d'alarme du Parlement » Les Echos, Le Figaro économie
Les Echos font savoir que « les parlementaires de la MECSS (Mission d'évaluation et de contrôle des lois de financement de la Sécurité sociale) ont publié hier un rapport proposant de réformer le régime des affections de longue durée ».
« Près de 10 millions de personnes en bénéficient, soit 15 % des assurés, qui consomment près des deux tiers des dépenses de santé. […] Ces affections vont représenter 89 % de la croissance des dépenses d'assurance-maladie au cours des prochaines années »,
remarque le journal.
Le quotidien cite ainsi le député Jean-Pierre Door, qui déclare : « On va dans le mur ».
Les Echos notent que « pour les réformes à mettre en oeuvre, la MECSS est plus prudente ».
Le journal relève que les parlementaires « demandent d'abord à ce qu'on réserve bien le régime aux maladies coûteuses. […] Autre piste de réforme : réserver la prise en charge à 100 % aux seuls produits et soins en rapport direct avec l'affection ».
Jean-Pierre Door remarque ainsi : « Lorsqu'une patiente est prise en charge à 100 % pour un cancer du sein, il faudrait qu'elle sorte du régime des ALD lorsqu'elle en guérit et qu'elle ne subit plus de traitements coûteux ».
Les Echos observent que « les économies à attendre de ces réformes seraient mineures. C'est pourquoi la préférence de Jean-Pierre Door irait à la suppression du régime des ALD et à la mise en place d'un «bouclier sanitaire» pour tous les assurés ».
Le quotidien note toutefois que « les parlementaires sont conscients que la mise en place du bouclier sanitaire, qui impliquerait une profonde remise en question du fonctionnement actuel de la Sécurité sociale, «n'est pas d'actualité» ».
Le Figaro économie constate aussi que « l’idée du «bouclier sanitaire» [est] relancée ».
Le journal remarque que ce système « pourrait présenter bien des avantages. D’abord remédier à de réelles injustices. […] Ensuite simplifier le maquis des tickets modérateurs, participations forfaitaires, franchises, et leurs multiples exonérations. […] Enfin ralentir la hausse des dépenses d’assurance-maladie, largement due aux ALD ».
Le quotidien note que « toutefois, le bouclier sanitaire ne résoudrait pas la question des dépassements d’honoraires, ni celle du mauvais remboursement de l’optique ou du secteur dentaire ».
Le Figaro économie ajoute qu’« un bouclier proportionnel au revenu remettrait en cause le «pacte fondateur» de la Sécu ».

« Une prime de 5 à 7 euros par patient pour les médecins vertueux » Les Echos, La Tribune, Le Figaro économie, Le Parisien
Les Echos indiquent que « l'assurance-maladie proposera l'an prochain aux généralistes de toucher une prime de 5 à 7 € par patient, dont ils sont le médecin traitant, s'ils atteignent des objectifs destinés à maîtriser les prescriptions et à améliorer la prévention ».
Le journal ajoute que « la prime annuelle pour les médecins qui signeront ce contrat d'amélioration des pratiques individuelles pourrait atteindre en moyenne 5.000 € », puis note que « l'assurance-maladie se serait fixé comme objectif de signer environ 5.000 contrats en 2009 ».
Le quotidien explique que « ces annonces ont été faites hier, lors des négociations entre l'assurance-maladie et les médecins ».
Les Echos relèvent en outre que « le directeur de la Cnam, Frédéric Van Roekeghem, a aussi précisé aux syndicats de médecins les objectifs de «maîtrise médicalisée des dépenses» pour 2009 ».
« L'assurance-maladie souhaite notamment 220 millions d'euros d'économies sur les médicaments, dont 62 millions sur les statines contre le cholestérol et 33 millions sur les antibiotiques »,
remarque le journal.
Le quotidien note enfin que l’assurance-maladie « souhaite également économiser 60 millions sur les dépenses liées aux ALD et près de 70 millions sur les indemnités journalières ».
La Tribune observe également que « les médecins bénéficieront bientôt d’une prime aux résultats ».
Le journal aborde certains de ces « objectifs en matière de prescription et de prévention » : « prescription de génériques, vaccinations contre la grippe, dépistage du cancer du sein, etc. ».
Le Figaro économie parle pour sa part de « négociations au ralenti » entre médecins libéraux et assurance-maladie.
Le quotidien indique qu’« une nouvelle séance aura lieu le 10 décembre – et sans doute d’autres en janvier ».

BIOÉTHIQUE : FIN DE VIE, IVG, LOIS DE BIOETHIQUE, EMBRYON ET PMA

FIN de VIE

La médecine a pour but de conduire le malade à la guérison ou à la fin de sa vie dans les meilleures conditions possibles. Ni l’un ni l’autre ne s’improvisent, cela s’apprend, cela demande des moyens et une volonté de trouver l’être humain digne quand il est malade autant que quand il est bien-portant. La souffrance physique doit être soulagée quelle que soit la prise de risque. Chaque personne de l’équipe soignante doit apprendre à reconnaître et à soulager la souffrance morale ou à proposer au patient de faire appel à ceux dont c’est la profession. L’accompagnement jusqu’à la fin de vie fait partie des soins et du traitement qui ne sont plus curatifs mais palliatifs. Il ne faut jamais oublier que le patient peut avoir décidé, bien-portant, de l’euthanasie pour lui-même et que malade, il peut vouloir aller jusqu’au bout du traitement y compris dans un but curatif car avoir ou pas de l’espoir ce n’est pas quelque chose qui se décide. Nul malade n’est jamais sûr de ce qu’il pensera ou voudra le moment venu, nul médecin ne sait de manière infaillible si la maladie sera vaincue par le malade ou pas, ni quand elle le sera. Les médecins des soins palliatifs sont assez humains pour prendre consciencieusement un risque de mort devant une souffrance intolérable afin de la calmer ou de mettre le patient en état d’inconscience. Accompagner les malades vers la mort et jusqu’à la mort c’est de la médecine, les aider à se suicider ce n’est pas, à notre sens de la médecine. Dans un service, une décision sur la vie ou la mort d’un malade n’appartient pas à une seule personne et doit être collégiale en informant les proches de la manière la plus claire possible. Pour les proches de ceux qui demandent le suicide, souffrance terrible qu’ils leur infligent, la loi nous paraît juste en ne considérant pas qu’il s’agisse d’un délit.

Au plan philosophique, ce à quoi la mission Léonetti a abouti paraît juste :

« Elle a abouti à la conclusion que le suicide était un «droit-liberté» et non un « droit-créance». Autrement dit, ce n’est pas à la société de l’organiser », observe La Croix.

Par ailleurs l’acharnement thérapeutique est inacceptable pour le malade, pour sa famille, pour ceux qui pratiquent les soins au quotidien et pour la société.

L’enseignement de l’éthique mais surtout la réflexion sur la vie avec le recul que donne la philosophie et le détachement que permet la généralisation d’un problème par rapport à l’attachement qu’entraîne une relation aussi privilégiée que celle d’un patient et d’un médecin, nous paraissent devoir être développés.

« Soins palliatifs, des médecins s’engagent » La Croix
C’est ce qu’annonce La Croix sur sa Une, indiquant que « des personnalités du monde médical publient un appel en faveur d’une formation universitaire à l’accompagnement en fin de vie ».
Le journal publie ainsi « l’appel de 6 médecins reconnus, tous convaincus de l’urgence qu’il y a à développer en France l’offre de soins palliatifs » : Régis Aubry (CHU de Besançon); Louis Puybasset (Pitié-Salpêtrière); Sadek Beloucif (Avicenne); François Goldwasser (Cochin); Robert Zittoun; Didier Sicard.
Les praticiens écrivent que « demain, tout acteur de santé va devoir intégrer les soins palliatifs dans sa pratique professionnelle », et indiquent que « pour qu’un tel changement s’opère sur le terrain, il est absolument nécessaire d’actionner le levier de la formation et de la recherche et de créer de véritables chaires de médecine palliative, comme il en existe dans les pays anglo-saxons ».
« Une formation universitaire devra permettre aux médecins et soignants d’acquérir de nouvelles compétences. Outre le contrôle des symptômes et la lutte contre la douleur en phase palliative, les enseignants devront aborder la relation et la communication avec la personne malade et son entourage »,
poursuivent les médecins, qui ajoutent qu’« il faut mettre en route le cercle vertueux : recherche clinique – mise en place des structures universitaires –, modification des pratiques cliniques ».
La Croix publie en outre un entretien avec le député Jean Leonetti, président de la mission parlementaire sur la fin de vie, qui déclare : « Vouloir contrôler la vie et la mort est une erreur ».
Jean Leonetti remarque que « la liberté, c’est celle de pouvoir changer d’avis, alors que l’euthanasie, elle, est irréversible », puis note que « la légalisation de l’euthanasie est inutile. Toutefois, dans un souci de pédagogie, […] on pourrait proposer une modification du code de déontologie médicale, afin de bien préciser ce qu’est un traitement d’accompagnement, comme la sédation. L’arrêt de traitements n’est en aucun cas l’arrêt de soins ».
Le député estime que « le «prendre soin» est la véritable attitude de modernité. […] En légalisant l’euthanasie, on se place sur le terrain de la certitude, de l’individu, de la rupture ; avec les soins palliatifs, on est sur celui du doute, du collectif, du lien. La société ne peut porter ces deux conceptions fondamentales en même temps en son sein ».
La Croix remarque par ailleurs que « l’Association pour le droit de mourir dans la dignité cherche à mobiliser ».
Le journal note que « le 17ème congrès mondial de l’association s’ouvre aujourd’hui à Paris. […] Se faire connaître du grand public, tel est le souhait affiché par l’ADMD ».

« Rachida Dati s’oppose à une dépénalisation de l’euthanasie » La Croix, Libération
C’est ce que remarque La Croix, qui retient qu’« auditionnée hier par la mission Leonetti, la garde des Sceaux a promis une circulaire pour «sensibiliser les magistrats» aux enjeux de la loi sur la fin de vie ».
Le journal relève que « la ministre de la Justice a appelé le législateur à s’en tenir à la loi de 2005, un texte «excellent» qui «se caractérise par une grande humanité» ».
Le quotidien note par ailleurs que « la dépénalisation de l’euthanasie en France ferait, selon la garde des Sceaux, courir le risque de graves «dérives». […] Cependant, le texte est encore mal connu, même au sein du monde judiciaire, a-t-elle reconnu ».
La Croix remarque que « pour remédier à cette méconnaissance, Rachida Dati propose de «renforcer l’information et la formation des magistrats» ».
Le journal ajoute qu’« en ce qui concerne le champ médical, où la loi est également mal connue, la garde des Sceaux a suggéré plusieurs pistes », telles qu’« adapter le code de déontologie médicale pour renforcer l’information des patients mais aussi des familles et des proches ».
Libération retient de son côté que « lors des auditions, [l’ex-garde des Sceaux Robert Badinter] a insisté sur un point du droit français », déclarant qu’« on ne saurait poursuivre pour complicité au suicide ».
Le journal cite ainsi Robert Badinter, qui a déclaré : « Chacun est libre de disposer de son corps et de sa vie. Le suicide, depuis la Révolution française, n’est ni un crime ni un délit. […] Il y a, certes, dans le droit pénal, un délit, instauré en 1988, celui de la provocation au suicide. Qu’est-ce que cela veut dire ? La provocation au suicide, je la comprends mal, sauf pour les mineurs ou les personnes fragiles, ou les malades mentaux ».
Et d’ajouter : « Est-ce que l’existence d’un service médical qui permettrait d’aider les gens à se suicider serait une provocation, et donc susceptible de poursuites ? Je ne sais, j’ai peur que cela soit quand même une incitation ».
Libération remarque que « le droit pénal français reste, pour autant, clair : l’aide au suicide, fût-elle médicale, n’est pas un délit », puis note également que la garde des Sceaux est « satisfaite de la loi Leonetti ».

« Vers un second souffle pour la loi Léonetti » Libération
Eric Favereau revient dans Libération sur les débats qui ont eu lieu au sein de la mission d’évaluation sur la fin de vie.
Le journaliste note que « toutes les auditions ont été menées, et il reste juste un déplacement en Suisse pour voir comment le suicide assisté, qu’autorise la loi helvétique, est mis en pratique. Début décembre, la mission doit rendre son rapport ».
Eric Favereau indique que « contrairement à ce que certains croyaient, la mission ne va pas proposer une nouvelle loi, ni même une adaptation législative. La quasi-totalité des personnes interrogées ont fait part de leur scepticisme devant tout changement législatif, alors que la loi actuelle est récente, reste mal connue, et parfois mal appliquée ».
Le journaliste retient ainsi que la mission « souhaite clarifier la loi, sans la changer », notamment en « proposant la création d’un observatoire sur la fin de vie ».
Eric Favereau ajoute que « quand le patient n’est plus en état de décider, la mission estime que le médecin devrait donner plus d’informations à ses proches », ou encore cite le député Jean Leonetti, qui déclare : « Mon idée est de rendre les directives anticipées [d’un patient] plus applicables ».

La mission « fin de vie » en visite au Royaume-Uni, « pays des soins palliatifs » La Croix
La Croix remarque en effet, sur près d’une page, que « les députés français, chargés d'évaluer la loi de 2005 sur la fin de vie, se sont rendus au Royaume-Uni, où l'euthanasie est proscrite et les soins palliatifs développés ».
Le journal explique que les députés « ont voulu aller voir de plus près de quelle manière l’Angleterre, qui en a fait une de ses priorités de santé publique, organise, finance et développe son système de soins palliatifs ».
Le quotidien relève qu’« alors qu’environ 500.000 personnes meurent chaque année en Angleterre et au pays de Galles, ce nombre devrait s’accroître pour atteindre les 590.000 personnes par an en 2030. Or, contrairement à ce que souhaite la majorité des citoyens anglais (entre 56% et 74%, selon les études citées par le ministère), désireux de mourir chez eux, 58% des décès ont lieu à l’hôpital ».
La Croix note en outre que « l'accès aux soins palliatifs est très inégal sur le territoire britannique », et explique que le gouvernement « s’est fixé 3 objectifs : permettre à ceux qui le souhaitent de mourir à domicile dans de bonnes conditions, mieux respecter les croyances personnelles et garantir, partout dans le pays, l’accès à un accompagnement de qualité ».
Le journal relève que les députés, « convaincus, qu’il n’est pas opportun de légaliser l’euthanasie en France, […] savent que le développement des soins palliatifs est crucial et qu’il faut des moyens ».

« La mission Leonetti écarte toute légalisation de l’euthanasie » La Croix
La Croix rappelle que « les parlementaires de la mission Leonetti remettent mardi 2 décembre au premier ministre leur rapport sur la fin de vie ».
Le journal indique notamment que « le rapport écarte toute légalisation de l’aide active à mourir ou même «d’exception d’euthanasie». [Pour le député Jean Leonetti,] une telle voie serait inutile puisque, en phase terminale d’une maladie grave et incurable, lorsque survient une demande de mort, «la loi du 22 avril 2005 répond à quasiment toutes les situations» ».
Le quotidien ajoute que « la mission s’est aussi interrogée sur le suicide assisté réclamé par des malades qui, […] sont atteints d’une maladie grave et incurable sans que la mort soit imminente ».
« Elle a abouti à la conclusion que le suicide était un «droit-liberté» et non un « droit-créance». Autrement dit, ce n’est pas à la société de l’organiser »,
observe La Croix.
Le journal constate en outre que « les travaux de la mission ont fait apparaître une profonde méconnaissance de la loi actuelle », et fait savoir que « le rapport devrait proposer de modifier le code de déontologie médicale. La mission souhaite que les conditions d’accompagnement soient clarifiées, en particulier l’usage de la sédation en phase terminale ».
Le quotidien ajoute qu’« afin de diffuser la culture palliative en France, la mission estime qu’il faut améliorer la formation des médecins en la matière. Le rapport devrait ainsi proposer de développer l’enseignement de l’éthique durant les études médicales ».
La Croix relève par ailleurs que « pour désamorcer les situations difficiles, la mission parlementaire pourrait suggérer de nommer dans chaque région un référent issu des soins palliatifs qui pourrait être saisi par la famille, le malade lui-même, voire le médecin ».
« Celui-ci, à la fois expert et médiateur, serait chargé de renouer le dialogue ou de proposer des solutions concrètes de prise en charge, après avoir dressé un tableau objectif de la situation »,
explique le journal.

Jean Leonetti : « Il est inutile et dangereux d'introduire dans la loi l'exception d'euthanasie » Le Figaro, Le Parisien, Libération, La Croix
Le Figaro revient sur le rapport de la mission Leonetti sur la fin de vie, remis aujourd’hui au premier ministre, et publie un entretien avec le député Jean Leonetti.
Le médecin déclare ainsi : « Lorsque le malade est en fin de vie, le dispositif légal actuel […] résout l'immense majorité des problèmes rencontrés. Il m'a semblé dans ce cas inutile et juridiquement dangereux d'introduire dans la loi une exception d'euthanasie ».
Jean Leonetti ajoute que « lorsque la personne qui demande la mort n'est pas en fin de vie et réclame une assistance au suicide, nous avons constaté que la loi française n'interdit pas formellement cette démarche mais évite, en interdisant la manipulation des personnes vulnérables et la provocation au suicide, les dérives que la Suisse constate et tente en vain de juguler ».
Le député remarque que « l'observatoire de la fin de vie réclamé de manière unanime est indispensable. Les études sont rares et inquiétantes, […] où l'on mesure l'importance de la solitude et la rareté de prescriptions d'antalgiques chez les mourants. Nous avons besoin de données objectives, d'une évaluation, non seulement de la loi, mais de la manière dont la fin de vie se déroule en France ».
Jean Leonetti se penche enfin sur l’« acharnement thérapeutique » : « Tout concourt à cette attitude : le financement, la demande quelquefois des patients et des familles, la sécurité judiciaire, la valorisation morale de l'acte. Pourtant cette attitude est humainement inacceptable et coûteuse sur le plan financier ».
« En médecine, tout ce qui est possible n'est pas forcément souhaitable, et pas seulement en fin de vie. Cela nécessite que nous modifiions profondément notre façon de soigner et qu'en médecine la technique performante s'accompagne d'une dimension humaine équivalente »,
conclut le praticien.
Le Figaro observe sur la même page que « les associations en faveur de la légalisation ne désarment pas ».
Le Parisien note également que selon ce rapport parlementaire, « l’euthanasie n’a pas à être légalisée », tandis que La Croix rappelle « comment la France s’est dotée d’un modèle sur la fin de vie », avec la loi de 2005.
Libération consacre pour sa part près de 2 pages à ce nouveau rapport, et publie un entretien avec Jean Leonetti, qui « compare les législations de nos voisins » et déclare que « les critères flous ne sont pas respectés ».

« La loi sur la fin de vie demande de la pédagogie » La Croix, Le Monde, L’Humanité
La Croix revient sur 2 pages sur le rapport Leonetti qui « relance le débat sur le modèle français de la fin de vie ».
Le journal observe que « dans les sondages, les Français se disent majoritairement favorables à l’euthanasie, pratique écartée par le rapport Leonetti. Dans les faits, rares sont ceux qui défendent un droit à la mort ».
Le quotidien s’interroge : « Le débat public sur la fin de vie serait-il donc insuffisant en France ? ».
La Croix note qu’« à en croire les spécialistes, une chose est sûre : l’heure est maintenant à la pédagogie. Pour faire mieux connaître la loi, mais aussi aider la population à prendre la mesure des enjeux ».
Le journal indique par ailleurs que « les partisans de la légalisation de l’euthanasie ne désarment pas ».
Le quotidien relève que pour Jean-Luc Romero, président de l’Association pour le droit à mourir dans la dignité, la mission Leonetti sur la fin de vie « accouche d’une souris avortée».
La Croix observe en outre que « des élus veulent déposer un texte commun pour l’euthanasie », expliquant que les députés Henriette Martinez et Laurent Fabius « estiment que [la loi de 2005] laisse de nombreuses familles totalement impuissantes face à certaines situations de grandes souffrances ».
Le Monde publie pour sa part un reportage dans l’unité de soins palliatifs de l’hôpital Paul-Brousse, à Villejuif (Val-de-Marne), intitulé « Vivre, jusqu’à la mort ».

Cancer : « Faut-il dire la vérité à la famille d’un malade ? » La Croix

Pierre Bienvault note dans La Croix que « pour sa première saisine, le nouveau comité d’éthique de la Ligue contre le cancer s’est penché sur un cas concret : celui d’un patient en échec thérapeutique qui demande aux médecins de ne rien dire à son épouse désireuse pourtant de connaître la vérité ».
Le journaliste indique qu’un « premier débat a eu lieu [vendredi] autour de ce cas difficile », relevant que « deux positions ont émergé : l’une favorable à une information de l’épouse, l’autre à un respect de la volonté de son mari ».
« La majorité des orateurs est toutefois parvenue à s’accorder sur un point : la nécessité de ne pas agir dans l’urgence », ajoute Pierre Bienvault.
Le journaliste cite notamment le psychologue et psychanalyste Alain Bouregba, qui a déclaré : « On se rend compte que les familles ont souvent elles-mêmes la réponse mais que celle-ci leur est douloureuse. Elles n’osent pas formuler cette réponse et préfèrent que le soignant le fasse à leur place .

IVG

Si la loi sur l’avortement reste d’une extrême fragilité et qu’il faut s’assurer que les centres qui la pratiquent continuent d’être bien répartis sur le territoire et fonctionnent de manière à faire face dans les délais aux cas qui se présentent, il nous apparaît à nous, contrairement aux militantes, important de dire qu’il y a de la souffrance et de la solitude inquiète quand on fait pratiquer une IVG et que cela reste un échec de la contraception alors même qu’elle est facile d’accès et d’utilisation. Cela fait partie des constats d’échecs qui montrent que la vie humaine n’est pas régie par le seul rationnel. Par chance dans nos pays, très rares sont les conséquences médicales d’une IVG, mais les séquelles psychologiques que les médecins diagnostiquent à distance, par exemple dans des stérilités inexpliquées ou des problèmes sexuels, expliquent les réserves des médecins si cela n’excusent pas les freins qu’ils seraient censés mettre à cette pratique indispensable.

« L’IVG reste un «droit fragile» » Le Parisien
Le Parisien observe que « sur les 27 nations de l’Union européenne, la France fait partie des 16 pays où une femme peut se faire avorter si elle le demande ».
« Pour autant, ce n’est pas un hasard si le Mouvement français pour le planning familial organise, aujourd’hui et demain, un grand colloque à la Mutualité sur le droit à l’avortement en Europe »,
remarque le journal.
« Ici comme ailleurs, les militantes savent que ce droit est fragile », continue Le Parisien.
Le quotidien relève ainsi que « les centres où se pratique l’IVG disparaissent les uns après les autres, à la faveur de la réforme hospitalière et des regroupements de services ».
« Mais surtout, […] c’est le discours ambiant sur «la souffrance» des femmes qui apparaît dangereuse aux militantes. […] L’idée qu’avorter est forcément traumatisant est d’ailleurs intégrée par un nombre croissant de médecins, lesquels, trop souvent, inventent des freins que n’impose pas la loi »,
ajoute le journal.

LOIS de BIOÉTHIQUE

Que de travail à entreprendre !

Pour ce qui est des tests de dépistage du SIDA ou des tests de dépistage génétique, le problème de leur fiabilité et de la malhonnêteté des entreprises à but lucratif certain, est à considérer en premier. Mais un autre problème est celui de laisser un sujet se trouver seul face à un diagnostic de mort tellement le nom de certaines maladies sonnent comme un glas. Une annonce en douceur, parfois en plusieurs temps, autant que possible adaptée à la demande sous-jacente du sujet qui n’est pas nécessairement celle qu’il formule, paraît la solution la plus appropriée. L’accompagnement par une équipe médicale semble indispensable même si par exemple pour le SIDA l’échéance fatale semble de plus en plus lointaine dans nos pays riches grâce aux progrès thérapeutiques.

Les essais cliniques ont mauvaise presse encore parmi la population et restent attachés au signifiant « cobaye » . Une information et une pédagogie orientées par l’éthique, si on cherche à les développer plutôt que de laisser les essais se faire dans des pays où la rémunération est la seule compensation et où elle est à son minimum, ramèneront les essais du côté d’un avantage possible pour le malade lui-même en même temps que pour d’autres, comme cela est déjà heureusement le but dans bien des cas. L’affaire des bébés cobayes décédés lors d’essais en Inde, si les faits sont réels, est scandaleuse et ne pousse pas à la considération de la recherche que font les laboratoires.

Les autorisations de mise sur le marché des médicaments doivent continuer de respecter les évaluations rationnelles nombreuses qui sont prévues pour permettre de faire au plus juste la balance entre les risques et les avantages et ne doivent en aucun cas céder à la pression d’accélération des laboratoires.

La santé dans les prisons est un des points noirs de l’incarcération qui avait été dénoncé dans son livre par le Docteur Vasseur en 2000. De la loi de 1994 qui a amélioré certaines situations on peut dire qu’ « un de ses effets pervers est qu’elle a légitimé l’idée qu’on pouvait incarcérer pour soigner » les maladies mentales.

« Le Comité consultatif national d’éthique remet à plat la loi de bioéthique » La Croix
La Croix note qu’« après l’Agence de la biomédecine, puis l’Office parlementaire des choix technologiques, c’est le Comité consultatif national d’éthique qui s’apprête à son tour à rendre son «mémoire» sur la loi de bioéthique de 2004 ».
Le journal relève que « le Comité propose une réflexion sur les principes fondateurs » de la loi, et cite Frédérique Dreifuss-Netter, professeur de droit et membre du comité.
Le spécialiste indique : « Nous nous sommes d’abord posé la question de savoir s’il fallait vraiment une loi. Il nous semble que c’est nécessaire pour mettre des garde-fous, non pas à la science elle-même, mais à ses applications ».
La Croix ajoute que « le comité s’est intéressé au contenu de la loi [en] examinant 4 points : le champ d’application de la loi, la technique législative, les grands principes et l’adéquation entre les fins et les moyens ».
Le quotidien observe notamment que « sur le premier point, les sages ont convenu qu’au moins 3 domaines supplémentaires mériteraient aujourd’hui d’être pris en compte : les nanotechnologies, les neurosciences et les relations entre l’homme et la biosphère ».
Le journal ajoute que « la deuxième évolution proposée porte sur la question des principes fondateurs. […] La recherche sur l’embryon serait ainsi autorisée, mais sous certaines conditions ; l’assistance à la procréation s’adresserait à tous ceux qui ne peuvent pas avoir d’enfant, à l’exclusion de telle ou telle catégorie ».

« L’Agence de la biomédecine satisfaite de l’application des lois bioéthiques » La Croix
La Croix indique que l’Agence de la biomédecine « vient de rendre le bilan de la loi de bioéthique d’août 2004 qui lui avait été demandé par le gouvernement ».
Le quotidien cite ce rapport, qui conclut notamment que la loi de bioéthique « a répondu aux attentes qui avaient été placées en elle. (…) Elle a constitué un encadrement efficace du développement parfois exponentiel des techniques de soins innovantes et de recherches dont les thèmes et les perspectives étaient à peine imaginées lors de l’élaboration de la loi ».
Le journal ajoute que l’organisme « propose plusieurs pistes de réflexion pour un changement législatif, notamment en matière de recherche sur l’embryon, dans la perspective de la révision qui aura lieu vraisemblablement en 2010 ». (Rapport disponible sur le site de l’Agence de la biomédecine)

« Éthique médicale : le cas Hannah Jones vu de France » Le Figaro
Le Figaro aborde « le cas Hannah Jones », notant que « cette jeune fille [britannique] de 13 ans, gravement malade, a refusé une transplantation cardiaque au résultat incertain, sachant qu'elle risque de mourir dans les mois qui viennent ».
Le journal remarque qu’« après avoir envisagé de la contraindre à subir cette intervention, les autorités médicales britanniques ont finalement décidé de respecter sa volonté ».
Le quotidien s’interroge : « L'histoire d'Hannah Jones serait-elle appréhendée de la même façon en France qu'en Grande-Bretagne ? ».
Le Figaro rappelle que « la loi du 4 mars 2002, dite «loi Kouchner», établit clairement le respect de la volonté du patient. Si la volonté de la personne de refuser un traitement met sa vie en danger, le médecin doit tout engager pour la convaincre d'accepter les soins indispensables. Mais «aucun acte médical, ni aucun traitement, ne peut être pratiqué sans son consentement», indique le texte à propos des individus majeurs ».
Le journal relève que « pour les mineurs, la situation est plus complexe », et cite notamment Anne Laude, codirecteur de l'Institut droit et santé.
La spécialiste indique que « si le jeune a un état de discernement au moment du choix, à lui de refuser ou de consentir aux soins ».
Le Figaro note que « les équipes médicales s'adaptent à la maturité » du jeune patient, mais ajoute : « Il n'empêche, en cas de refus du jeune, les médecins vont immédiatement s'adresser aux parents. Si ces derniers s'opposent également aux soins, l'équipe médicale peut encore en dernier recours solliciter l'appui du juge des enfants ou du procureur de la République ».
Pierre Le Coz, vice-président du Comité national d'éthique, déclare cependant que si ce cas avait eu lieu en France, « nous nous serions inclinés comme les autorités anglaises, car il n'est pas rare que ces opérations de la dernière chance se traduisent par de graves complications ».

« Des tests rapides de dépistage du sida hors milieu médical » Le Figaro, Le Parisien
Le Figaro fait savoir que « l’association Aides commence dès aujourd’hui [dans ses locaux] à proposer de manière expérimentale » des tests rapides de dépistage du sida, grâce à un programme de l’ANRS.
« Effectués sur une goutte de sang, ils permettent d’obtenir les résultats en quelques minutes », note le journal.
Le quotidien précise que « ce programme expérimental débute à Montpellier, pour être rapidement étendu à Lille, Bordeaux et Paris », relevant qu’il s’agit d’« améliorer le dépistage dans les milieux homosexuels où l’épidémie reste très active ».
Le Figaro observe en effet que « le dépistage du sida est un semi-échec en France. Encore actuellement plus de 35 000 personnes seraient infectées sans le savoir ».
Le journal ajoute qu’« une autre recherche est également en cours d’évaluation afin de mesurer l’impact de la mise à disposition d’un test rapide dans les centres de dépistage anonyme et gratuit. […] Enfin, deux projets de l’ANRS visent à tester le dépistage rapide dans les services d’urgence des hôpitaux ».
Le Parisien consacre également un article au « lancement des tests de dépistage rapide […] dans la communauté homosexuelle de Montpellier ».
Le journal indique qu’« au cours du premier trimestre 2009, ce dépistage rapide sera également proposé dans les services d’urgence des hôpitaux Bichat à Paris et Raymond-Poincaré à Garches ».

Les « limites du test génétique » Le Monde
Dans le cadre d’une exposition de la Cité des sciences et de l'industrie à Paris, sur « l’univers des tests génétiques, de l'imagerie médicale et du dépistage », Le Monde publie un entretien avec Ségolène Aymé, généticienne et épidémiologiste.
La directrice de recherche à l'Inserm déclare qu’« il ne faut pas mettre la génétique à toutes les sauces », et observe que « beaucoup des tests génétiques actuellement proposés sont de l'arnaque. Leur utilité médicale est nulle ».
Ségolène Aymé rappelle que « les gènes ne sont pas des éléments isolés, mais travaillent de concert et sont en interaction avec leur environnement. […] De plus, les gènes sont plastiques, ils s'expriment ou non. Calculer un risque individuel en testant tous les gènes connus, personne ne sait le faire ».
La généticienne remarque que « les tests génétiques proposés aux Etats-Unis ont été développés par des entreprises privées qui ont besoin de rentabiliser leurs investissements. Leur développement relève d'un pilotage de la demande par l'offre. Les problèmes posés par cette génétique récréative relèvent plus de la protection du consommateur que de l'éthique ».
Ségolène Aymé ajoute qu’en matière de « médecine prédictive », « l'imagerie va davantage se développer », mais indique que « ce n'est pas parce qu'une tumeur est là qu'elle va se réveiller », et rappelle que « les grands déterminants de la santé sont l'alimentation et le mode de vie ».

« Les essais cliniques mettent le cap à l'Est » Les Echos
Les Echos notent en effet que « les tests cliniques pratiqués sur des volontaires sains ou malades se déplacent vers des pays où le recrutement des patients est plus facile ou moins coûteux ».
Le quotidien livre notamment les propos de Dominique Blazy, directeur médical chez Amgen France, qui remarque qu’« il reste un énorme effort d'éducation à faire auprès des patients et des médecins ».
Le journal relève en effet que pour le responsable, « les essais cliniques de nouveaux traitements médicaux sont un enjeu stratégique mal compris par la population et les pouvoirs publics ».
Les Echos remarquent par ailleurs que les médicaments pour enfants, qui « exigent des essais cliniques spécifiques, commencent à se développer ».
Le journal publie en outre les résultats d’une enquête du LEEM sur la recherche clinique en France et sa place dans le monde.
Le quotidien note que « si on veut bénéficier d'un traitement expérimental innovant, il vaut mieux habiter en Ile-de-France plutôt que dans le nord-est de l'Hexagone. Selon l'enquête, près de 30 % des patients recrutés cette année pour participer à un essai clinique habitent la région parisienne ». (Enquête à télécharger sur le site des Echos)

Des « bébés cobayes » en Inde ? Libération, L'Express numéro 2983

Libération relaie une information du Times of India, sur « 49 nourrissons morts après des essais thérapeutiques».
Le quotidien indique que « l’affaire [s’est passée] dans le plus grand hôpital de New Delhi », relevant qu’« en juin, la Fondation Uday, association caritative active dans les maladies héréditaires, ayant eu vent de rumeurs, s’est saisie de l’affaire et a questionné l’hôpital public ».
Libération note que l’établissement « a répondu que depuis le 1er janvier 2006, 4.142 bébés ont été admis pour y subir 42 tests. L’hôpital a reconnu que «49 décès ont été enregistrés» ».
Le journal s’interroge : « Des essais de quoi ? Cela reste flou : l’hôpital cite la molécule rituximab, commercialisée en Europe par Roche pour des patients souffrant de lymphome non hodgkinien agressif, l’Olmésartan pour traiter l’hypertension artérielle, un médicament de Sankyo Pharma, et le Valsartan fourni par Novartis, également contre l’hypertension artérielle ».
Le quotidien précise que « ces essais n’avaient rien de clandestin, ils ont été validés par un comité d’éthique interne », l’hôpital indiquant de son côté que « tous ces enfants étaient gravement malades ».
Le journal note cependant que « la Fondation Uday soupçonne l’hôpital d’avoir convaincu «des familles pauvres et analphabètes» d’y participer ». Libération cite par ailleurs un porte-parole de Roche, qui a déclaré : « Nous n’avons mené aucun essai pédiatrique en Inde ». Le quotidien rappelle que « depuis une dizaine d’années, dans l’indifférence générale, les grandes firmes pharmaceutiques délocalisent massivement leurs essais vers les pays en voie de développement, pour des raisons de coût mais aussi de facilité ».
Libération livre les propos de Gérard Lenoir, chef de service de pédiatrie à l’hôpital Necker, à Paris, qui déclare que « la plupart de ces essais sont nécessaires et importants ».
Mais le praticien remarque que pour faire de tels essais en France, « il faut l’accord des deux parents. C’est extrêmement difficile de les avoir ».
L'Express constate pour sa part que « les autorités indiennes exigent des explications ».
Le magazine note que selon l’hôpital, « les enfants décédés faisaient partie d’une groupe bénéficiant d’un traitement «standard». Leur mort serait la conséquence des maladies graves dont ils souffraient» ».

« La santé a du mal à trouver sa place dans les prisons » La Croix

A la suite d’un article sur la « multiplication des suicides » en prison, La Croix note que « depuis 15 ans, de nombreux rapports ont dénoncé le problème des soins en milieu carcéral. Aujourd’hui, lors d’une séance interne, l’Académie de médecine devrait à son tour tirer la sonnette d’alarme avant de faire des recommandations pour améliorer la loi du 18 janvier 1994 ».
Le quotidien rappelle que « cette loi a constitué un véritable tournant. [Elle] a permis de transférer la prise en charge [des détenus] à des équipes hospitalières qui se déplacent dans les prisons pour délivrer des soins ».
Le journal remarque « de nombreux professionnels estiment que cette loi a permis des progrès incontestables », mais constate que « la situation reste problématique dans bon nombre d’établissements du fait d’un manque de moyens chroniques ». La Croix relève que « le plus gros défi des médecins exerçant en milieu pénitentiaire reste la prise en charge des pathologies mentales».
Le quotidien cite notamment le Dr Catherine Paulet, présidente de l’Association des secteurs de psychiatrie en milieu pénitentiaire, qui déclare que « la loi de 1994 a été une vraie avancée mais un de ses effets pervers est qu’elle a légitimé l’idée qu’on pouvait incarcérer pour soigner ».

Médicaments : ne pas brader l'évaluation avant commercialisation » Prescrire, septembre 2008
Prescrire rappelle que « des procédures dérogatoires d'autorisation de mise sur le marché permettent un accès plus rapide au marché de certains médicaments ».
« Au détriment de leur évaluation », note la revue.
Prescrire explique qu’une AMM « suppose l'évaluation préalable de la balance bénéfices-risques du médicament dans une situation clinique précise », et indique qu’« à côté de l'AMM "classique" (ou sur dossier "complet"), de nombreuses procédures dérogatoires ont été mises en place au cours des dernières années, visant à réduire la contrainte de l'évaluation avant AMM : AMM accélérées, AMM conditionnelles, AMM pour circonstances exceptionnelles, sans compter les "autorisations temporaires d'utilisation" (nominatives ou de cohorte) et autres "protocoles thérapeutiques temporaires" ».
Le mensuel relève que « la multiplication de ces procédures rapides d'AMM s'accompagne d'une réduction de l'évaluation clinique préalable, et donc des garanties minimales d'efficacité et de sécurité que l'on attend des AMM octroyées par les autorités de régulation ».
Prescrire estime que « les patients, qui souhaitent parfois un accès rapide à des médicaments nouveaux, ont intérêt à comprendre qu'un tel accès s'accompagne souvent d'une évaluation moins approfondie de leur balance bénéfices-risques, à leurs risques et périls ».

EMBRYON PMA

On constate que le recours aux techniques de PMA est de plus en plus fréquent en Europe et que les dons d’ovocytes, très encadrés en France et beaucoup plus libres dans les pays limitrophes, ou de sperme, n’arrivent pas à satisfaire la demande. Les causes de cette nécessité de faire appel de plus en plus souvent à la PMA sont pour une part connues et souvent sociétales : l’allongement de la durée des études des femmes, l’utilisation de la contraception depuis le jeune âge jusqu’à tard, la carrière des femmes qui compte de plus en plus dans leur vie et face à cela, les moyens mis à la disposition des couples et particulièrement des mères, comme les crèches, les garderies, les postes à mi-temps ou à temps partiel, le congé de naissance, les garanties de garder son poste ou d’avoir de l’avancement malgré une ou des grossesses restent insuffisants, mais ces causes sont aussi environnementales en particulier dans la détérioration dramatique des qualités du sperme. Il serait de première nécessité de la part de la société de rendre possible aux jeunes femmes d’envisager les grossesses entre 25 et 35 ans. C’est devenu un devoir pour un médecin d’en faire prendre conscience aux jeunes femmes qui viennent les voir pour une contraception.

La demande est telle que la stérilité est devenue un business dans les pays européens.

La Croix rapporte que la recherche sur les embryons hybrides c’est-à-dire humain et animal, est désormais autorisée en Angleterre, seul pays dans cette situation, tout comme la naissance de bébés médicaments, c’est-à-dire de bébés choisis génétiquement pour être compatibles avec un frère ou sœur déjà nés et atteints d’une maladie génétique afin d’être un donneur potentiel d’organes ou de cellules, ainsi que la FIV pour les femmes célibataires ou les couples de femmes homosexuelles, pratiques qui elles, existaient déjà sans que la loi les couvrent.

Quant à la quête de l’enfant parfait, en dehors du problème éthique qu’elle pose lorsqu’elle fait un saut dans l’eugénisme, lorsqu’elle risque de diminuer encore la biodiversité, elle ne peut que conduire à la déception car l’enfant parfait de la science a très peu de chance de correspondre à l’enfant parfait de l’imaginaire de chacun des membres du couple parental ! C’est peut-être une façon pour la vie de s’en sortir quand même.

L’Agence de la biomédecine « favorable à la poursuite de la recherche sur l’embryon » Le Parisien
Le Parisien note en bref que « l’Agence de la biomédecine s’est déclarée hier favorable à la poursuite de la recherche sur l’embryon, interdite en France, sauf à titre dérogatoire ».
Le journal rappelle que « dans son bilan d’application de la loi de bioéthique de 2004, l’Agence a souhaité que la greffe de reins avec donneur vivant puisse prendre «son essor en France» et qu’une réflexion soit engagée sur la levée de l’anonymat des donneurs de gamètes ».

« Le business européen de la fécondation in vitro » Le Figaro
Le Figaro consacre une page au sujet, notant que « pour quelques milliers d’euros, et quel que soit leur âge, des femmes se rendent aujourd’hui en Espagne, en Grèce ou en Ukraine pour contourner la législation ».
Marie-Christine Tabet note ainsi que « l’Espagne, la Belgique, la Grèce, la République tchèque, l’Ukraine… proposent des formules tout compris avec bébé à la clef. Les prix varient de 2 500 euros en Grèce à plus 12 000 euros en Espagne où la loi de la demande fait monter les prix ».
La journaliste observe que « les couples candidats à une FIV se tournent vers des pays qui garantissent l’anonymat des donneurs, acceptent les femmes de plus de 43 ans et pratiquent des prix défiant toute concurrence ».
Marie-Christine Tabet livre notamment les propos du Dr Nikos Prapas, qui « possède l’un des cabinets d’obstétrique les mieux fréquentés » de Thessalonique, en Grèce.
Le praticien observe que « c’est un grand fleuve. La demande ne cesse de croître. Les évolutions sociologiques des sociétés occidentales conduisent toutes les femmes à repousser l’âge de la maternité ».
De son côté, le Pr François Olivennes remarque qu’« il n’existe pas de fichiers nationaux des donneuses, nul ne sait si ces femmes ne multiplient pas les dons dans différents centres risquant ainsi des complications ultérieures».

« Les donneurs de spermatozoïdes ne sont pas assez nombreux » Le Figaro, Le Parisien, Libération
Le Figaro note que « dans l’Hexagone, il devient difficile pour les couples infertiles d’avoir recours à un don de spermatozoïdes. Les donneurs ne sont pas assez nombreux pour répondre à la demande ».
Le journal indique qu’« ils n’étaient que 248 en 2006 pour plus de 2 800 couples en attente. Une attente qui dure désormais jusqu’à 2 ans ».
Le Figaro remarque que « pour doubler le nombre de donneurs, l’Agence de la biomédecine s’apprête à lancer une campagne nationale d’incitation au don ».
« Le 24 novembre, un numéro vert d’information sera mis en ligne et un site Internet sera lancé pour permettre aux hommes de se renseigner sur cette question encore taboue », poursuit le quotidien.
Le journal rappelle que « gratuit, anonyme et volontaire, le don de sperme est strictement encadré par la loi de bioéthique de 2004. Le donneur doit non seulement être en bonne santé et avoir moins de 45 ans mais également avoir l’accord de sa compagne et être déjà père ». (Plus d’informations sur www.dondespermatozoides.fr)

« Un rapport plaide pour les banques privées de sang de cordon » La Croix, Le Parisien
La Croix remarque qu’« alors que la France est déficitaire en sang de cordon placentaire, utilisé pour soigner des maladies du sang, la sénatrice Marie-Thérèse Hermange propose d’autoriser le recours aux banques privées ».
« A condition de respecter certains principes de solidarité », précise le journal.
La sénatrice indique ainsi que « si, un jour, un médecin devait avoir besoin de ce sang pour un autre malade, la banque serait obligée de lui délivrer en priorité ».
Le quotidien se penche sur les utilisations actuelles et futures du sang de cordon, Marie-Thérèse Hermange expliquant qu’« il s’agit de développer des thérapies régénérant différents organes, allant du muscle cardiaque à la rétine et sans doute jusqu’aux neurones du cerveau ».
La sénatrice précise toutefois que « les annonces très médiatiques de régénération d’organes qui pourraient un jour éventuellement être «réparés» ou «recréés» sont génératrices d’attentes déraisonnables ».
« Il est nécessaire qu’une limite éthique soit posée au fantasme d’une humanité autofondée et parvenant à s’affranchir une fois pour toutes de la nature », continue Marie-Thérèse Hermange.
La Croix rappelle qu’actuellement, « on recense 7 banques en France auprès desquelles les médecins peuvent s’approvisionner pour soigner une maladie du sang ».
« Le problème est que les unités de sang ainsi stockées sont loin d’être suffisantes pour répondre aux besoins des médecins, qui sont obligés de se fournir à l’étranger », continue le journal.
Le quotidien remarque que « le développement de nouvelles banques publiques est très onéreux », et aborde le risque de « voir des familles, désireuses de garder le sang de cordon de leur enfant, avoir recours à des exportations frauduleuses ou à des accouchements dans des pays autorisant les banques privées ».
Le Parisien relève de son côté qu’« il faut collecter davantage de sang de cordon », observant que la France est « située au 16ème rang mondial en termes de stocks ».
Le journal cite également Marie-Thérèse Hermange, qui indique qu’« il faut porter le plus rapidement possible et au plus tard d’ici 2020 le nombre d’unités de sang de cordon stockées en France à 50 000. Actuellement, il y a 7 022 greffons stockés ».
Le quotidien note par ailleurs qu'« en France, l’accord des parents reste difficile à obtenir. Selon l’Etablissement français du sang, sur 4 000 naissances, seules 1 200 familles donnent leur accord. Souvent par manque d’information sur l’innocuité du prélèvement pour le bébé et sur son usage thérapeutique ».

« Les embryons hybrides bientôt autorisés en Grande-Bretagne » La Croix
La Croix remarque sur près d’une page que « dans la quasi-indifférence générale, les députés britanniques ont autorisé mercredi des scientifiques à créer des embryons hybrides, issus de l’intégration d’ADN humain dans des ovules d’animaux, dédiés à la recherche médicale ».
Le journal indique que « le texte […] pourrait entrer en vigueur en novembre. La Grande-Bretagne accentuera alors sa distinction du reste de l’Europe ou des États-Unis, en permettant aux scientifiques des expériences interdites ailleurs ».
La Croix précise que « la recherche sur les embryons hybrides sera très contrôlée. […] L’objectif scientifique avancé est de pousser la recherche sur des maladies génétiques comme Alzheimer ou Parkinson ».
Le journal rappelle en effet que « pour créer des embryons, il faut des ovules. Mais les scientifiques en manquent ».
Le quotidien explique que « les scientifiques ont donc eu l’idée d’utiliser des ovules d’animaux en substitut. Leur noyau est complètement vidé et l’embryon résultant possède, à terme, 99,8 % d’ADN humain. Les scientifiques peuvent alors récolter les cellules souches et étudier leur comportement ».
Le quotidien précise que « la loi autorise trois changements particulièrement controversés : les expériences sur les embryons hybrides, la naissance de «bébés médicaments» et l’autorisation de fécondation in vitro pour les femmes célibataires et les couples de femmes homosexuelles ».
La Croix observe que « les opposants […] sont scandalisés », mais note que « le paradoxe de cette loi est qu’elle ne va quasiment rien changer puisqu’elle ne fait qu’entériner des pratiques déjà en place ».

La « quête génétique » de « l'enfant parfait » Le Monde
Jean-Yves Nau indique dans Le Monde que, selon The Times, « une équipe britannique annonce être parvenue à améliorer considérablement les techniques de sélection d’embryons et espère commercialiser un test de diagnostic préimplantatoire en 2009 ».
Le journaliste s’interroge : « Va-t-on très bientôt franchir une nouvelle étape dans la sélection génétique des embryons humains conçus par fécondation in vitro ? ».
Jean-Yves Nau explique que cette équipe de chercheurs, menée par le Pr Alan Handyside (Bridge Centre de Londres), « a mis au point une technique permettant de déterminer de multiples caractéristiques de prédispositions à de nombreuses affections à partir de l'analyse d'une seule cellule embryonnaire ».
Le journaliste remarque « cette perspective vient bouleverser le cadre dans lequel la sélection génétique embryonnaire avait jusqu'à présent été développée et autorisée. Elle relance aussi de manière spectaculaire la controverse éthique sur l'usage qui peut ou non être fait de cette pratique, que certains qualifient d'"eugéniste", et sur la quête de l'"enfant parfait" ».
Jean-Yves Nau indique que « l'autorité britannique chargée de surveiller les activités de procréation médicalement assistée devrait prochainement dire si elle autorise ou non la commercialisation de ce procédé ».
Le journaliste précise cependant que « cette nouvelle possibilité technique se heurte à un obstacle pratique : le nombre limité des embryons pouvant, dans un couple, être conçus par fécondation in vitro, soit en moyenne moins d'une dizaine par tentative ».

RECHERCHE

« Recherche : manifestations devant l’Inserm » La Tribune, Les Echos
Les Echos constatent que « la contestation se poursuit chez les chercheurs ».
Le journal note qu’« après l’épisode houleux du CNRS jeudi dernier, le conseil d’administration de l’Inserm s’est lui aussi déroulé hier dans un climat agité ».
Le quotidien observe qu’« il a été délocalisé en banlieue parisienne, alors que 200 chercheurs étaient en train de manifester devant le siège de l’établissement ».
Les Echos relèvent que « les syndicats dénoncent les «menaces sur les organismes de recherche» liées à la baisse des effectifs. Ils fustigent aussi la réorganisation de l’Inserm et du CNRS en instituts, estimant que ces organismes risquent de se transformer en simples agences de moyens après la création de l’Agence nationale de la recherche ».
La Tribune aborde également ce « conseil d’administration chahuté », et note que la réforme du système de la recherche « devrait être très rapidement inaugurée ».
Le journal publie un entretien avec le directeur général de l’Inserm.
André Syrota déclare entre autres que « le point de départ [de cette réforme] est le constat de l’extrême complexité dans la recherche en sciences du vivant et de la santé où plusieurs organismes, mais aussi plusieurs agences, interviennent. […] A terme, il n’y aura plus qu’un seul grand institut. L’enjeu est de faire émerger des universités françaises du niveau d’Oxford et de Harvard ».

Valérie Pécresse entend « mettre fin à la fuite des cerveaux » Le Figaro

Le Figaro indique en effet que « la ministre de la Recherche devrait annoncer [aujourd’hui] une série de mesures destinées notamment à favoriser le retour des meilleurs chercheurs français partis à l'étranger ».
Le journal publie un entretien avec Valérie Pécresse, qui déclare, entre autres, vouloir « attirer les talents vers les métiers [de l'enseignement supérieur et de la recherche] en reconnaissant le doctorat comme une première expérience professionnelle et en revalorisant les débuts de carrières des maîtres de conférence. Leur rémunération augmentera de 12 à 25 % ».
« Pour éviter la fuite des cerveaux vers les laboratoires étrangers, nous distinguerons les 130 jeunes enseignants-chercheurs les plus prometteurs en leur offrant une chaire de 5 ans dotée d'une prime annuelle (de 6 000 à 15 000 €) et d'un capital pour leurs recherches (de 50 000 à 100 000 €) », poursuit la ministre.
Valérie Pécresse ajoute qu’elle « veut faire venir ou revenir de l'étranger d'excellents chercheurs. J'ai demandé à l'ANR de lancer en 2009 un programme «Retour post-doc» pour une quinzaine de lauréats. Ils bénéficieront chacun de financements allant jusqu'à 600 000 ou 700 000 € sur 3 ans. Ils disposeront ainsi des moyens pour constituer une petite équipe et développer un projet de recherche ».

FLICAGE ou LUTTE CONTRE L'ATTEINTE à LA POSSIBILITÉ des JEUNES à SE CONSTRUIRE sans les effets du LIBÉRALISME ÉCONOMIQUE OUTRANCIER ?

MÉDICAMENTS

Il nous paraît nécessaire de diffuser des informations médicales sur Internet qui est appelé à remplacer le bon dictionnaire médical familial. Mais ce dictionnaire était un ouvrage scientifique fait par des professionnels sérieux, son défaut était de ne pouvoir être mis à jour sauf à en racheter régulièrement un nouveau car la médecine évolue vite. Internet a l’avantage de permettre une mise à jour quasi instantanée, son défaut est de permettre à tout un chacun d’écrire autant de stupidités et de notions erronées qu’il veut.

Il s’agirait donc de concevoir une sorte de site d’information médicale tenu par les généralistes et les spécialistes de chaque maladie, éventuellement les malades et indépendant des laboratoires afin de donner des informations justes, comportant le recul nécessaire pour ne pas effrayer les patients « débutant dans la maladie » ou angoissés, régulièrement actualisée, indiquant des adresses ou des contacts où le relai peut être pris pour la prise en charge singulière.

Les médecins ont assez à dire sur les maladies et à faire dans leur exercice pour ne pas laisser s’installer sur le site l’idée d’une médicalisation de la vie quotidienne exagérée.

Comme il y a des sujets bien plus urgents et graves qui seraient à proscrire sur Internet et que l’on constate que c’est jusqu’à présent impossible, laissons les laboratoires faire de la prétendue ou de la réelle information médicale mais uniquement sur leur site de laboratoire pour que les malades sachent bien qu’il s’agit d’un site dont le but peut être intéressé et ils jugeront. Mais que le site médical officiel existe parallèlement et soit connu comme le devient l’encyclopédie d’Internet etc.

TABAC

Il n’est plus besoin de rappeler à présent combien le tabac est nocif et combien on a mis de temps à le savoir, à le reconnaître puis à l’admettre. C’est sans doute une dépendance parmi les plus fortes et protéger les jeunes devient une nécessité éthique. Mais vouloir passer de la permissivité totale, on a quand même fait des coins fumeurs dans les lycées il y a quelques années( !) à la prohibition c’est aller trop vite et ne pas se rendre compte que pour certains y compris des jeunes c’est hélas impossible physiquement.

La loi sur l’interdiction dans les lieux publics paraît juste car trop longtemps on a eu le tort d’admettre que les non-fumeurs devaient se plier au bon vouloir des fumeurs y compris au travail au prix parfois de crises d’asthme, de migraines ou autres parce qu’il faut bien aller gagner son pain quand même. On a laissé les fumeurs, comme le dit Michel Serres philosophe et ancien gros fumeur, s’approprier l’espace qui n’appartient à personne. Mais il faut savoir donner le temps et ne pas culpabiliser les fumeurs outre mesure en particulier les femmes enceintes psychologiquement fragiles. Il faut les aider médicalement et leur proposer une aide psychologique.

ALCOOL

L’alcoolisme est depuis longtemps un problème de santé publique, c’est une maladie qui associe dans sa complexité des facteurs biologiques, neurologiques, psychologiques et sociaux. Ce qui est très grave c’est qu’actuellement on voit apparaître un alcoolisme massif des jeunes et malheureusement des très jeunes avec des comas éthyliques sévères, graves et que ces alcoolisations aigues deviennent un mode de jouir qui s’installe chez les adolescents et les adolescentes.

Pour lutter contre ce qu’on peut appeler hélas cet état de fait, on met en place une loi qui ne fait que rendre justice à ce que l’éducation avait toujours prôné et que l’on a négligé pour défendre le libéralisme économique et le droit à la publicité et au sponsoring. Même l’alcool pour être un plaisir et non une servitude doit passer par une éducation. Il faudra bien que l’on cesse de mettre l’économie comme seul but et comme seul maître surtout quand il s’agit de défendre les enfants et les adolescents.

Peut-être risque-t-on de passer à côté des causes réelles si on ne se demande pas ce que ces prises d’alcool inconsidérées et répétées remplacent chez les jeunes, ce qu’elles signifient. Quel est le manque qu’ils cherchent à combler ? Quel est l’exemple qu’ils cherchent à suivre ou plutôt où sont les exemples qu’ils n’ont plus pour les suivre? D’où vient le manque de désir qui caractérise désormais la plupart d’entre eux ? Pourquoi ont-ils tellement besoin de ce décrochage que leur procure l’alcool ou aussi bien les drogues pour affronter l’autre ? Peut-on considérer que les valeurs qui ont quitté la société étaient à la fois porteuses et propulsives pour la jeunesse ? L’argent et le manque de manque matériel des sociétés riches démocratiques, ne seraient alors pas, seuls, de bons maîtres ni l’horizon vers lequel tendre ? Il se pourrait que l’économie ne doive pas viser que le seul argent et que l’éducation ne doive pas viser que l’absence de manque surtout matériel. En économie avec la crise comme en éducation devant son échec le pragmatisme ne serait-il pas de savoir dire non par éthique ?

MÉDICAMENTS

« La délicate frontière entre information et publicité pour les médicaments » La Croix, Les Echos
La Croix fait savoir que « la Commission européenne propose [demain] une directive autorisant une «information» sur Internet et par voie de presse sur les médicaments ».
« Ce qui inquiète médecins et associations de consommateurs »
, observe le journal.
Le quotidien remarque ainsi que pour « répondre à la demande croissante d’une information médicale directe et fiable, la Commission européenne s’apprête à proposer une législation autorisant à donner aux patients une «information non promotionnelle» sur les médicaments prescrits ».
La Croix note que « le texte est controversé car si chacun s’accorde à bannir toute publicité pour les médicaments délivrés sur ordonnance, les contours de l’«information non promotionnelle» restent à préciser. Une «information» délivrée par qui ? Sur quels supports ? ».
Le journal observe que « du côté des groupes pharmaceutiques, on sait bien que ce n’est pas avec de la publicité, comme pratiqué outre-Atlantique, qu’on gagnera la confiance des patients ».
« L’industrie pharmaceutique vise d’abord l’internaute qui s’active à trouver de l’information sur une maladie, afin de le guider dans sa recherche »,
explique La Croix.
Le quotidien cite Ilaria Passarani, du Bureau européen des unions de consommateurs, qui déclare quant à elle qu’« entre publicité et information, il n’est pas possible de fixer la ligne quand c’est l’industrie qui la détermine. […] L’industrie donnera les informations qu’elle veut sur les médicaments qu’elle veut ».
La Croix remarque que « pour elle, diffuser ce type d’informations engendrera «une médicalisation de la vie quotidienne à outrance, en créant de nouveaux besoins de médicaments pour traiter un état qui n’en requiert pas forcément» ».
Lisette Tiddens-Engwirda, secrétaire général du Comité permanent des médecins européens, déclare pour sa part qu’« une information neutre et de qualité doit être disponible sur Internet. Cependant les groupes pharmaceutiques connaissent leurs produits mais pas le patient. Ils ne doivent pas s’asseoir à la place du médecin ».
Les Echos notent de leur côté que Bruxelles est « soupçonné de vouloir autoriser la publicité » pour les médicaments.
Le journal retient que le projet de directive « prévoit d’autoriser les laboratoires pharmaceutiques à informer les patients sans passer par des médecins ou des pharmaciens. Au grand dam de ces derniers, qui se sentent menacés dans leurs prérogatives, mais s’inquiètent aussi de l’objectivité de telles données ».

TABAC

En Allemagne, « les médecins veulent que les fumeurs soient traités comme les drogués » Libération
Libération constate en effet que la « Chambre allemande des médecins demande à ce que les caisses de maladie reconnaissent [les fumeurs] officiellement comme [malades] afin de pouvoir mieux les «soigner» ».
Le quotidien cite ainsi le corps médical allemand, selon lequel « entre la moitié et les deux tiers des fumeurs sont des malades confrontés à un problème de dépendance. Considérer le tabac comme un fait de société, dont on peut se sortir avec la seule volonté, est totalement inadapté ».
Ces médecins « souhaitent que se développe en Allemagne une aide spécifique aux personnes dépendantes du tabac ».
Le journal observe qu’« un tiers des adultes et 20 % des adolescents fument outre-Rhin. 140 000 fumeurs meurent chaque année de tabagisme. Sur les 2 100 cliniques et hôpitaux du pays, une poignée seulement propose des programmes permettant aux fumeurs de décrocher ».
Libération remarque cependant que « la Chambre des médecins a touché là un nerf à vif de la société allemande qui rechigne particulièrement à s’arrêter de fumer. Les lois antitabac adoptées en début d’année par la plupart des Länder pour répondre aux exigences de la Commission européenne ont dressé des centaines de cafetiers et nombre de fumeurs sur les barricades ».

« Le tabac, facteur le plus important de décès prématuré » chez les femmes Le Parisien, Le Figaro
Le Parisien explique en effet que selon une étude parue dans le British Medical Journal, réalisée auprès de 80 000 femmes à partir de 1980, « le tabagisme est apparu comme le facteur le plus important de décès prématuré ».
Le journal note que « les chercheurs ont enregistré 8 882 décès, dont 1 790 à la suite de maladies cardiovasculaires et 4 527 à la suite de cancers. Si les femmes n’avaient jamais fumé, 28 % de ces décès auraient pu être évités ».
Le quotidien ajoute que « si les femmes n’avaient pas fumé, avaient pratiqué une activité physique, suivi un régime alimentaire pauvre en mauvaises graisses mais aussi surveillé leur poids, 55 % des décès auraient pu être évités ».
Le Parisien remarque que cette étude « a aussi montré que les femmes avec une consommation légère ou modérée d’alcool avaient moins de risques de mourir d’une maladie cardiovasculaire que les abstinentes ».
De son côté, Le Figaro indique qu’une « nouvelle campagne antitabac à destination des jeunes » sera lancée à partir du 20 septembre, axée sur le « manipulation opérée par l’industrie du tabac ».
Le journal note en effet que ce thème est « un argument qui porte chez les 15-24 ans, contrairement aux risques pour leur santé, un message qui ne les touche pas ».

Le tabagisme progresse chez les jeunes » Libération
C’est ce que relève Libération, « malgré la prévention ».
Le journal aborde la nouvelle campagne antitabac lancée dans les écoles primaires et les collèges par la Fédération française de cardiologie, intitulée « Pour une génération sans tabac ».
Le quotidien indique que selon la Fédération française de cardiologie, « 12 % des 9-10 ans et 34 % des 11-15 ans ont déjà essayé de fumer, dont un sur deux va continuer par la suite ».
Libération cite le Pr Thomas, auteur d’une enquête sur le sujet, qui remarque que « le nombre de jeunes qui expérimentant la première cigarette et ceux qui restent fumeurs après est sensiblement le même d’année en année ».
Le journal note « la seule évolution notable : sur les années précédentes, «la consommation quotidienne [était] moins importante. Mais sur le dernier baromètre, elle augmente de nouveau» ».
Libération livre le témoignage de plusieurs adolescents, dont Pierre-Henri, 18 ans, « ex-anticlope » qui déclare : « C'est mon grand-père qui m’a fait fumer ma première taffe ».

« La caféine préjudiciable pour le fœtus » Le Monde
Le Monde relève brièvement que selon une étude britannique parue sur le site du British Medical Journal, « la consommation de caféine au cours de la grossesse retarde la croissance intra-utérine du fœtus ».
Le journal explique qu’« après avoir analysé la consommation de caféine chez plus de 2 600 femmes enceintes n’ayant pas une grossesse à risque, le Dr Justin Konje et ses collègues des universités de Leicester et de Leeds ont constaté que la croissance du fœtus était d’autant plus ralentie que la dose de caféine consommée était importante ».
Le Monde précise que « l’effet a été retrouvé quelle que soit la source de caféine : café, thé, cola… ».

ALCOOL

Arrivée du « premier alcootest pour lait maternel » Le Parisien, La Croix
Le Parisien note en effet qu’« importé des Etats-Unis où il est en vente depuis 2 ans, le premier alcootest pour lait maternel [dénommé Milkscreen] s’apprête à débarquer en France ».
Le quotidien note que « le principe est simple : une goutte de lait sur la bandelette et 2 secondes plus tard, la maman sait si son lait est bon pour son bébé ou pas ».
Le journal relève qu’« il ne s’agit évidemment pas d’inciter les femmes à boire de l’alcool quand elles allaitent leur bébé… Juste «de les éclairer et les rassurer quand, exceptionnellement, elles trempent leurs lèvres dans un verre de vin ou de champagne» ».
Le Parisien observe cependant que « lait et alcool ne sont pas des mots faciles à associer en France, où les médecins luttent déjà avec difficulté pour faire accepter aux femmes enceintes de renoncer totalement à l’alcool ».
La Croix rappelle de son côté que « pendant la grossesse, c’est zéro alcool ».
Le journal revient ainsi sur la « campagne de sensibilisation sur les risques de l’alcool chez la femme enceinte », organisée depuis l’été par le CNGOF et l’association Entreprise-Prévention.
Le quotidien cite le Pr Jacques Lansac, président du CNGOF, qui remarque : « Nous avons souhaité cette information car les conséquences de l’alcoolisation fœtale touchent encore trop d’enfants en France ».
La Croix retient en effet que « les spécialistes ne sont pas en mesure de déterminer un seuil minimal de consommation qui ne présenterait pas de risque pour l’enfant à naître ».
Le Dr Alain Rigaud, chef de service en alcoologie à Reims, indique que « lorsqu’une femme boit un verre d’alcool, le rythme cardiaque de son bébé atteint 180 battements par minute. C’est comme si on lui faisait faire 30 minutes de course à pied ».
Le praticien ajoute que « chaque année en France, on recense environ 7 000 naissances de bébés alcoolisés de manière préjudiciable ».

« Un médicament contre l'alcoolisme en débat » Le Figaro
Martine Perez aborde à son tour dans Le Figaro le livre du Dr Olivier Ameisen, dans lequel il « raconte comment il a utilisé le baclofène, un myorelaxant destiné à traiter les spasmes musculaires des personnes atteintes de sclérose en plaques ou de paraplégie, pour en finir avec l'alcool » (« Le Dernier verre », éd. Denoël).
La journaliste relève qu’« après des articles publiés par Olivier Ameisen dans des revues scientifiques, quelques médecins ont prescrit à des patients alcooliques ce médicament, avec des résultats plutôt probants ».
« Mais la preuve scientifique est plus exigeante et demanderait de vrais essais thérapeutiques comparant deux groupes d'alcooliques prêts à arrêter de boire : les uns traités par le baclofène et les autres non »,
explique Martine Perez.
La journaliste note ainsi que « des experts demandent un essai thérapeutique », alors que d’autres « sont plus réservés, sans être hostiles ».
Le Pr Renaud de Beaurepaire, chef du service de psychiatrie (hôpital Paul-Guiraud, Villejuif), déclare que « l'alcoolisme est un gros problème en France. C'est dommage de botter en touche avec le baclofène. Il n'y a rien d'absurde à vouloir faire des essais thérapeutiques d'autant que l'on dispose d'une expérimentation animale encourageante chez le rat ».
Le Pr Xavier Laqueille, chef de service (Sainte-Anne, Paris), remarque de son côté : « Je ne sais pas trop quoi en penser car il y a peu d'observations cliniques. Les doses proposées sont très nettement supérieures à celles utilisées en neurologie. Et l'alcoolisme est une maladie complexe, mettant en jeu à la fois des facteurs neurobiologiques et psychosociaux ».

« L'alcool bientôt interdit de vente aux mineurs » Le Figaro
Le Figaro note que « la lutte contre l'ivresse des jeunes Français est lancée ».
Le journal indique en effet que « Roselyne Bachelot doit présenter mercredi en Conseil des ministres une série de mesures destinées à combattre le phénomène d'alcoolisation aiguë des adolescents ».
Le quotidien précise ainsi : « Interdiction de la vente d'alcool aux mineurs, suppression des boissons alcoolisées dans les stations-service, fermeture des «open bars» dans les soirées étudiantes, le tout assorti de contrôles de police ».
Le Figaro explique notamment qu’« une amende de 7 500 euros est prévue en cas d'infraction à la loi, ainsi que la suspension de la licence du commerçant et l'obligation de suivre un stage de responsabilisation ».
Le journal cite la ministre de la Santé, qui a récemment déclaré qu’« une augmentation de 50 % des hospitalisations pour comas éthyliques a été constatée chez les moins de 15 ans entre 2002 et 2007 ».
Le quotidien ajoute qu’« un temps étudiée, la suppression des «happy hours» […] n'a, elle, pas été retenue à l'issue de la concertation engagée avec le secteur ».
Le Figaro note enfin que « la prohibition des «cigarettes bonbons», un tabac parfumé destiné à séduire les adolescents, a en outre été glissée parmi les mesures antialcool ».

Jean-Marie Le Guen : « On devrait pouvoir attaquer les alcooliers en justice » Le Parisien

Le Parisien publie un entretien avec le député Jean-Marie Le Guen, qui « détaille l’amendement qu’il dépose aujourd’hui à la future loi de Roselyne Bachelot pour lutter contre l’alcoolisme des jeunes ».
Le député déclare ainsi : « On ne peut pas se contenter de taper sur les consommateurs et les cafetiers. Je propose que l’on puisse poursuivre pénalement les alcooliers lorsqu’ils cautionnent, financent et organisent des actions de promotion qui poussent à une consommation excessive d’alcool ».
Le spécialiste des questions de santé explique que « grâce à cet amendement, en cas d’accident, le directeur d’un établissement universitaire, un maire ou une association pourront aller voir le procureur de la République pour lui demander d’ouvrir une enquête ».
« Et si preuve est faite qu’un alcoolier est impliqué dans le drame et qu’il a incité les jeunes à une alcoolisation excessive, il pourra écoper de peines à la hauteur de la gravité de l’accident », poursuit le député.
Jean-Marie Le Guen estime que « le binge drinking […] est certes un phénomène de société, mais il est aussi fortement encouragé par les industriels, en sponsorisant par exemple des soirées étudiantes ».
Le député précise : « Les alcooliers ont le droit de faire leur promotion, mais celle-ci ne doit pas être débridée ».
Jean-Marie Le Guen déclare en outre qu’« il est faux de dire, comme le font les alcooliers, que la loi Evin leur interdit de faire de la publicité sur Internet. Ils ont déjà tous leurs sites Web ».
« Mais ce qu’ils aimeraient faire, c’est bien plus que ça, en envoyant par exemple des mails dans les boîtes des jeunes », continue le député.

Ados et alcool : « Les saoûleries ponctuelles ne cessent de progresser » L’Express, numéro 2991
L’Express note sur une double page qu’« un atlas détaille, pour la première fois, la consommation [d’alcool par les adolescents] région par région ».
Le magazine indique qu’« il confirme des tendances comme les beuveries à répétition, mais il remet aussi en question quelques préjugés tenaces ».
L’hebdomadaire se penche ainsi sur cet atlas publié par l’Institut national de prévention et d'éducation pour la santé, avec l'aide de l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies, notant que « les deux régions où les jeunes de 17 ans boivent le moins d'alcool » sont l'Ile-de-France et le Nord - Pas-de-Calais, et « celle où ils boivent le plus », les Pays de la Loire.
L’Express cite François Beck, statisticien et sociologue à l'Inpes, qui remarque à propos des jeunes du Nord : « Ils voient bien les dégâts causés chez leurs aînés : les hospitalisations, les décès par cirrhose et les accidents de la route. Leur génération se montre plus méfiante à l'égard de la boisson ».
Le magazine relève qu’« en Bretagne, en revanche, les jeunes ne se distinguent pas de leurs aînés. Comme les adultes, ils restent dans la moyenne nationale pour l'usage régulier d'alcool ».
L’hebdomadaire remarque que dans cette région, « les boit-sans-soif sont d'abord considérés comme de bons vivants. Les actions de sensibilisation se sont multipliées ces dernières années mais leur effet, s'il existe, ne peut pas se manifester sur les instantanés de l'Atlas, relevés en 2005 ».
L’Express précise que « sur le fond, pourtant, les adolescents bretons ne font que suivre la tendance de l'ensemble de la France. Dans la plupart des régions (à l'exception notable de la Bourgogne), la proportion de jeunes de 17 ans buvant régulièrement du vin ou d'autres boissons titrées est en diminution sur 3 ans ».
« A l'inverse, les beuveries occasionnelles ne cessent de progresser. Et même les beuveries à répétition. Un phénomène qu'il n'est plus possible d'ignorer »,
conclut le magazine.

« Les écrans perturbent le sommeil des adolescents » Le Figaro
Le Figaro remarque que « pour lutter contre les nuits écourtées [des adolescents], nocives tant pour la santé que pour l'apprentissage scolaire, l'Unaf (Union nationale des associations familiales), le Réseau Morphée, spécialisé dans le sommeil, et l'académie de Paris ont décidé de réagir en faisant front commun ».
Le journal aborde ainsi la présentation hier d’un « DVD interactif à destination des familles, des enseignants et des professionnels de santé pour tout savoir sur le sujet ».
Le quotidien note que « ce support […] sera diffusé gratuitement. On y apprend notamment que la lumière des écrans d'ordinateur dérègle la sécrétion de mélatonine, l'hormone du sommeil, et retarde l'endormissement ».
Le Figaro cite notamment Serge Tisseron, psychiatre et psychanalyste, qui observe que « tout le monde - et pas seulement les adolescents - a vu la durée de son sommeil diminuer. La raison est simple : le nombre d'activités qui ont le pouvoir de nous réveiller s'accroît avec les nouvelles technologies ».
Le spécialiste ajoute que « c'est parce qu'ils n'ont pas envie d'aller se coucher que certains d'entre nous, et notamment les adolescents, vont surfer le soir tard sur Internet. On vit dans une société d'insécurité psychique qui fait que l'on a des angoisses face au sommeil ».

« Internet, nouveau supermarché des drogues douces » Le Parisien
C’est ce que titre Le Parisien, qui remarque sur une double page qu’« utilisant un vide juridique, de plus en plus de sites Internet proposent d’acheter des graines de cannabis ou des herbes exotiques aux effets hallucinogènes ».
Le journal observe que « ce nouveau commerce inquiète les autorités françaises ».
Le quotidien indique qu’« Etienne Apaire, président de la Mission de lutte contre la drogue et la toxicomanie, veut faire évoluer la législation dans le cadre du plan gouvernemental 2008-2011 ».
Le Parisien remarque en effet que « ce flou juridique sur la vente de graines entraîne une préoccupante explosion de l’autoproduction de cannabis, qui a atteint, selon une étude de la Mildt à paraître prochainement, 50 tonnes en France en 2007 ».
Le journal publie un entretien avec le président de la Mildt, qui déclare : « On veut interdire les graines de cannabis les plus dangereuses ».
Le Parisien s’interroge : « Que contiennent vraiment les sachets d’herbes vendus » sur le Net ?
Le quotidien relève que « les autorités sont d’autant plus vigilantes qu’il y a 2 ans la plante à la mode sur Internet était l’Iboga, cultivée en Afrique de l’Ouest ».
Nathalie Richard, chef du département des stupéfiants à l’Afssaps, indique que « des données sur ses effets neurotoxiques sont apparues et elle a été classée en stupéfiant. Elle a provoqué 10 décès dans le monde et 1 en France ».

OBÉSITÉ

« La France à la traîne dans la prise en charge de l'obésité » Libération, Figaro, Croix, Humanité, Tribune, Echos

Le Figaro aborde à son tour la publication du rapport de la mission parlementaire d'information sur la prévention de l'obésité présidée par Valérie Boyer, qui « demande que la lutte contre l'obésité soit déclarée grande cause nationale pour 2009 ».
Le quotidien remarque que le texte « propose 80 mesures pour prévenir et traiter la surcharge pondérale », la France étant « à la traîne » dans ce domaine.
Le journal observe que « ce rapport met pour la première fois l'accent sur le manque de structures de prise en charge des obèses. Au-delà de la prévention, les hôpitaux doivent désormais s'organiser pour faire face à cette nouvelle pathologie et proposer un circuit de soin ».
Le Figaro indique que « 12 % des patients traités à l'hôpital sont obèses et 1 % présentent une obésité morbide. [Seuls] quelques rares centres hospitaliers universitaires sont correctement équipés pour faire face à cette nouvelle donne ».
Le quotidien relève par ailleurs que « nombre de personnes souffrant d'obésité ne savent pas en général vers qui se tourner pour bénéficier de soins adaptés ».
Le Figaro ajoute que le rapport « préconise la mise à niveau en termes d'accueil, de personnels et d'équipements des 31 centres de référence régionaux prévus - mais loin d'être finalisés - destinés aux patients obèses », ou encore « prône le développement d'unités d'éducation thérapeutique de prise en charge de l'obésité, où interviennent des médecins, nutritionnistes, infirmières, éducateurs sportifs… ».
Le quotidien cite en outre ce texte, qui « souhaite que les surcoûts liés à la prise en charge des patients présentant une obésité sévère soient pris en compte dans la tarification à l'activité à l'hôpital ».
Le Figaro constate enfin que « le «bonus malus» sur certains aliments [proposé par ce rapport] créé la polémique ».
Valérie Boyer déclare ainsi : « Nous attendons des experts scientifiques qu'ils nous soumettent une liste de produits pour lesquels la TVA pourrait diminuer et une autre pour laquelle cette taxe pourrait éventuellement augmenter ».
Le journal cite le Pr Arnaud Basdevant, « un des meilleurs experts français en matière » de nutrition, qui se dit « plus favorable à une détaxation des fruits et légumes qu'à une taxation des produits gras, sucrés ou salés ».
De son côté, Jean-René Buisson, président de l'Association nationale des industries alimentaires, déclare : « Nous sommes contre la taxation, car nous considérons qu'aucun produit n'est mauvais pour la santé, sinon il serait retiré du marché ».
Libération se penche aussi sur ce rapport, relevant notamment qu’il « suggère d’interdire les acides gras trans, largement présents dans l’alimentation, et d’augmenter le nombre d’heures de sport à l’école ».
La Tribune retient pour sa part que « les industriels [sont] opposés au projet de taxe sur le grignotage », et « rappellent qu’il faudrait passer par Bruxelles avant d’obtenir » une telle taxation.

Serons-nous tous obèses demain ? » La Tribune
C’est la question que se pose La Tribune.
Le journal constate en effet que « l’OMS tire la sonnette d’alarme : l’obésité prend les proportions d‘une épidémie planétaire. D’où l’importance d’une prise en charge alimentaire précoce et curative de cette maladie ».
Le quotidien observe qu’« un espoir de traiter cette épidémie va peut-être sortir des recherches menées par une équipe franco-anglaise », qui « vient de mettre au jour le rôle clé d’un nouveau gène de l’obésité, le PCSK1 ».
La Tribune relève que « les chercheurs ont ainsi démontré que l’obésité sévère et la banale prise de poids ont une base génétique commune ».

Une jeune femme décède après avoir « acheté des pilules amaigrissantes sur le web » Journal du Dimanche, 2 novembre 2008
Le Journal du Dimanche indique qu’une femme de 32 ans est décédée vendredi aux urgences de l’hôpital Robert-Ballanger, à Villepinte (Seine-Saint-Denis), après des « malaises à répétition » puis 2 arrêts cardiaques.
Le journal remarque que « cela faisait 2 semaines que Nicole suivait un «traitement», acheté sur Internet, pour perdre des kilos superflus » (les gélules « Best Life – Fat burning capsules »).
Le Journal du Dimanche s’interroge : « Les gélules amaigrissantes sont-elles directement à l’origine de sa mort ? L’enquête de la Sûreté départementale de Seine-Saint-Denis devra répondre à cette question ».
L’hebdomadaire cite un responsable de l’hôpital, qui déclare : « Il y a présomption mais nous n’avons aucune certitude ».
De son côté, le procureur de la République de Bobigny, François Molins, indique qu’« il faut être prudent. Une autopsie sera pratiquée [aujourd’hui]. […] Le produit sera également expertisé ».
Le Journal du Dimanche relève que « pour le nutritionniste Patrick Serog, les produits «fat burning» vendus en France en pharmacie «sont inoffensifs puisqu’ils ne contiennent généralement que des extraits d’ananas. En revanche, achetés sur Internet, ils relèvent de la loterie !» ».
Le journal en profite pour noter que « santé publique et cyberpharmacie ne font pas bon ménage », indiquant que « longtemps cantonnée, dans l’indifférence générale, aux pays du Sud, la contrefaçon de médicaments devient de plus en plus sensible au Nord, notamment par le biais d’Internet ».

Lait frelaté : « La France interdit les produits avec dérivés laitiers chinois » Le Parisien
C’est ce qu’annonce Le Parisien, qui cite un communiqué des ministères de l’Agriculture et de l’Economie, indiquant que « les pouvoirs publics ont décidé à titre conservatoire d’adopter des mesures de précaution complémentaires pour tous les produits incorporant des dérivés laitiers d’origine chinoise ».
« Ces produits devront être retirés du marché »,
ajoutent les ministères.
Le Parisien rappelle que « l’importation de produits laitiers chinois est déjà interdite dans l’UE », et note que « la DGCCRF a procédé à des contrôles pour s’assurer qu’aucun lait pour enfants d’origine chinoise n’était vendu en France ».
Le quotidien constate qu’en Chine, « le scandale du lait coupé à la mélamine a provoqué une psychose après la mort de 4 bébés, alors que plus de 6 000 autres sont malades ».

« Bachelot contre la taxe sur la «malbouffe» » L’Humanité, Le Parisien, La Croix
L’Humanité indique en effet que « la ministre de la Santé a écarté, hier, après ses collègues du Budget et du Travail, l’idée avancée par un rapport parlementaire de taxer davantage la «malbouffe» et d’abaisser en contrepartie la TVA sur les fruits et légumes ».
Le journal cite Roselyne Bachelot, qui a déclaré que « la démarche est intéressante mais nous sommes dans une période difficile sur le plan économique, et taxer un certain nombre de produits reviendrait à taxer les plus faibles ».
La Croix revient de son côté sur ces acides gras trans qui « font débat ».
Le quotidien cite la députée Valérie Boyer, qui indique dans son rapport parlementaire : « Il est estimé que leur élimination totale aux Etats-Unis permettrait d’éviter de 70 000 à 100 000 décès par an ».
La Croix note que « Cécile Rauzy, chef de projet à l’Association nationale des industries alimentaires, répond que les produits américains ont une teneur en acides gras trans bien supérieure à ceux consommés en France ».

« Appel à la vigilance sur les alicaments » Le Monde, Les Echos, Que choisir octobre 2008
Le Monde constate que l’association de consommateurs UFC-Que choisir « doute » que « les promesses marketing des "alicaments" […] soient fondées » et « appelle à un encadrement renforcé de la publicité ».
Le journal indique que « pour étayer son discours, l'association s'est penchée sur le cas du yaourt Essensis de Danone. […] Le discours publicitaire, illustré par des visages de femmes se mirant dans leur petite cuillère prête à plonger dans le laitage, en vantait les vertus cosmétiques. Essensis nourrit "la peau de l'intérieur", et contribue à "une peau plus saine et donc plus belle", revendique l'industriel ».
Le Monde note que « UFC-Que Choisir a vérifié les assertions en menant une étude pendant trois mois auprès de 100 personnes. […] Si l'efficacité de la crème hydratante est prouvée, rien au contraire ne distingue un consommateur d'Essensis d'un non-consommateur ».
Le quotidien livre la réaction de Sven Thormahlen, directeur de la recherche de Danone, qui déclare : « Je trouve extrêmement dommage d'enterrer ainsi un sujet comme la dermo-nutrition, de grande importance pour la santé
Le Monde remarque que l’association de consommateurs « demande un renforcement de la réglementation. Elle souhaite que les démonstrations scientifiques s'appuient sur des méthodologies définies avec l'Afssa [Agence française de sécurité sanitaire des aliments] et l'Aesa [son homologue européen] et que ces organismes aient un droit de regard sur les communications publicitaires ».
Les Echos notent également, en bref, que « UFC-Que choisir demande la mise en place de règles obligeant les fabricants de produits laitiers à prouver les vertus qu’ils attribuent à leurs produits ».

« Le soja accusé de favoriser le cancer du sein » Le Parisien
Le Parisien consacre un article au soja : « On pensait qu’il diminuait les risques de cancer du sein chez les femmes qui en consomment. Eh bien c’est tout le contraire ».
Le journal rend ainsi compte du colloque organisé récemment au Sénat, dans le cadre de l’opération Octobre rose, « organisée pendant tout le mois contre cette pathologie ».
Le Parisien explique que « le soja est une légumineuse qui contient des phyto-estrogènes, comme l’avoine, le maïs et l’orge, mais à concentration supérieure. Ces molécules ressemblent beaucoup à l’oestradiol, une des hormones sexuelles féminines ».
Le quotidien cite Jean-Marie Bourre, de l’Académie de médecine et auteur de « Bien manger : vrais et faux dangers » (Odile Jacob), qui déclare que « ce sont donc de potentiels perturbateurs hormonaux chez les femmes. Cela peut favoriser le développement des cancers hormono-dépendants, comme ceux du sein ».
Le praticien ajoute : « Le lait de soja est tout d’abord une escroquerie nutritionnelle. Ce n’est qu’un liquide blanc. Il ne contient ni calcium ni oligo-éléments. Il est strictement contre-indiqué pour les enfants ».
Le Parisien cite David Servan-Schreiber, qui « organisait de son côté un colloque » et déclare quant à lui : « Il ne faut pas exagérer. Plusieurs études […] montrent que le soja diminue le risque d’avoir un cancer du sein. Mais il est vrai que les femmes qui ont déjà eu cette pathologie, ou qui sont susceptibles d’avoir un cancer hormono-dépendant, doivent limiter leur consommation. En mangeant un yaourt de soja par jour, on ne risque rien ».
Le quotidien indique que « les femmes exposées à ce risque doivent être vigilantes, en évitant les compléments alimentaires à base de phyto-estrogènes vendus contre la ménopause en parapharmacie ».
« Pour les femmes ménopausées, mais aussi les plus jeunes qui cherchent un moyen de se protéger du cancer du sein sans risque, il y a tout simplement… le sport »,
poursuit le journal.

« Une charte sur les dangers du mobile » La Tribune, Le Parisien
La Tribune indique que « le secrétaire d’Etat au Développement de l’économie numérique envisage d’interdire les objets radioélectriques pour les moins de 3 ans et la publicité pour les mobiles adressée aux moins de 12 ans ».
Le journal note ainsi qu’Eric Besson « a convoqué vendredi les 3 opérateurs mobiles pour une réunion de travail avec des membres des ministères de la Santé, de l’Economie et de l’Aménagement du territoire ».
Le quotidien ajoute que selon un document de travail, « «une grande campagne d’information et de sensibilisation du bon usage du portable» sera mise en place. Le but est d’appliquer «le principe de précaution sans générer des peurs inutiles parce qu’infondées à ce jour» ».
La Tribune rappelle que « selon l’OMS, «l’organisme absorbe 5 fois plus de signaux de la FM et de la télévision que des stations» de téléphonie mobile, et ce «sans qu’on ait constaté d’effets indésirables sur la santé» depuis 50 ans ».
Le Parisien constate pour sa part que « les parents deviennent prudents », observant qu’« à la suite des récentes mises en garde de cancérologues, les familles changent de comportement ».
« Comme Isabelle qui, la nuit en allant embrasser [ses enfants], enlève désormais systématiquement le portable rangé sous leur oreiller »,
remarque notamment le journal.
Le quotidien observe cependant que les parents « continuent à acheter des portables à leurs enfants », puis livre un entretien avec David Servan-Schreiber, « à l’origine de l’alerte des spécialistes contre le portable ».
Le psychiatre lance un appel : « Qu’on mène enfin une vraie et sérieuse étude ».

« La polémique sur l'innocuité des téléphones portables est relancée » Le Monde
Le Monde s’interroge : « Quand connaîtra-t-on les résultats de la plus vaste étude internationale visant à évaluer les risques sanitaires auxquels s'exposent les personnes utilisant des téléphones portables ? ».
Le journal note en effet que « baptisée "Interphone", cette étude a été lancée en 2000 et achevée 6 ans plus tard. Elle a été menée dans 13 pays auprès de 14 000 personnes ».
« Après une longue série de reports et de contretemps inexpliqués, il semblait acquis que les résultats de ce travail seraient soumis pour publication durant le mois de septembre. Tel ne sera pas le cas »,
observe le quotidien.
Le Monde cite la coordinatrice de l’étude, Elisabeth Cardis, du Centre de recherche en épidémiologie environnementale, à Barcelone (Espagne), qui indique qu’« une version que nous espérons consensuelle de l'article est en préparation et nous l'attendons sous peu. Il se pourrait donc que l'article soit soumis pour publication rapidement ».
Elisabeth Cardis explique ainsi ce retard : « Il n'y a pas d'hypothétiques nouvelles difficultés. Il y a seulement les emplois du temps chargés des collaborateurs et les vacances qui ont fait que la nouvelle version de l'article est seulement sur le point d'être terminée ».
Le Monde observe que « ce nouveau contretemps survient alors que des scientifiques américains viennent, devant le Congrès, de tenir sur ce thème des propos inquiétants ».
Le journal cite notamment David Carpenter, spécialiste de santé publique et professeur de santé environnementale à l'université d'Albany (New York), qui a déclaré : « On ne doit pas rééditer ce que nous avons connu à propos de la cigarette et du cancer du poumon, où notre nation a pinaillé sur chaque détail d'information avant d'avertir le public ».

dimanche 7 décembre 2008

La prison à douze ans... en France

Brèves de Mediscoop, par le Dr Marie-Elisabeth Sanselme-Cardenas
La presse médicale au scanner

Je reçois ce jour de Dario Morales, ces informations fort inquiétantes pour : l'esprit de la loi qu'elles révèlent, le mépris de l'éducation aux dépens de la répression et pour la volonté affichée de faire disparaître une période fondamentale de la construction de ce qu'ils appelleraient l'individu et que nous appellerons l'être humain dans sa complexité essentielle et porteuse de richesse.

Nous dénonçons le procédé sémantique dans son habileté pour faire glisser sans heurts la loi vers un autre état d'esprit face à des jeunes, enfants au moins par certains côtés, qui n'ont pas eu d'éducation ou qui n'ont pas su s'en saisir pour eux. Ces jeunes n'auraient plus une deuxième chance et quand on lit ce que disent ceux qui les connaissent de par leur profession, de l'état des prisons françaises on ne peut que frémir de savoir que de jeunes enfants risqueraient de commencer leur vie ainsi. Ils sont perdus d'avance!

Heureusement pour l'instant le premier ministre a été ferme, mais l'état d'esprit est là!

Nous avons pensé qu'il était indispensable de les faire figurer dans les brèves.


Libération, vendredi 05 décembre 2008

Fillon dit non à la prison dès 12 ans

Le Premier ministre se dit «totalement hostile» à cette proposition, désavouant ainsi Rachida Dati, qui estime elle qu'une «sanction pénale à partir de 12 ans» relève du «bon sens».Le Premier ministre François Fillon s’est dit ce vendredi «totalement hostile» à l’emprisonnement des mineurs de 12 ans, proposition contenue dans un rapport remis mercredi à Rachida Dati. «Le gouvernement n’a pas de projet pour modifier la législation dans ce sens», a déclaré le chef de gouvernement lors d’un point de presse à Matignon.

«Il y a un débat qui a été ouvert à la demande du gouvernement et à la demande du président de la République sur la rénovation du texte qui concerne la majorité pénale. Ce débat est un débat qui est important, qui va avoir lieu, dont on tirera toutes les conséquences», a-t-dit. «Mais je dis tout de suite qu’il n’est pas question que ces conséquences aboutissent à la mise en prison d’enfants de 12 ans», a-t-il averti.

Selon lui, «il y a d’autres solutions pour traiter y compris les cas les plus extrêmes de violence concernant les enfants de 12 ans».

Une commission présidée par l’universitaire André Varinard a remis mercredi à la garde des Sceaux un rapport sur la refonte de la justice des mineurs et de son fondement, l’ordonnance du 2 février 1945. Il propose de fixer à 12 ans l’âge minimum de responsabilité pénale -13 ans aujourd’hui- à partir duquel on peut être poursuivi. L'emprisonnement serait alors possible à 12 ans, mais seulement en matière criminelle, précise le rapport.

En recevant ce rapport, la ministre de la Justice a affirmé: «Dire qu’un mineur d’aujourd’hui peut justifier une sanction pénale à partir de 12 ans me semble correspondre au bon sens», tout en précisant que «sanctionner ne veut pas dire emprisonner».

Mais «les juges pour mineurs doivent pouvoir disposer d’une palette de réponses adaptées» allant jusqu’à «l’incarcération» qui doit revêtir un «caractère exceptionnel», avait ajouté Rachida Dati.

La prison à 12 ans? Du «bon sens» pour Rachida Dati

La ministre de la Justice approuve ainsi la proposition de la commission présidée par André Varinard, très critiquée la semaine dernière par les syndicats de magistrats.

Lors de la remise du rapport Varinard sur la réforme de la justice des mineurs, la ministre de la Justice Rachida Dati a déclaré, ce mercredi, que sanctionner pénalement les mineurs «à partir de 12 ans» relevait du «bon sens». Dati approuve ainsi la proposition de la commission présidée par André Varinard, très critiquée la semaine dernière par les syndicats de magistrats.

«Eviter à notre jeunesse de s’ancrer dans la délinquance»

Dati précise toutefois que «sanctionner ne veut pas dire emprisonner». Mais «les juges pour mineurs doivent pouvoir disposer d’une palette de réponses adaptées qui vont jusqu’à l’incarcération». Pour la ministre, «un mineur a besoin d’autorité» qui «doit être exercée avec autant de fermeté que d’humanité. C’est la ligne directrice de la réforme que nous souhaitons». Elle a annoncé «avant la fin du premier trimestre 2009» une «refondation de la justice pénale des mineurs» et de l’ordonnance du 2 février 1945 qui en fixe les principes. Il s’agit d’«éviter à notre jeunesse de s’ancrer dans la délinquance» tout en maintenant «l’affirmation du caractère exceptionnel de l’incarcération des mineurs».

Pour justifier sa décision, Dati a pris l’exemple des autres pays européens: «fixer la minorité pénale à 12 ans correspond à la moyenne de ce qu’appliquent nos pays voisins [10 ans en Suisse et en Angleterre, 12 aux Pays-Bas, 14 en Allemagne, Espagne, Italie, ndrl]».

«Entre quinze et vingt mineurs par an»

L’auteur du rapport, André Varinard, venu rendre ce document en personne, a expliqué que ce seuil était «raisonnable» et correspondait à une «réalité sociologique incontestable: le rajeunissement de la délinquance». Cela permet aussi «d’éviter au maximum l’incarcération des très jeunes enfants». Aujourd’hui, l’incarcération est possible dès 13 ans. Dans son rapport, la commission affirme «l’impossibilité d’incarcérer un mineur de moins de 14 ans sauf en matière criminelle».

Il s’agirait d’une «incarcération dans des cas où elle paraîtrait indispensable», a expliqué Varinard en précisant que cela pourrait concerner «entre quinze et vingt mineurs par an».

Contestations

Le principal syndicat de magistrats, l’USM, et le syndicat d’éducateurs UNSA-PJJ ont affirmé dans un communiqué commun que l’incarcération en matière criminelle n’est possible qu’à partir de 14 ans «dans la quasi totalité des pays européens». Le Syndicat de la magistrature (SM, gauche) a pour sa part dénoncé «une vision réactionnaire et répressive de l’enfance» à travers un rapport qui «remet en cause de manière radicale les spécificités de la justice des mineurs» avec notamment sa «primauté des réponses éducatives».

Consulter le rapport Varinard, en cliquant ici

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Détecter la violence chez les tout-petits, une idée qui revient

Frédéric Lefebvre, député et porte-parole de l'UMP, a émis cette hypothèse ce matin, estimant que cette détection, faite à «la garderie», permettrait une meilleure prévention.

L'idée avait suscité un tollé en 2006. Le porte parole de l'UMP, Frédéric Lefebvre, a décidé de la relancer: détecter des troubles du comportement chez l'enfant dès le plus jeune âge afin de lutter contre la délinquance des mineurs.

«En 1945, un mineur sur 166 était mis en cause dans une affaire pénale, aujourd'hui c'est un sur trente, il faut réagir», a lancé Frédéric Lefebvre sur Europe 1. «Je ne pense pas» que ce soit trop tôt, a-t-il également dit à propos de la proposition d'abaisser la responsabilité pénale de 13 à 12 ans faite par la commission Varinard, chargée par la garde des Sceaux Rachida Dati de réformer la justice pénale des mineurs.

«Moi, je souhaite qu'on aille même sans doute un peu plus loin, sur la question de la détection précoce des comportements. Cela a été dans beaucoup de rapports. On dit qu'il faut le faire dès l'âge de trois ans pour être efficace», a relevé Frédéric Lefebvre.

«Je ne suis pas un spécialiste, donc je ne déterminerai pas à quel âge il faut le faire, mais quand vous détectez chez un enfant très jeune, à la garderie, qu'il a un comportement violent, c'est le servir, c'est lui être utile à lui que de mettre en place une politique de prévention tout de suite», a détaillé le député des Hauts-de-Seine.

«Si on veut éviter d'avoir à appliquer le pénal très tôt, il faut essayer de faire de la prévention, il faut accompagner ces enfants dont on voit qu'ils sont en train de partir sur un mauvais chemin», a-t-il encore dit.

En 2006, des projets de détection précoce des troubles du comportement dès le plus jeune âge pour prévenir la délinquance, s'appuyant sur un rapport de l'Inserm, avaient suscité un tollé chez les professionnels de la petite enfance, éducateurs et «psys». Une pétition intitulée «Pas de zéro de conduite pour les enfants de trois ans», avait recueilli plus de 46.000 signatures.

Société 29 nov. 6h51 Peines majeures pour les mineurs

Décryptage

Pour répondre à l’exigence de fermeté de Rachida Dati, une réforme de l’ordonnance de 1945 est en cours.

«Des mineurs délinquants, Arlette Chabot, c’est des violeurs, des gens qui commettent des enlèvements, des trafics de produits stupéfiants, qui brûlent des bus dans lesquels il y a des personnes», déclarait la ministre de la Justice Rachida Dati sur le plateau de l’émission «A vous de juger», le 16 octobre. Ce cri d’alerte sécuritaire (accompagné d’un constat chiffré totalement erroné, lire ci-contre) avait un but : nous préparer à une loi qui fera «cesser cette spirale», et que la ministre veut présenter au Parlement en juin 2009. En attendant, elle avait aussi demandé un rapport à une commission d’experts. Leurs propositions, qui seront rendues publiques le 3 décembre, ont bien respecté la commande. Passage en revue.

La prison à partir de 12 ans ?

Il n’existe pas, en France, d’âge minimum de responsabilité pénale. Le juge doit apprécier si le jeune mis en cause est capable de discernement, et donc accessible à une sanction. En dessous de 13 ans, cependant, cette sanction ne peut être qu’une mesure éducative. Le mineur ne peut pas être incarcéré. La commission présidée par le juriste André Varinard propose que la loi fixe désormais l’âge minimum de responsabilité pénale à 12 ans. La prison sera dès lors possible, mais seulement en matière criminelle. Les experts proposent aussi un seuil pour permettre l’emprisonnement pour des délits : ce serait 14 ans.

Quant aux moins de 12 ans, le rapport ne souhaite pas qu’ils soient totalement exclus du champ de la justice. Il prévoit qu’ils puissent être retenus par la police «pour une durée de six heures renouvelable une fois».

Juger les plus de 16 ans comme des majeurs ?

La loi Dati d’août 2007 permettait déjà de supprimer l’excuse de minorité pour certains mineurs «récidivistes» et de leur appliquer les mêmes peines que les majeurs. La commission Varinard veut aller plus loin, avec la création d’un tribunal correctionnel spécial qui pourrait permettre de généraliser ce durcissement. Il serait réservé aux plus de 16 ans récidivistes ou «devenus majeurs au moment de leur jugement» et pourrait être présidé par un juge correctionnel, et non plus un juge pour enfants.

La fin de la primauté de l’éducatif ?

Les experts, d’ailleurs, ne veulent plus de cette appellation d’«enfants». Il serait plus adéquat, pensent-ils, de parler de «juge des mineurs» et de «tribunal pour mineurs». Qui serait présidé par un juge unique, en supprimant les deux assesseurs issus de la société civile, pour les délits dont la peine est inférieure à cinq ans. Ils souhaitent aussi que soit supprimé le préambule de l’ordonnance de 1945 sur la délinquance des mineurs, qui affirme le primat de l’éducatif sur le répressif. Ce principe pourrait toutefois être réintroduit dans la rédaction d’un nouveau «code de justice des mineurs», qui remplacerait le reste de l’ordonnance. «Ces changements sémantiques ne permettront en rien d’améliorer la prise en charge de la délinquance des mineurs», se désole Christine Lazerges, professeure à Paris-I et spécialiste du sujet. Résumant l’inquiétude de la plupart des observateurs, l’ancienne députée s’alarme également de la proposition d’une «peine d’emprisonnement de fin de semaine», censée permettre aux jeunes de continuer à aller au lycée. «Dans quel état arriveront-ils en cours après un week-end en prison ? Sous prétexte d’afficher des grands principes de fermeté, ce rapport cache des bouleversements dangereux.»

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10/12/2008

Je reçois de Dario Morales que je remercie, la suite des informations et des textes concernant la terrible idée de la prison pour des enfants de douze ans. Cest textes suivent.

Du Docteur Armelle Guivarch, psychiatre hospitalier, psychanalyste :

Le 12 novembre, à Grenoble, un patient en fugue de l'hôpital psychiatrique de Saint-Egrève, poignarde un jeune homme. Dès le lendemain Nicolas Sarkozy annonce un durcissement de la loi de 1990 sur l'hospitalisation sans consentement et une réforme en profondeur de l'hospitalisation psychiatrique. Le directeur de l'hôpital de Grenoble est suspendu.

Le 2 décembre, à l'E.P.S.M Erasme d'Antony, le Président, après avoir fait l'éloge non pas de la folie mais des soignants, prononce son discours de réforme. Il est lourd de menaces, et essentiellement construit autour de quelques mots, réponses à ce terrible passage à l'acte : protection, sécurité, contrôle, surveillance, enfermement, isolement, obligation de soins et transparence.

Protection de la société, des français, des familles, du personnel, de la violence supposée de nos patients ; du patient contre ses pulsions, ses hallucinations, son délire, ce qui est notre mission, il n'est évidemment pas fait mention.

Sécurité, sécurisation, contrôle, surveillance : Contrôle des entrées et sorties de l'hôpital, vidéosurveillance, dispositif de géo-localisation ; c'est le retour moderne du panopticon de Bentham, dénoncé par Michel Foucault dans « Surveiller et punir ».

Enfermement des malades difficiles : Il y avait cinq unités pour malades difficiles (U.M.D.) dont le dernier ouvert en Centre Bretagne en janvier 2008 et l'avant dernier en....1963, il y en aura quatre de plus de quarante lits soit un doublement en très peu de temps. Il sera aussi créé 200 chambres d'isolement supplémentaires et des unités fermées à l'intérieur de l'hôpital psychiatrique.

Obligation de soins ambulatoires dans l'intérêt du patient et de sa famille, et décision de sortie d'essai ou définitive prise par le préfet après avis d'un collège de trois « experts ».

Enfin puisqu'il craint pour nous soignants de l'hôpital psychiatrique la « ghettoïsation », il y aura fortement contribué, il nous faudra jeter des passerelles vers d'autres établissements de santé. Lesquels ? L'hôpital général qui manque lui aussi cruellement de moyens humains?

Et pour tout cela, il faudra un patron à l'hôpital, un vrai, qui sache prendre ses responsabilités.

Le discours se termine par un retour sur l'éloge des soignants, la grandeur de leur tâche.

La forme du discours est celle habituelle de Nicolas Sarkozy, celle de la douche écossaise, alternance de flatteries, de fausses émotions démagogiques, d'appels à la compréhension et de menaces à peine voilées.

Belette schizophrène et petit lapin psychiatrique finissent mangés par Raminagrobis.

Si « On juge du degré de civilisation d'une société à la façon dont elle traite ses fous » comme l'a dit Lucien Bonnafé, un des artisans du secteur en psychiatrie au sortir de la guerre où les patients de psychiatrie avaient été particulièrement maltraités et d'ailleurs, fait l'objet d'une politique d'éradication en Allemagne nazie, et bien cette civilisation est celle du cynisme et de la peur.

Ces vingt dernières années nous avons assisté, nous, soignants à l'hôpital psychiatrique, à une diminution drastique du nombre de lits d'hospitalisation, cinquante mille en vingt ans soit plus de la moitié, à la disparition des formations spécifiques des psychiatres et des infirmiers en psychiatrie, à la montée en puissance du discours de la science appliqué à la médecine et donc la prescription anarchique de la trithérapie anxiolytique, antidépressive et hypnotique, à la médicalisation de « la dépression », la perte des repères cliniques basés sur la parole du patient, son histoire particulière, le démantèlement lent et insidieux de la politique de secteur, la fermeture toujours plus accélérée des structures relais de nos partenaires sociaux faute d'argent, la montée en puissance des « démarches qualité, d'évaluation et autre certification » qui sont bien souvent des coques vides, des cache-misère, qui masquent mal l'augmentation à l'hôpital des mesures de contention, de mise en chambre d'isolement, des sorties prématurées de patients pour une durée moyenne de séjour qui doit sans cesse être plus courte.

Oui, les patients sont à la rue et dans les prisons. Bien souvent,leurs partenaires sont l'alcool, la méthadone et le cannabis pour soigner leurs « voix ».

Les patients psychotiques suscitent la haine et la peur, chez le citoyen, chez le politique, chez nous aussi soignants ; il vaut mieux le savoir pour soigner et non maltraiter.

Ce n'est pas de mesures sécuritaires dont l'hôpital psychiatrique a besoin, le meurtre d'un étudiant par un patient psychotique ne saurait justifier un tel déferlement de mesures sécuritaires d'ailleurs en gestation de longue date. La société française veut se débarrasser de ses citoyens difficiles en les enfermant . Parce qu'il ne faut pas se faire d'illusions. Quel préfet prendra la responsabilité d'une sortie d'un patient réputé dangereux? Aucun.

Les hôpitaux psychiatriques ont besoin de soignants formés à la clinique psychiatrique, et non au D.S.M., formés aux traitements divers et variés par la parole dont nous étions en France les tenants. On n'éduquera, ne rééduquera pas ces patients en les enfermant, surveillant et les punissant. Et nous avons aussi besoin de structures extérieures qui les accueillent et les accompagnent. En effet nous devons sinon les guérir comme l'avance imprudemment Mr Sarkozy, du moins les soigner.

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Paris, le 5 décembre 2008

Communique de presse

communiqué de presse de l'Uniopss concernant le rapport Varinard sur la justice des mineurs.

Réforme de lordonnance de 1945 : Au revoir les enfants ?

A première lecture, l’Uniopss observe que le rapport de la Commission Varinard ne remet pas en cause les principes fondamentaux de la justice des mineurs notamment la double compétence du juge des enfants. Cependant, l’Uniopss s’inquiète de la vision négative de la jeunesse sous tendu par nombre de propositions. Certaines semblent marquer un passage d’une vision d’une jeunesse en danger à une jeunesse dangereuse : l’enfant n’est plus, seule demeure la vision juridique abstraite, le mineur. On ne regarde plus nos enfants avec empathie et bienveillance...

>>> L’UNIOPSS se félicite que certaines de ses convictions et ses propositions aient été reprises par la Commission Varinard :

- les principes fondamentaux ;

- le maintien de la double compétence du juge des enfants ;

- la réaffirmation de la spécificité du droit pénal applicable aux mineurs ;

- la nécessité d’une formation spécifique des intervenants.

>>> Pour autant l’UNIOPSS, qui rassemble les associations qui prennent en charge au quotidien les mineurs délinquant, est préoccupée par :

- La substitution du terme mineur à celui d’enfant, tant dans l’intitulé d’un code, que du changement du nom du magistrat, tribunal… marque la une volonté de clivage entre l’enfance en danger qui prendrait en compte les mineurs victimes à travers un dispositif administratif et judiciaire, et l’enfance dangereuse, les mineurs délinquants.

Ce clivage ne correspond pas à la réalité que vivent au quotidien les associations. Ces recommandations ne portent pas une vision constructive de la jeunesse dont la société d’aujourd’hui a pourtant bien besoin. L’Uniopss tient à souligner que si la reconnaissance de l’acte délinquant constitue un élément fondamental et nécessaire, elle doit s’inscrire comme une étape dans le processus éducatif et non marquer un point d’arrêt, et que, par conséquent, il est essentiel d’envisager un code qui traite de la jeunesse dans sa globalité, dans la dimension civile et pénale. Pour l’Uniopss, la justice des mineurs tire sa légitimité d'une approche globale de l'enfance en difficulté.

- La fixation de l’âge de la responsabilité pénale à 12 ans : la France, longtemps précurseur dans le domaine du droit pénal, tout particulièrement des mineurs, retiendrait là le seuil minimal en dessous duquel l’ONU estimait qui était inacceptable de baisser et qu’il fallait au contraire s’efforcer de fixer un seuil plus élevé. L’Uniopss estime en effet ce seuil trop bas.

- Le glissement du droit pénal des mineurs vers le droit commun : les procédures rapides, l’application de la composition pénale aux mineurs, l’instauration de peine planchers sont autant de dispositions qui vont à l’encontre du principe de la spécialisation de la justice des mineurs. La possible comparution d’un mineur de 16 ans et plus devant un tribunal correctionnel, de même que la suppression des mesures éducatives, s’inscrit dans cette évolution

Du regard porté sur l’enfance, dépend le développement de ses potentialités : A travers les discours, les représentations sociales et les politiques publiques, dans une société vieillissante, l’Uniopss redoute aujourd’hui que la jeunesse tend à n’être plus considérée comme une richesse porteuse d’espoir mais comme une menace à endiguer.

L’actualité nous presse à déterminer les principes permanents d’une justice des mineurs, équilibrée et efficace, prenant en compte aussi bien les enjeux d’autorité, de responsabilité que ceux de compréhension des réalités sociologiques et psychologiques. Certes, il paraît nécessaire de réactualiser le cadre juridique du traitement des mineurs ayant commis des actes de délinquance. Cependant, seule une approche coordonnée et complémentaire des réponses civiles et pénales peut garantir une justice des mineurs efficiente.

Au delà de ces premières remarques, l’Uniopss va approfondir les 70 préconisations et sera attentive aux arbitrages de la Garde des Sceaux dans l’élaboration du projet de loi annoncé. Les associations souhaitent être parties prenantes de cette nouvelle étape.

A propos de l’UNIOPSS : L’UNIOPSS est un regroupement d’associations qui rassemblent 25 000 établissements et services non lucratifs du secteur de la protection sociale. Parmi les associations adhérentes, beaucoup mènent des actions pour l’enfance, depuis le soutien à la parentalité jusqu’à l’accueil d’enfants placés. La majorité des établissements habilités à prendre en charge les jeunes après une décision de justice est adhérente à l’UNIOPSS.

Depuis 2007, l’UNIOPSS a mis en place un groupe de travail réunissant les principales associations concernées afin d’élaborer un positionnement commun concernant la réforme de l’ordonnance de 1945. La diversité des acteurs adhérents et les travaux de réflexion menés en commun permettent à l’UNIOPSS de proposer une vision globale de la protection de l’enfance et de la prévention de la délinquance.

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Lettre ouverte à Monsieur le Président de la République à propos de son discours du 2 décembre 2008 à l’hôpital Erasme d’ANTONY concernant une réforme de l’hospitalisation en psychiatrie.

Etampes, le 8 décembre 2008

Monsieur le Président,

Eluard écrit dans Souvenirs de la Maison des Fous « ma souffrance est souillée ».

Après le meurtre de Grenoble, votre impatience à répondre dans l’instant à l’aspiration au pire, qu’il vaudrait mieux laisser dormir en chacun d’entre nous, et que vous avez semble t-il tant de difficulté à contenir, vous a amené dans votre discours du 2 décembre à l’hôpital Erasme d’Antony à souiller la souffrance de nos patients.

Erasme, l’auteur de « L’Eloge de la Folie » eut pu mieux vous inspirer, vous qui en un discours avez montré votre intention d’en finir avec plus d’un demi siècle de lutte contre le mauvais sort fait à la folie : l’enfermement derrière les hauts murs, lui appliquant les traitements les plus dégradants, leur extermination en premier, quand la barbarie prétendit purifier la race, la stigmatisation au quotidien du fait simplement d’être fou.

Vous avez à Antony insulté la mémoire des Bonnafé, Le Guillant, Lacan, Daumaison et tant d’autres, dont ma génération a hérité du travail magnifique, et qui ont fait de leur pratique, œuvre de libération des fécondités dont la folie est porteuse, œuvre de libération aussi de la pensée de tous, rendant à la population son honneur perdu à maltraiter les plus vulnérables d’entre nous. Lacan n’écrit-il pas « l’homme moderne est voué à la plus formidable galère sociale que nous recueillions quand elle vient à nous, c’est à cet être de néant que notre tâche quotidienne est d’ouvrir à nouveau la voie de son sens dans une fraternité discrète, à la mesure de laquelle nous sommes toujours trop inégaux ».

Et voilà qu’après un drame, certes, mais seulement un drame, vous proposez une fois encore le dérisoire panégérique de ceux que vous allez plus tard insulter leur demandant d’accomplir votre basse besogne, que les portes se referment sur les cohortes de patients.

De ce drame, vous faites une généralité, vous désignez ainsi nos patients comme dangereux, alors que tout le monde s’entend à dire qu’ils sont plus vulnérables que dangereux.

Mesurez-vous, Monsieur le Président, l’incalculable portée de vos propos qui va renforcer la stigmatisation des fous, remettre les soignants en position de gardiens et alarmer les braves gens habitant près du lieu de soin de la folie ?

Vous donnez consistance à toutes les craintes les moins rationnelles, qui désignant tel ou tel, l’assignent dans les lieux de réclusion.

Vous venez de finir d’ouvrir la boîte de Pandore et d’achever ce que vous avez commencé à l’occasion de votre réplique aux pêcheurs de Concarneau, de votre insulte au passant du salon de l’agriculture, avilissant votre fonction, vous déprenant ainsi du registre symbolique sans lequel le lien social ne peut que se dissoudre. Vous avez donc, Monsieur le Président, contribué à la destruction du lien social en désignant des malades à la vindicte, et ce, quelques soient les précautions oratoires dont vous affublez votre discours et dont le miel et l’excès masquent mal la violence qu’il tente de dissimuler.

Vous avez donc, sous l’apparence du discours d’ordre, contribué à créer un désordre majeur, portant ainsi atteinte à la cohésion nationale en désignant à ceux qui ne demandent que cela, des boucs émissaires, dont mes années de pratique m’ont montré que justement, ils ne pouvaient pas se défendre.

Face à votre violence, il ne reste, chacun à sa place, et particulièrement dans mon métier, qu’à résister autant que possible.

J’affirme ici mon ardente obligation à ne pas mettre en œuvre vos propositions dégradantes d’exclure du paysage social les plus vulnérables.

Il en va des lois comme des pensées, certaines ne sont pas respectables ; je ne respecterai donc pas celle dont vous nous annoncez la promulgation prochaine.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, la très haute considération que je porte à votre fonction.

Docteur Michaël GUYADER

Chef de service du 8ème secteur

De psychiatrie générale de l’Essonne,

Psychanalyste.


mercredi 26 novembre 2008

Le point sur le monde psy

Brèves de Mediscoop, par le Dr Marie-Elisabeth Sanselme-Cardenas
La presse médicale au scanner

-Arrêt sur la situation dramatique de la psychiatrie

-"L'affaire" de Grenoble

-Là où la technique et la technologie peuvent aider les êtres humains

Arrêt sur la situation dramatique de la psychiatrie

Tout cet automne a été marqué par des informations, discrètes jusqu'à l'affaire de Grenoble, sur la situation dramatique de la psychiatrie en France, situation qui s'aggrave de jour en jour tant par la pénurie générale de médecins et en particulier de psychiatres, que par le manque de considération délibéré des besoins des malades mentaux.

La confusion, elle aussi délibérée, entre la maladie mentale et la nécessaire violence, le choix affiché de soigner les malades mentaux par l'incarcération mais de ne pas pour autant soigner dignement et de façon pertinente les prisonniers, ni même de les traiter comme de simples êtres humains, nous feraient regretter l'asile d'autrefois sans même se demander si c'était un asile pour le patient ou un asile pour la population! On constate que tout va dans le sens de transformer l'hospitalisation en enfermement et que les médias y participent en faisant comme toujours la Une, d'un cas exceptionnel, sans tenir compte de tout le travail qui se fait quotidiennement avec des moyens chaque fois plus restreints, pour que ce cas soit justement exceptionnel.

Les pratiques d'incarcération ne règlent pas les problèmes de la psychiatrie. Le rôle dévolu aux psychiatres dans la pratique de la rétention de sureté, celui de certifier qu'un individu est particulièrement dangereux et par là de le condamner à rester toute sa vie en prison, permet de légitimer les enfermements et de se défaire, sur une profession dont la mission est de soigner, de traiter, de soulager et parfois de guérir, de la mauvaise conscience que procure la prise de ce genre de décisions à d'autres professions dont c'est davantage le travail, preuve que ces professions elles-mêmes se posent des questions sur la légitimité de cette loi. Si la conscience et l'éthique des psychiatres les poussent à refuser la prédiction des passages à l'acte criminels, on pourra toujours se décharger sur les marabouts et les voyantes!

Tout concourt à rendre la mission de la psychiatrie impossible et à une allure qui ne cesse de s'accélérer: diminution quasi quotidienne du nombre des psychiatres et accès réduit à ceux qui exercent encore, réduction continue des crédits, fermetures de lits, de services.

Alors on ne doit pas s'étonner que les solutions de remplacement paraissent loufoques, perverses ou débiles :

On soigne, au Japon, la dépression par téléphone : on imagine l'effet que cela doit produire quand le patient raccroche!

On implante des électrodes pour soigner les TOC!

On prescrit des psychotropes larga manu pour soigner le mal-être individuel et l'angoisse sociale.

On laisse, parce que cela arrange les affaires, "tout le monde" écouter les malades.

On permet aux laboratoires pharmaceutiques de redéfinir les maladies afin de pouvoir prescrire leur chimiothérapie bienfaisante : dépression de tout un chacun, troubles bipolaires chez les adolescents, enfants hyperactifs ou ayant des troubles du comportement.

On fait le diagnostic de schizophrénie à l'IRM!

On prédit qui va tomber plus facilement dans la cocaïne!

On décide que l'obésité, l'alcool, le tabac, la fatigue, doivent trouver leur solution dans la chimiothérapie!

Et on constate que les placébos sont plus actifs que beaucoup de psychotropes!!

Suivent les brèves et d'autres qui montrent que l'on a vraiment besoin de tout ramener à des explications biologiques et organiques qui prouvent la finalité de la nature... et enfin la brève du jour sur ce que serait la modification de la loi sur "l'hospitalisation d'office": durcir, durcir, ne pas chercher d'où viennent les problèmes.

Vers une réforme de l’hospitalisation d’office en psychiatrie ? Le Parisien, Libération, LaCroix Le Parisien observe que « la mort mercredi à Grenoble d’un étudiant tombé sous les coups de couteau d’un déséquilibré [souffrant de schizophrénie] échappé d’un hôpital psychiatrique a suscité une vive émotion ».
Le journal indique qu’« hier, Nicolas Sarkozy a demandé aux ministres de l’Intérieur, de la Justice et de la Santé «de préparer sans délai une réforme en profondeur du droit de l’hospitalisation psychiatrique afin d’améliorer la surveillance des patients susceptibles de représenter un danger pour autrui» ».
Le quotidien ajoute que « cette réforme devrait permettre, entre autres, de «mieux encadrer les sorties des établissements, améliorer la surveillance des patients, créer un fichier national des hospitalisations d’office» ».
Le Parisien relève par ailleurs qu’« une enquête interne a été lancée au sein de l’hôpital pour comprendre comment la fugue a été possible et le procureur a ouvert une information judiciaire pour meurtre ».
Libération aborde également ce « fait divers aussi dramatique qu’insensé », et revient sur la législation actuelle.
Le journal note que « les sorties accordées sont fiables, avec peu d’accidents », et cite le neuropsychiatre Boris Cyrulnik, qui remarque : « Bien sûr, quand il y en a un c’est tragique, c’est spectaculaire et on en parle beaucoup. Mais si on empêchait les gens de sortir on ne soignerait personne ».
Libération rappelle qu’« il y a déjà un fichier des malades en hospitalisation d’office » et note qu’« après le double meurtre en 2004 à l’hôpital psychiatrique de Pau, ce furent les mêmes réactions. Avec, au final, un retour encore plus systématique à des pratiques d’enfermements ».

« La psychiatrie appelle à désobéir » Libération
Libération note en effet que « plus d’une centaine de professionnels de la psychiatrie viennent de rendre publique une pétition, où ils refusent la «perpétuité sur ordonnance» ».
Le journal explique que « les signataires affirment «qu’ils ne participeront pas à la mise en place du dispositif de rétention de sûreté prévu par la loi du 25 février», dont les décrets d’application ont été publiés le 5 novembre ».
Le quotidien rappelle que « cette loi marque une rupture dans la tradition juridique française, permettant l’incarcération de personnes ayant purgé leur peine du fait de leur «particulière dangerosité» ».
Libération cite ces pétitionnaires « très en colère », qui écrivent notamment : « Alors que sa mission est de porter secours et de soigner, la médecine se trouve ici instrumentalisée dans une logique de surveillance et de séquestration. C’est le savoir psychiatrique qui légitimera l’incarcération d’individus au motif d’un diagnostic de particulière dangerosité ».
« Au nom de notre éthique et de la nécessaire séparation des domaines, […] nous professionnels de la psychiatrie déclarons publiquement refuser de participer à la mise en place de ce dispositif de rétention de sûreté »,
ajoutent les auteurs.
Le journal remarque qu’« il n’est pas fréquent que des psychiatres appellent à la désobéissance. D’autant que cet appel est loin d’être marginal. Il est signé aussi bien par des responsables médicaux travaillant en prison que par des psychiatres de renom, des psychanalystes, des sociologues, des chercheurs et des professeurs de santé publique ».
Le quotidien livre les propos du psychanalyste Franck Chaumon, qui déclare : « On a le sentiment que le monde de «1984» d’Orwell est à nos portes ».
De son côté, la psychiatre Catherine Paulet parle de « malhonnêteté intellectuelle que de vouloir prédire un acte criminel ».

« La situation de l’offre de soins en psychiatrie publique est catastrophique » L’Humanité

C’est ce que note L’Humanité, qui rend compte d’une manifestation hier à Paris de « la communauté psy d’Ile-de-France, pour alerter l’opinion publique sur les difficultés de cette spécialité ».
Le journal remarque : « Suppression de milliers de postes, baisse constante des budgets, fermetures de centaines de lits, durée d’attente exponentielle aux consultations… […] Aucun personnel, qu’il soit soignant, technique ou administratif, ne s’y retrouve aujourd’hui ».

« Ecouter les malades, c’est l’affaire de tous » La Croix
C’est ce que remarque La Croix sur sa Une.
Le journal consacre une double page aux Assises nationales de la santé, qui « rassemblent à Lourdes 2 000 acteurs pastoraux venus de tous les diocèses. Comme eux, de nombreux bénévoles – chrétiens ou non – s’engagent auprès des malades et des personnes âgées », relève le quotidien.
La Croix note qu’« à l’hôpital, on n’a plus le temps de prendre la main d’un patient. Beaucoup d’infirmier(e)s ou d’aides-soignant(e)s sont accaparés par les soins techniques au détriment de l’écoute du patient, qui peut alors être assurée par des bénévoles ».
Le journal observe en outre qu’en Italie, « la famille joue un rôle irremplaçable », les parents « se substituant très souvent aux aides-soignants ».

Le système de soins français ne montre plus l’exemple Le Parisien
Le Parisien constate brièvement que « le système de soins français, montré en exemple en Europe il y a encore 2 ans, est aujourd’hui juste au-dessus de la moyenne à cause de nouvelles entraves à l’accès aux spécialistes ».
Le journal relaie ainsi les conclusions de l’indice européen 2008 des consommateurs de soins de santé, notant que « le pays est tombé à la dixième place parmi les systèmes nationaux des 31 pays examinés ».
Le quotidien cite le Dr Anne Bjornerg, directeur de recherche pour l’indice, qui observe que « la France développe assez rapidement un problème de délai d’attente. La fonction de filtre [pour l’accès aux spécialistes], récemment introduite, devrait être abolie avant de créer de sérieux problèmes ».

« Les Japonais traitent leur dépression par psychothérapie au téléphone » Le Figaro

Le Figaro indique en effet qu’au Japon, « les personnes dépressives vont pouvoir suivre une sorte de psychothérapie gratuite via leur téléphone portable, grâce au nouveau service inventé par un célèbre professeur de l’Archipel ».
Le journal explique que « ce site Internet pose un certain nombre de questions à l’utilisateur, sur son sommeil, ses habitudes alimentaires, ses changements de poids éventuel ou son étal moral. Il propose ensuite une thérapie consultable depuis son portable ».
Le quotidien cite ainsi le Pr Yutaka Ohno, de l’Université Keio, qui déclare que « c’est un moyen de prévention au quotidien contre la dépression en quelque sorte ».

« Des électrodes pour soigner les TOC » Le Parisien, Le Figaro

Le Parisien fait savoir qu’« une expérience de l’Inserm menée en France sur 16 personnes et publiée dans le New England Journal of Medicine pourrait apporter un espoir dans les cas les plus graves [de troubles obsessionnels compulsifs], ceux pour lesquels les traitements habituels ne peuvent rien ».
Le journal note ainsi que « ce nouveau traitement a montré des résultats spectaculaires ».
Le quotidien explique que « les chercheurs de l’Inserm se sont demandés si l’apparition de cette pathologie ne pouvait pas être liée à une cause biologique, c’est-à-dire un dysfonctionnement dans le cerveau ».
« S’inspirant d’une expérience menée sur des personnes atteintes de la maladie de Parkinson, ils ont testé sur 16 malades atteints de TOC sévères un traitement neurochirurgical consistant à introduire des électrodes dans le cerveau afin de lancer une stimulation électrique dans une zone précise, celle des «noyaux sous-thalamiques» »,
poursuit Le Parisien.
Le journal relève que « plus de 7 patients sur 10 ont montré une nette amélioration et 25 % de leurs symptômes ont disparu, après seulement 3 mois ».
Le quotidien précise que « ce traitement nécessite de plus amples essais afin d’être validé. Par ailleurs, il ne dispense pas d’un accompagnement psychiatrique ».
Le Parisien note enfin que « cette technique neurochirurgicale pourrait aussi être efficace contre la maladie de Gilles de la Tourette ».
Le Figaro consacre également un article à cette technique de « stimulateur cérébral contre les troubles obsessionnels », expérimentée par l’équipe de Luc Mallet (CNRS-Inserm) à la Pitié-Salpêtrière, à Paris.
Le journal s’interroge : « Quelle est la meilleure cible de stimulation dans le cerveau pour lutter contre les TOC ? D’autres techniques non mutilantes ont-elles une place ? Comment sélectionner parmi les 12 000 TOC résistants en France les meilleures indications ? ».

« Les Français sous psychotropes » Le Monde
Sandrine Blanchard constate dans Le Monde que « les Français sont les champions d'Europe de la consommation de psychotropes. Ce constat a beau avoir été maintes fois dressé, la tendance ne s'est jamais inversée ».
La journaliste remarque que « le décalage reste profond entre la population prise en charge par le biais de ces médicaments qui agissent sur le système nerveux central et la population "réelle" qui aurait besoin de ce type de traitement ».
Sandrine Blanchard rappelle ainsi que selon l’Invs, « les épisodes dépressifs majeurs touchent, suivant les études, entre 5 % et 7 % de la population. Soit un taux de prévalence très inférieur aux taux de consommation ».
La journaliste observe que « les psychotropes ont été détournés de leur usage premier (l'épisode dépressif majeur) pour soigner le mal-être, "l'anxiété sociale" et en devenir l'unique réponse ».
« Résultat : des personnes véritablement déprimées sont sous-diagnostiquées, et de nombreux malades imaginaires, surmenés, fatigués, consultent en mettant sur le compte de la dépression les difficultés du quotidien », note Sandrine Blanchard.
La journaliste ajoute que « les psychotropes coûtent une fortune à la Sécurité sociale. Or une analyse publiée en début d'année conclut que, en dehors des dépressions sévères, les antidépresseurs les plus prescrits ne sont pas plus efficaces qu'un placebo... ».
Sandrine Blanchard parle de « gabegie médicamenteuse », « à l'image de l'engouement suscité dans notre pays par le médicament ».
« Cette gabegie est aussi favorisée par le système du paiement à l'acte des médecins libéraux, qui engendre un manque de temps et d'écoute ; par le réflexe quasi systématique de l'ordonnance ; par une formation médicale initiale et continue insuffisante en pharmacologie et trop souvent assurée par l'industrie pharmaceutique sans information universitaire contradictoire », continue la journaliste.
Sandrine Blanchard écrit en outre qu’« un malentendu s'est installé dans la relation médecin-patient. Une enquête européenne réalisée en 2005 pour l'assurance-maladie montre que, pour les troubles du sommeil, 92 % des médecins disent ressentir "une attente de prescription", alors que seuls 27 % estiment que ce problème nécessite forcément un médicament ».
La journaliste conclut qu’« il manque cruellement d'études épidémiologiques sur les consommateurs de psychotropes. Entre la psychothérapie, difficilement accessible, et des médecines alternatives souvent méprisées par l'establishment médical, le marché des psychotropes ne connaîtra pas la crise ».

« Le mal-être surmédicalisé » Le Monde
Le Monde indique qu’« une enquête lancée par le département universitaire de médecine générale de la faculté de Rouen, présentée [aujourd’hui] à Paris lors du Congrès international d'épidémiologie, apporte un éclairage instructif sur les "obstacles perçus par les médecins généralistes dans la prise en charge des patients dépressifs" ».
Le journal note ainsi : « Réalisée par questionnaire auprès de 2 000 médecins dans 4 régions du Nord-Ouest (Basse-Normandie, Haute-Normandie, Picardie, Nord-Pas-de-Calais), l'enquête révèle que seulement 28 % des généralistes connaissent l'existence des guides de pratique clinique de la dépression, et qu'à peine un praticien sur cinq a effectué un stage de psychiatrie au cours de sa formation initiale ».
Le quotidien ajoute que « pour soigner leurs patients, 47 % des médecins disent se heurter à "l'insuffisance et aux difficultés d'accès des services spécialisés" ».
« Pas étonnant, dans ces conditions, que le médicament soit la principale approche thérapeutique (94,8 % des médecins interrogés déclarent y avoir recours "souvent" ou "toujours"), suivie, loin derrière, par les thérapies comportementales et cognitives (44,3 %), les psychothérapies conventionnelles (35,7 %) ou les groupes d'entraide (12,6 %) », continue Le Monde.
Le journal cite cette étude, qui indique notamment que « la qualité de la prise en charge du patient dépressif passe par une formation adaptée et par l'amélioration des circuits de soins ».
Le quotidien constate cependant qu’« entre des généralistes qui n'ont ni le temps ni la formation suffisante pour proposer autre chose que du Lexomil ou du Prozac, des patients pour lesquels le médicament s'avère la solution la plus économique financièrement et moralement, une industrie pharmaceutique qui ne relâche pas sa pression marketing, des psychiatres très mal répartis géographiquement et des pouvoirs publics qui n'entendent pas ouvrir le dossier du remboursement des thérapies non médicamenteuses, la consommation de psychotropes a encore de beaux jours devant elle ».

« La dépression touche de plus en plus de Français » Le Parisien, Libération, Le Figaro
Le Parisien note en effet : « Tristesse, manque d’intérêt pour tout, problèmes de sommeil, fatigue, perte de poids… Ces symptômes, de nombreux Français les connaissent ».
Le journal fait savoir que « dans son Bulletin épidémiologique hebdomadaire, l’InVS révèle que ces épisodes dépressifs majeurs touchent de 5 à 8 % des adultes, dont 2 à 3 % dans des formes très sévères ».
Le quotidien ajoute que « les EDM sont bien plus importants en région parisienne, où le taux de prévalence est de 11,7 % et sont deux fois plus fréquents chez les femmes ».
Libération consacre pour sa part une page à la « spirale de la dépression », observant que « 5,5 millions de Français ont connu un «épisode dépressif majeur» dans l’année ».
Le journal relève que selon l’InVS, « plus d’une personne sur 12 a connu dans l’année écoulée un «épisode dépressif majeur». Un taux impressionnant, mais à prendre avec un certain recul ».
Libération remarque que « sans avoir les trois caractéristiques de l’EDM [signe de tristesse, avec un critère de durée et d’intensité], on peut présenter une ou deux des caractéristiques. Et là, cela fait encore plus de personnes : ces états, baptisés «subsyndromiques», touchent près de 19 % de la population ».
Le quotidien constate en outre qu’« il y a des habitués […] : 48 % des personnes qui ont présenté un épisode dépressif ont déjà eu au moins deux épisodes dépressifs tandis que 37 % n’ont souffert que d’un seul épisode ».
« Ils sont chroniques chez 15 % des personnes interrogées. […] Ce qui fait près de 4 millions de déprimés chroniques en France », continue le journal.
Libération livre un entretien avec Franck Chaumont, psychiatre des hôpitaux en Ile-de-France, qui remarque que « l’on crée de grandes catégories sanitaires : cette fois, c’est la dépression. Si on me demande si je vois dans ma pratique beaucoup plus de gens déprimés, je réponds que non. Mais je vois beaucoup plus de gens qui disent qu’ils sont déprimés ».
« Cette catégorie me paraît confuse. [...] Ce qui est sûr, c’est que cela va servir de support à de grandes campagnes sur la dépression. Des budgets sont dégagés, et au final… beaucoup de médicaments sont prescrits », poursuit le psychiatre, qui note qu’« on observe la société sous l’angle de la santé mentale. […] C’est une manière limitée de regarder l’homme ».
De son côté, Le Figaro s’interroge : « A quel moment faut-il se soigner ? ».
Le journal cite Christine Chan Chee, de l'InVS, qui a coordonné ce BEH, et qui note que « l'épidémiologie psychiatrique est encore nouvelle en France ».
« On peut s'en étonner quand on sait […] qu'en 2020, [la dépression] devrait être la deuxième maladie la plus fréquente dans notre pays », observe Le Figaro.
Le quotidien explique que « le profane doit apprendre à faire la part des choses entre une vague tristesse et un EDM ».
Le journal se penche en outre sur ces « nouveaux médicaments contre la dépression », relevant que « des dérivés de la mélatonine, une hormone à la réputation jadis sulfureuse, arrivent prochainement sur le marché ». (BEH disponible sur le site de l’InVS)

« Jeunesse bipolaire » aux Etats-Unis La Recherche, novembre 2008
La Recherche relève que selon un article de Science, « entre 1996 et 2004, le nombre de jeunes de moins de 20 ans hospitalisés parce qu’ils étaient atteints de troubles bipolaires a été multiplié par 5 aux Etats-Unis ».
Le magazine note que « ce chiffre suscite une vive polémique car on a longtemps considéré la maniaco-dépression comme une pathologie de l’adulte ».
Le mensuel indique ainsi que « des psychiatres accusent l’industrie pharmaceutique de faire pression sur les médecins pour qu’ils prescrivent des médicaments régulateurs de l’humeur aux adolescents à problèmes ».
La Recherche observe cependant que « d’autres se récrient, arguant que de nombreux enfants diagnostiqués comme hyperactifs ou atteints de troubles du comportement sont en fait des «bipolaires» ». (Bipolar Disorder: Poles Apart ; C. Holden ; Science 2008; 321, 193 – 195)

« Les placebos font de l’effet » L'Express, numéro 2992
C’est ce que remarque L'Express, qui note que « de plus en plus de médecins les prescrivent pour soigner les «malades imaginaires» ».
Le magazine se penche sur une étude de l’Institut américain de la santé, parue dans le BMJ, qui « montre que la moitié des médecins interrogés aux Etats-Unis prescrivent régulièrement – et sciemment – des placebos ».
L’hebdomadaire précise qu’« il ne s’agit pas à proprement parler de médicaments sans produit actif, mais, par exemple, de vitamines, de sédatifs ou de pilules contre la migraine, sans rapport avec la pathologie réelle de leurs patients ».
L'Express aborde d’autres études du même genre, et retient que « les généralistes interrogés justifient cette stratégie par un souci d’efficacité, invoquant souvent le nombre élevé de «malades imaginaires», qui consultent notamment pour des problèmes de dépression ou pour des affections reconnues comme «psychomatiques» ».
Le magazine rappelle que « des essais rigoureux ont montré que les placebos avaient un effet bénéfique chez 30 à 40 % des déprimés, un taux bien plus élevé que celui qui est généralement obtenu par les antidépresseurs ».

« Schizophrénie précoce : des anomalies vues en imagerie » Le Figaro
Le Figaro fait savoir que « les chercheurs du CEA et de l’Inserm, en partenariat avec l’Institut de psychiatrie de Londres, viennent de montrer que le cortex du lobe temporal du cerveau d’adolescents atteints de schizophrénie présente des anomalies anatomiques ».
Le journal explique que les chercheurs « ont analysé les bases de données contenant les IRM anatomiques d’une cinquantaine d’adolescents schizophrènes, ainsi que d’une cinquantaine d’adolescents sains ».
« Ils ont pu mettre en évidence une diminution de la surface du sillon collatéral au niveau du lobe temporal », relève le quotidien.
Le Figaro précise que "cette particularité semble présente depuis le début de la maladie, puisque aucune relation avec la durée de l’affection ou les traitements n’a été mise en évidence"

« Dans la peau d'un schizophrène » Sciences et Avenir numéro 740
Sciences et Avenir note sur une double page que « voir le monde avec les yeux d'une personne schizophrène : c'est ce que permet une cabine itinérante de simulation », actuellement en Belgique.
Le magazine indique ainsi que « pendant 5 minutes, les soignants peuvent se mettre dans la peau d'un patient schizophrène; ils vont percevoir les hallucinations visuelles et sonores spécifiques dont il est régulièrement la proie ».
Le mensuel explique que le but est de « mieux comprendre et donc mieux traiter une maladie psychiatrique fréquente, puisqu'elle touche 1% de la population mondiale ».
Sciences et Avenir relève qu’« en entrant dans la pénombre de ces 5 mètres carrés, on distingue un écran sur le mur. Il faut se placer face à lui debout sur une plateforme métallique, les mains posées sur une balustrade. Puis des images défilent et une petite voix nous interpelle par notre prénom. Elle nous demande d'aller acheter du pain à la boulangerie la plus proche ».
« Mais très vite, tout bascule. Cet acte banal se transforme en cauchemar. […] Cadrages bancals, images déformées. Tous les bruits sont exacerbés, voire agressifs. Dehors, la rue se fait de plus en plus menaçante. […] Pendant le trajet, tout est tordu, bizarre. Les passants et les automobilistes nous jettent un regard hostile. Même leurs gestes sont potentiellement malveillants », continue le magazine.
Sciences et Avenir relève que « le camion, basé en Hollande, s'est déjà rendu en Pologne et en Belgique, et il est prévu qu'il sillonne l'Europe au gré des colloques médicaux pour aller à la rencontre des psychiatres ou des familles de malades ».
Le mensuel cite notamment le Dr Marc de Hert, concepteur médical du programme et psychiatre au centre psychiatrique de l'Université catholique de Kortenberg (Belgique), qui remarque : « Nous voulions montrer que lors d'une crise, c'est le monde extérieur qui devient dangereux, pas le patient. L'objectif de ce programme est avant tout de dé-stigmatiser les malades. […] Il s'agit aussi de mieux faire comprendre aux psychiatres ce que leurs patients endurent, pour mieux les traiter ».

« Quand l'infertilité déprime » Sciences et Avenir, novembre 2008
Sciences et Avenir note que « la dépression majeure est particulièrement fréquente chez les couples faisant appel aux techniques de procréation médicalement assistée », selon une information parue dans Human Reproduction.
Le mensuel relève en effet que « selon une enquête suédoise menée pendant 2 ans, [la dépression] touche environ 11% des femmes et 5% des hommes, avec des idées récurrentes de suicide dans 10 à 15% des cas ».
« Or, à peine 20% de ces couples bénéficient d'une prise en charge pharmacologique associée ou non à une psychothérapie »,
observe Sciences et Avenir.

« Les abus de l’imagerie médicale » Courrier International hors série, octobre 2008
Dans son hors série consacré à la médecine, Courrier International publie un article de Science, rédigé par Greg Miller, remarquant que « l’imagerie par résonance magnétique est mise à toutes les sauces. Des chercheurs réclament un peu plus de rigueur ».
Greg Miller revient ainsi sur une étude américaine de novembre 2007, qui « avait examiné, par IRMF, l’activité cérébrale de 20 électeurs indécis pendant qu’ils regardaient des photos et des vidéos des principaux candidats à la prochaine élection présidentielle aux Etats-Unis ».
« L’article a suscité de vives réactions de la part de certains neuroscientifiques et un débat houleux sur l’imagerie médicale »,
relève l’auteur.
Greg Miller note que l’IRMF « fait aujourd’hui sa crise d’adolescence. Des spécialistes des neurosciences cognitives se disent déçus par le fait que nombre d’études […] ne révèlent pas grand-chose des mécanismes neuraux engagés dans la cognition humaine ».
L’auteur appelle à « ne pas se laisser séduire par la beauté des images ».

« L'alcool bientôt interdit de vente aux mineurs » Le Figaro
Le Figaro note que « la lutte contre l'ivresse des jeunes Français est lancée ».
Le journal indique en effet que « Roselyne Bachelot doit présenter mercredi en Conseil des ministres une série de mesures destinées à combattre le phénomène d'alcoolisation aiguë des adolescents ».
Le quotidien précise ainsi : « Interdiction de la vente d'alcool aux mineurs, suppression des boissons alcoolisées dans les stations-service, fermeture des «open bars» dans les soirées étudiantes, le tout assorti de contrôles de police ».
Le Figaro explique notamment qu’« une amende de 7 500 euros est prévue en cas d'infraction à la loi, ainsi que la suspension de la licence du commerçant et l'obligation de suivre un stage de responsabilisation ».
Le journal cite la ministre de la Santé, qui a récemment déclaré qu’« une augmentation de 50 % des hospitalisations pour comas éthyliques a été constatée chez les moins de 15 ans entre 2002 et 2007 ».
Le quotidien ajoute qu’« un temps étudiée, la suppression des «happy hours» […] n'a, elle, pas été retenue à l'issue de la concertation engagée avec le secteur ».
Le Figaro note enfin que « la prohibition des «cigarettes bonbons», un tabac parfumé destiné à séduire les adolescents, a en outre été glissée parmi les mesures antialcool ».

Le tabagisme progresse chez les jeunes » Libération
C’est ce que relève Libération, « malgré la prévention ».
Le journal aborde la nouvelle campagne antitabac lancée dans les écoles primaires et les collèges par la Fédération française de cardiologie, intitulée « Pour une génération sans tabac ».
Le quotidien indique que selon la Fédération française de cardiologie, « 12 % des 9-10 ans et 34 % des 11-15 ans ont déjà essayé de fumer, dont un sur deux va continuer par la suite ».
Libération cite le Pr Thomas, auteur d’une enquête sur le sujet, qui remarque que « le nombre de jeunes qui expérimentant la première cigarette et ceux qui restent fumeurs après est sensiblement le même d’année en année ».
Le journal note « la seule évolution notable : sur les années précédentes, «la consommation quotidienne [était] moins importante. Mais sur le dernier baromètre, elle augmente de nouveau» ».
Libération livre le témoignage de plusieurs adolescents, dont Pierre-Henri, 18 ans, « ex-anticlope » qui déclare : « C'est mon grand-père qui m’a fait fumer ma première taffe ».

« Les écrans perturbent le sommeil des adolescents » Le Figaro
Le Figaro remarque que « pour lutter contre les nuits écourtées [des adolescents], nocives tant pour la santé que pour l'apprentissage scolaire, l'Unaf (Union nationale des associations familiales), le Réseau Morphée, spécialisé dans le sommeil, et l'académie de Paris ont décidé de réagir en faisant front commun ».
Le journal aborde ainsi la présentation hier d’un « DVD interactif à destination des familles, des enseignants et des professionnels de santé pour tout savoir sur le sujet ».
Le quotidien note que « ce support […] sera diffusé gratuitement. On y apprend notamment que la lumière des écrans d'ordinateur dérègle la sécrétion de mélatonine, l'hormone du sommeil, et retarde l'endormissement ».
Le Figaro cite notamment Serge Tisseron, psychiatre et psychanalyste, qui observe que « tout le monde - et pas seulement les adolescents - a vu la durée de son sommeil diminuer. La raison est simple : le nombre d'activités qui ont le pouvoir de nous réveiller s'accroît avec les nouvelles technologies ».
Le spécialiste ajoute que « c'est parce qu'ils n'ont pas envie d'aller se coucher que certains d'entre nous, et notamment les adolescents, vont surfer le soir tard sur Internet. On vit dans une société d'insécurité psychique qui fait que l'on a des angoisses face au sommeil ».

« Les nausées de la femme enceinte protègent le bébé » Science et Vie, septembre 2008
Science et Vie observe que les NVG (nausées et vomissements de la grossesse), qui « concernent deux tiers des femmes, représenteraient une adaptation à notre régime alimentaire très varié, afin de protéger le bébé contre la toxicité de nourritures comme les viandes et certains végétaux ».
Le magazine se penche ainsi sur les travaux de deux chercheurs américains qui ont analysé 2 000 grossesses à travers le monde.
Le mensuel remarque que « parmi 7 sociétés traditionnelles consommant des végétaux «fades» (céréales) et aucune viande, très peu de femmes enceintes présentaient des NVG, contrairement à celles des sociétés occidentales, consommant beaucoup de viandes et de végétaux au goût prononcé ».
Science et Vie indique que « la présence de toutes les enzymes nécessaires à la détoxification de chaque composé susceptible d’attaquer l’embryon étant physiologiquement impossible, les vomissements seraient une protection efficace en début de grossesse, où les organes fœtaux sont en plein développement, alors que le système immunitaire de la femme s’affaiblit ».

« Prendre la pilule influence le choix du partenaire » Science et Vie, octobre 2008
Science et Vie remarque qu’« instinctivement, les femmes se dirigent vers des hommes génétiquement différents pour assurer la diversité biologique favorable à l’espèce ».
Le magazine indique cependant que selon des chercheurs britanniques, « la pilule change la donne ».
Le mensuel explique ainsi brièvement qu’« une centaine de femmes volontaires ont indiqué leurs odeurs préférées parmi 6 tee-shirts portés par des hommes ».
Science et Vie note que « les femmes qui ont commencé à prendre la pilule ont recherché un homme dont les gènes étaient proches des leurs ».

La gentillesse, « c’est bon pour la santé » Le Parisien
Le Parisien consacre pas moins d’une page à la Journée de la gentillesse, aujourd’hui.
Le journal remarque qu’« un médecin suédois, dont l’ouvrage s’arrache, l’affirme. Tenir la porte, sourire à son voisin : tous ces — petits — gestes permettent d’être en meilleure forme ».
Le quotidien s’intéresse ainsi au « best-seller » du cancérologue Stephan Einhorn, qui « a déjà séduit plusieurs centaines de milliers de Suédois avec un slogan improbable : «Osez la gentillesse !» ». (« L'art d'être bon », Editions Belfond)
Le Parisien note qu’« études scientifiques à l'appui, Stephan Einhorn démontre qu'être bienveillant envers les autres n'est absolument pas un aveu de faiblesse ou de niaiserie mais, au contraire, la clé d'une vie réussie et, par extension, d'un monde meilleur ».
Le journal explique que « la bonne action gratuite entraîne une libération d’endorphines, des hormones de bien-être qui annihilent la douleur, puis un sentiment durable de «plénitude» dont l’effet peut durer toute une journée ».
« Répétés, les gestes de bonté sont donc de puissants anti-stress »,
continue le quotidien, qui relève que « plusieurs études américaines très sérieuses le confirment : les personnes gentilles souffrent moins d’anxiété, de dépression et ont des meilleures défenses immunitaires. Résultat : elles vivent plus longtemps que la moyenne ».
Le Parisien précise que « 2 études concluent même que le risque de mortalité est entre 3 et 4 fois moins élevé chez les gentils ».

« Les nouveaux remèdes antifatigue » Le Parisien

Le Parisien s’intéresse aux « nouveaux remèdes antifatigue ».
Le journal observe en effet : « Un mois à peine après la rentrée, vous vous sentez déjà fatigué ? Vos enfants aussi ont du mal le matin ? Pas de souci : il existe aujourd’hui de nouvelles armes pour se requinquer… avant d’affronter les infections de l’hiver ».
Le quotidien conseille notamment de « faire germer des graines ».
Le Parisien explique ainsi que « les graines germées sont bourrées de vitamines et d’acides aminés. Car la germination a pour effet de transformer et de multiplier par 100 ou 200 le taux en vitamines, minéraux et oligo-éléments des graines sèches. […] En quatre jours, vous faites votre récolte et en parsemez vos salades et potages ».
Le journal aborde en outre le lait de jument, « la nouvelle cure de jouvence à la mode ».
Le quotidien indique que ce lait, « très proche de celui de la femme, est conseillé pour lutter contre le stress et la fatigue ou lors d’une convalescence. Une très forte concentration en vitamine C et la présence d’un puissant antimicrobien en font un bon stimulant des défenses immunitaires ».
Le Parisien conseille également le quinoa, « une des plantes les plus nutritives du monde », et invite ses lecteurs à « respirer par le ventre ».
« Une fonction vitale à laquelle on ne pense guère. Et pourtant, bien respirer est essentiel à notre forme », note le journal.

Les personnes impulsives « risquent plus de tomber dans l’addiction à la cocaïne » La Recherche, septembre 2008
La Recherche indique en effet que « les personnalités impulsives - qui réagissent sans réfléchir - risquent plus de tomber dans l’addiction à la cocaïne que celles réagissant seulement à des sensations nouvelles ».
Le mensuel note que selon une étude chez le rat, publiée dans Science (D. Belin et al., Science, 320, 1352, 2008), « 15 % à 20 % de rats deviennent dépendants lorsqu’ils peuvent consommer de la cocaïne, un taux comparable à celui trouvé chez l’homme ».
Le magazine explique que « l’expérience a été réalisée chez 23 rats répartis en quatre groupes selon leur comportement face aux drogues, très impulsif, peu impulsif, très réactif, peu réactif ».
« Seul le groupe des très impulsifs présentait les caractéristiques d’une dépendance avérée après 40 jours de consommation »
, observe La Recherche.

« Un médicament contre l'alcoolisme en débat » Le Figaro
Martine Perez aborde à son tour dans Le Figaro le livre du Dr Olivier Ameisen, dans lequel il « raconte comment il a utilisé le baclofène, un myorelaxant destiné à traiter les spasmes musculaires des personnes atteintes de sclérose en plaques ou de paraplégie, pour en finir avec l'alcool » (« Le Dernier verre », éd. Denoël).
La journaliste relève qu’« après des articles publiés par Olivier Ameisen dans des revues scientifiques, quelques médecins ont prescrit à des patients alcooliques ce médicament, avec des résultats plutôt probants ».
« Mais la preuve scientifique est plus exigeante et demanderait de vrais essais thérapeutiques comparant deux groupes d'alcooliques prêts à arrêter de boire : les uns traités par le baclofène et les autres non »,
explique Martine Perez.
La journaliste note ainsi que « des experts demandent un essai thérapeutique », alors que d’autres « sont plus réservés, sans être hostiles ».
Le Pr Renaud de Beaurepaire, chef du service de psychiatrie (hôpital Paul-Guiraud, Villejuif), déclare que « l'alcoolisme est un gros problème en France. C'est dommage de botter en touche avec le baclofène. Il n'y a rien d'absurde à vouloir faire des essais thérapeutiques d'autant que l'on dispose d'une expérimentation animale encourageante chez le rat ».
Le Pr Xavier Laqueille, chef de service (Sainte-Anne, Paris), remarque de son côté : « Je ne sais pas trop quoi en penser car il y a peu d'observations cliniques. Les doses proposées sont très nettement supérieures à celles utilisées en neurologie. Et l'alcoolisme est une maladie complexe, mettant en jeu à la fois des facteurs neurobiologiques et psychosociaux ».

« La France à la traîne da